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© tim douet

Service de l’eau : une baisse du prix de l’abonnement avant le grand chambardement

La communauté urbaine devrait réussir à baisser la facture d’eau pour les usagers d’ici à trois semaines. D’ores et déjà se prépare la sortie du contrat actuel jugé "très déséquilibré" - comprendre défavorable aux Lyonnais. Va-t-on vers une remunicipalisation après 2015 ?

Un gain minimum de dix euros par an. C'est la somme que la communauté urbaine espère arracher aux multinationales de l'eau à l'occasion de la révision quinquennale de leur contrat les liant au Grand Lyon. "C'est une clause de revoyure, pas une renégociation du contrat", précise Gérard Claisse, vice-président du Grand Lyon. En 2003, le Grand Lyon avait obtenu une baisse de 9 centimes hors taxe par m3. En 2008, la réduction s'était élevée à 28,5 centimes. Ce sont au total 60 euros – sur une facture moyenne annuelle de 390 euros - qui avaient été ainsi restitués aux usagers grâce à ces deux coups de rabot.

+ 33 % en dix ans

Cette fois, la collectivité souhaite porter le fer sur le prix de l'abonnement, qui pèse 34 % du coût de l’eau potable. Or ce coût ne représente lui-même qu’une part de la facture d’eau acquittée par les usagers : 1,70 euros HT sur les 3,25 euros le m3 du prix lyonnais. Depuis dix ans, l’abonnement a bondi de 33 %, alors que le prix au m3 reculait de 4 %. Quel est l'objectif du Grand Lyon ? Gérard Claisse souffle qu'il compte parvenir à une part d'abonnement inférieure à 30 %. Ce qui reviendrait à un gain d’une dizaine d’euros. Les élus veulent aussi augmenter la redevance versée par les fermiers à la collectivité. Ils espèrent conclure la négociation d'ici à trois semaines.

4 scénarios pour l'après 2015

Le contexte est favorable aux collectivités qui sont en position de force. Grenoble et Paris sont passées en régie municipale et ont baissé leur tarif, respectivement de 20 % et de 8 %. St-Etienne a agité cette menace et a pu décrocher une baisse de 23 %, soit plus d'un euro par m3. "Collomb osera-t-il le service public ?", titrait-on dans notre magazine de novembre. La décision sera prise à l'automne, pour décider de l’après 2015. Car le Grand Lyon s’est appuyé sur l’arrêt "Olivet" pour anticiper la fin du contrat qui courrait jusqu’en 2016.

D'ores et déjà se réunit un groupe de travail au Grand Lyon où toutes les formations politiques sont représentées. Mais c'est l'exécutif qui tranchera. Quatre scénarios sont imaginés : le passage en régie publique, la délégation à un opérateur privé unique ou une gestion mixte privée/publique, laquelle pourrait prendre deux formes : soit une production publique d'eau potable couplée à une distribution privée, soit une répartition géographique offrant au privé la rive gauche du Rhône (ou de la Saône), au public le reste. Un schéma calé sur la collecte des ordures ménagères.

Collomb préfère une solution mixte

"A plusieurs reprises, Gérard Collomb a indiqué en conseil communautaire qu'il préférait cette option mixte. Pour nous écologistes, il est important que la production de l'eau soit publique, pour s'assurer de la sécurité des approvisionnements et de la garantie de la qualité", explique Paul Coste (EELV) qui fait partie de groupe de travail. Les écologistes pourraient se montrer très insistants sur ce point. En tous cas, le Grand Lyon refuse l'option d'un allotissement, autrement dit une délégation à plusieurs groupes qui se partageraient le territoire. Voilà qui pourrait ouvrir la voie à des ententes entre groupes...

Les cartes seront donc rebattues : aujourd'hui Véolia alimente 85 % des usagers, la Lyonnais des Eaux la majeure partie du reste, tandis que Marcy l’Etoile et Solaize sont toujours en régie publique. Gérard Claisse parvient tant bien que mal à dissimuler sa réprobation du contrat actuel, signé dans les années 80, qui est "très déséquilibré". C'est ainsi que la marge affichée par les opérateurs fluctue : 20 % en 2007 avant renégociation, 9 % en 2008 après renégociation, elle est aujourd'hui de 12 %. Et selon l’élu, la marge réelle est "significativement supérieure".

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