Alexandre Vincendet
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Alexandre Vincendet : "Je reste un homme de droite"

Alexandre Vincendet, député Horizons du Rhône, revient sur son exclusion des Républicains dans 6 minutes chrono.

Officiellement exclu du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Alexandre Vincendet a rebondi en rejoignant le groupe Horizons, le parti d'Edouard Philippe. Il revient sur les raisons de son éviction, l'annonce de sa participation à un évènement organisé par Horizons : "Qu'est ce que c'est que cette famille politique Les Républicains qui refuse qu'un des leurs aille débattre dans une autre famille politique qui en plus n'est pas si éloignée que ça parce que Horizons ce n'est pas un parti de dangereux gauchistes. Horizons il s'est monté autour d'Edouard Philippe qui est un homme de droite, il s'en est toujours revendiqué, qui est issu de notre famille politique et il n'y a en son sein que des élus qui sont issus de ce qu'on appelait hier l'UMP".

Alexandre Vincendet estime que Laurent Wauquiez, président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, avec qui il est en désaccord sur la ligne politique des Républicains est à l'origine de son exclusion : "Je pars du principe déjà que quand vous avez dans votre famille politique quelqu'un qui veut être candidat à l'élection suprême, à l'élection présidentielle, qui vous dit que quand il y a des décisions du conseil constitutionnel qui ne lui conviennent pas, que c'est un coup d'État de droit, moi, ça me pose un problème. Quand on veut remettre en cause l'existence du conseil constitutionnel, du conseil d'État et de la Cour de cassation, qui ne sont pas là pour embêter les Français, mais qui sont là pour être des garants de l'État de droit et défendre les Français de l'arbitraire, oui, ça me pose un problème. Quand vous avez un candidat qui se veut naturel, mais qui est à 4,5% et qui veut tuer tout débat dans une famille politique, oui, ça me pose un problème politique. Et on a le droit de le dire. Ce n'est pas un drame. Pour autant, je pense que, justement, moi, j'assume ce désaccord politique. D'autres veulent moins l'assumer. Par contre, le plus simple, c'est de demander l'éviction de Vincendet. C'est tout. Qu'est ce que vous voulez que je vous dise? Après, encore une fois, vous savez, cette exclusion, elle en dit beaucoup moins sur moi que sur l'État de ce parti, malheureusement, qui était ma famille politique pendant près de 20 ans. Je reste un homme de droite"

La retranscription intégrale de l'entretien avec Alexandre Vincendet

Bonjour à tous et bienvenue, vous regardez 6 minutes chrono le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale et aujourd'hui nous sommes avec Alexandre Vincendet. Alors vous étiez longtemps, enfin vous avez été député Les Républicains du Rhône, vous êtes maintenant député Horizons du Rhône puisque votre ancien groupe désormais Les Républicains vous a exclu puisqu'ils vous reprochaient de vous être rapprochés d'Horizons, vous apparaissiez notamment sur un tract. Pourquoi vous avez contesté cette décision dans la mesure où ça faisait quand même plutôt sens que vous alliez vers Horizon. Vous les avez rejoints assez rapidement. Est-ce que ce n'était pas un peu, comment dire, du théâtre autour de cette éviction ?



Premièrement je n'étais pas sur un tract, j'étais sur une invitation pour une soirée pour parler sécurité et en tant qu'ancien maire de Rillieux, donc ayant une petite expérience de comment on pouvait gérer dans une ville la question de la sécurité et aussi co-rapporteur d'un texte sur les polices municipales, les élus locaux Horizons de Bourg-en-Bresse parce qu'il n'y a plus d'élus LR dans l'opposition, à Jean-François Debat m'ont demandé de venir partager mon expérience. Qu'est ce que c'est que cette famille politique Les Républicains qui refuse qu'un des leurs aille débattre dans une autre famille politique qui en plus n'est pas si éloignée que ça parce que Horizons ce n'est pas un parti de dangereux gauchistes. Horizons il s'est monté autour d'Edouard Philippe qui est un homme de droite, il s'en est toujours revendiqué, qui est issu de notre famille politique et il n'y a en son sein que des élus qui sont issus de ce qu'on appelait hier l'UMP. 


Pourquoi ne pas avoir rejoint de vous-même plutôt Horizons dans la mesure où vous étiez plus raccord avec la ligne politique d'Horizons qu'avec celle des Républicains puisque vous passiez votre temps chez les Républicains à ne pas être d'accord avec vos camarades, pourquoi ne pas être partis directement ?

