Jean-Marc Germain
© JOEL SAGET / AFP

Pourquoi Germain (PS) s’abstiendra sur le budget de la Sécu

Une nouvelle passe d’armes se jouera mardi 28 octobre à l’Assemblée nationale, où les frondeurs s’apprêtent à s’abstenir sur le budget de la Sécurité sociale. Jean-Marc Germain, l’un d’eux, député PS des Hauts-de-Seine, s’en explique sur Sud Radio.

Frondeur (il s'est abstenu lors du vote sur le budget de l'Etat, la semaine dernière) et ancien collaborateur de Martine Aubry à Lille, Jean-Marc Germain était l’invité politique de Sud Radio ce lundi 27 octobre. Il a expliqué à Christophe Bordet pourquoi il s’abstiendrait, mardi 28 octobre, sur le vote du budget 2015 de la Sécurité sociale.

"Je vais m’abstenir demain sur le vote du budget de la Sécurité sociale. On peut faire cela dans une démocratie mature", a-t-il justifié, avant d'expliquer vouloir faire pression sur le Gouvernement pour qu’il réoriente sa politique économique, en faveur du soutien à la demande.

"J’étais la semaine dernière avec des responsables du FMI à l'étranger ; tous les économistes le disent : il faut que l’Europe soutienne sa demande à hauteur de 1 % de son PIB. C’est ce que nous demandons."

“Contre la modulation des allocations familiales”

Aussi, Jean-Marc Germain propose de réduire de moitié les avantages fiscaux et crédits d'impôt promis aux entreprises via le Pacte de responsabilité, et de réorienter 20 milliards, "soit 1 % du PIB français", vers "l’investissement dans les collectivités locales" et "le soutien à la consommation des ménages".

Le frondeur demande aussi à François Hollande d’honorer "la proposition de Jean-Marc Ayrault [de] révolution fiscale", "ce qui correspond à baisser la CSG pour les premières tranches de revenus", résume-t-il.

Jean-Marc Germain est contre la modulation des allocations familiales, décidée dans le projet de budget 2015 de la Sécurité sociale. "Cela va encore baisser la consommation pour certaines familles et empêcher les entreprises d’embaucher", craint-il.

“Un tiers du chemin, on continue”

"Il faut éviter, selon lui, d’aider la banque et la finance, et réinjecter nos investissements dans la demande, ce qui au fond va aider les entreprises à remplir leurs carnets de commandes", promet-il.

"Voter contre [le projet de budget 2015 de la Sécurité sociale, NdlR], cela voudrait dire que nous sommes dans l’opposition, ce qui n’est pas le cas. Je m’abstiendrai pour garder ma liberté de parole", explique-t-il. "Par rapport à tout ce qu’on a demandé à François Hollande depuis six mois, on a fait deux tiers du chemin, il nous reste un tiers à parcourir, on continue", justifie-t-il.

Réécoutez l’intégralité de l’interview de Jean-Marc Germain, en cliquant dans la rubrique "Les Podcasts" de Sud Radio.

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