À six jours du scrutin, le léger trouble du PS

MEETING - Le grand meeting de Jean-Jacques Queyranne a rassemblé près de 1500 personnes lundi soir soir au Transbordeur. L’affluence a rassuré les artisans de la campagne de Queyranne, mais à six jours du premier tour, un léger trouble a saisi les responsables du PS du Rhône.

Le sondage publié par Le Progrès mardi matin était sur toutes les lèvres. L’écart entre Europe Écologie et le PS se réduit plaçant la liste de Philippe Meirieu à 21 % d’intentions de vote contre 25 % pour les socialistes. “Cela faisait trois mois que l’on avait des sondages excellents avec un écart qui se réduisait avec l’UMP et un écart grandissant avec les Verts. Entre ceux-là et celui du Progrès, que doit-on croire ?” pestait Thierry Philip, le maire PS du 3e arrondissement et candidat sur les listes Queyranne. “Je me suis pas fais chier 3 mois pour au final aller donner des places aux Verts !”, enrageait un militant PS de banlieue.

Le retour du vote utile

L’analyse la plus récurrente faite par les responsables socialistes consistait à jouer d’une alternative : “De deux choses l’une, soit ce sondage est bidonné, soit ça fait trois mois que l’on se trompe” entendait-on d’Hervé Saulignac, le directeur de campagne, en passant par des militants de base jusqu’à des proches collaborateurs de Queyranne. Dès lors, à la tribune, les exhortations au “vote utile” se sont rappelées au bon souvenir des socialistes. “Lorsqu’il s’agit d’opérer des rassemblements, il est plus facile de le faire quand vous faîtes un large score. (...) Une majorité, c’est toujours un rassemblement , mais il faut un axe central fort” a indiqué Gérard Collomb.

La seule parenthèse dans cette soirée troublée est venue de Robert Badinter et d’Ariane Mnouchkine, la fondatrice du théâtre du Soleil et metteur en scène. Leurs interventions étaient un peu hors sol, n’évoquant que très peu les enjeux de l’élection. Badinter prononça un discours ancrée sur les valeurs de gauche évoquant les dérives du “roi soleil” sur l’identité nationale, le flicage-fichage ou encore les gardes à vue. Mais citant Renoir, Mnouchkine a fait le lien avec les régionales et Rhône-Alpes : “il faut être local pour être universel” a indiqué celle qui dans son intervention s’est demandée si une région peut être “un laboratoire d’humanité”. Avec Badinter et Mnouchkine, la fin de la campagne de Queyranne se réancre à gauche. Le président sortant a d’ailleurs dit de cette grande figure morale qu’est Badinter qu’il représente “la noblesse de la gauche”.

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