Oui ça s'appelle une divergence politique et au sein d'une famille politique, si on n'a plus le droit de débattre alors il faut être très clair et c'est d'ailleurs quasiment ce qui est acté avec mon exclusion, c'est la fin de la démocratie interne, c'est la fin des élections internes. Dans une élection interne au sein d'un parti, au sein d'un groupe politique, pour qu'il y ait élection, il faut bien qu'il y ait divergence de ligne, il faut bien qu'il y ait différents points de vue, différentes opinions. Là on me refuse d'avoir une opinion différente de celle des chefs. Et d'ailleurs je veux dire, c'est une exclusion moi je veux bien mais sur cette exclusion ce qui est important c'est pas le fait que je sois exclu ou pas, c'est combien de députés ont voté mon exclusion? Il y a 61 députés aujourd'hui au groupe les républicains de l'assemblée nationale. Seulement 29 ont voté mon exclusion, soit moins de 50%, ça veut bien dire qu'il y a un malaise, ça veut bien dire que les chefs, le chef du parti, monsieur Ciotti, le chef du groupe, monsieur Marleix et puis surtout le chef caché, monsieur Wauquiez, en fait ne tiennent plus rien. Quand vous avez moins de 50% de vos effectifs qui ne sont pas d'accord avec l'oukase, c'est peut-être qu'il y a un problème et c'est surtout qu'on veut essayer de tuer toute contestation interne. Vous savez je ai eu au téléphone trois anciens dirigeants de ma famille politique des républicains, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Je ne peux pas les soupçonner au vu de leur rapport personnel les uns avec les autres de s'être entendus pour me dire exactement la même chose. Dans un parti politique, une grande famille politique de gouvernement digne de ce nom, on accepte le débat, on accepte les divergences et on n'exclut pas au moindre désaccord.


Il y a un député qui vous a accusé d'être la taupe de Gérald Darmanin, d'avoir informé Gérald Darmanin de ce qui se passait au sein du groupe...


Mais vous remarquez à chaque fois, il y a toujours une nouvelle excuse. Au début c'était parce que j'étais trop proche du gouvernement parce que je votais des textes du gouvernement. Pas de bol, si on m'exclut pour des votes sur des projets de loi présentés par le gouvernement, il faut qu'on exclut tout le groupe puisque au moins chaque député a au moins voté une fois un texte du gouvernement sur cette mandature. Donc ça ne marchait pas. Après c'était, moi je l'ai dit, c'était parce qu'en fait on me reprochait ma proximité avec Edouard Philippe et surtout le fait que je dise qu'Edouard Philippe était un candidat plus à même de rassembler la droite et le centre à l'élection présidentielle que Laurent Wauquiez. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les Français. Vous en avez un qui est autour de 25-26% dans les sondages quand l'autre est entre 4,5 et 5%. Bref, à partir de là, ça gêne certains aux entournures parce que d'autres préparent déjà le fait que ça ne se passe pas aussi bien qu'ils le souhaitent et éventuellement pourraient se tourner vers Edouard Philippe pour la suite. Et maintenant, on essaye d'inventer une histoire que j'ouvrirai mon téléphone pour appeler le ministre de l'Intérieur dans une réunion de groupe. Franchement, mais c'est grotesque, c'est grotesque.



Vous parlez beaucoup de Laurent Wauquiez. Vous avez notamment le verbe haut à son encontre. Lui, il ne parle jamais de vous. Est-ce que c'est vous qui avez un problème avec Laurent Wauquiez ?


J'ai aucun problème, mais moi, j'ai demandé l'exclusion de personne.



Lui, on ne l'a pas entendu publiquement de votre exclusion...


Comme on ne l'avait pas entendu quand il a fait la fusion avec Gérard Collomb, pour autant, il a été là du début jusqu'à la fin. Donc, vous savez, moi, ça m'était confirmé par le collaborateur direct du président Olivier Marleix, du président du groupe LR à l'Assemblée nationale, que c'était une demande express de Laurent Wauquiez.Après, il y a une différence fondamentale. C'est que certains n'osent pas assumer ce qu'ils souhaitent. Et moi, j'assume mes désaccords, tout simplement. Mais d'ailleurs, ce n'est pas une question de désaccord personnel. J'ai un désaccord politique avec la ligne. Je pars du principe déjà que quand vous avez dans votre famille politique quelqu'un qui veut être candidat à l'élection suprême, à l'élection présidentielle, qui vous dit que quand il y a des décisions du conseil constitutionnel qui ne lui conviennent pas, que c'est un coup d'État de droit, moi, ça me pose un problème. Quand on veut remettre en cause l'existence du conseil constitutionnel, du conseil d'État et de la Cour de cassation, qui ne sont pas là pour embêter les Français, mais qui sont là pour être des garants de l'État de droit et défendre les Français de l'arbitraire, oui, ça me pose un problème. Quand vous avez un candidat qui se veut naturel, mais qui est à 4,5% et qui veut tuer tout débat dans une famille politique, oui, ça me pose un problème politique. Et on a le droit de le dire. Ce n'est pas un drame. Pour autant, je pense que, justement, moi, j'assume ce désaccord politique. D'autres veulent moins l'assumer. Par contre, le plus simple, c'est de demander l'éviction de Vincendet. C'est tout. Qu'est ce que vous voulez que je vous dise? Après, encore une fois, vous savez, cette exclusion, elle en dit beaucoup moins sur moi que sur l'État de ce parti, malheureusement, qui était ma famille politique pendant près de 20 ans. Je reste un homme de droite. Je suis très triste. Honnêtement, c'est pas si facile que ça de quitter sa famille politique. Je suis extrêmement triste de voir ce qui se passe, parce que c'était une grande famille politique. Je pense que cette famille politique, elle a été structurante pour notre pays. J'ai encore beaucoup d'amis dans cette famille politique. Ça ne change rien entre eux et moi. Mais je le tiens à le dire, il y a des chefs aujourd'hui à la tête de cette famille politique qui l'envoient dans le mur. C'est ça le vrai problème. Et c'est ce qui m'attriste vraiment.

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