Gérard Collomb Emmanuel Macron 273
© Tim Douet

Meeting à Lyon : Les grands témoins de l’ovni Macron

Ce samedi après-midi, vers 16h, Emmanuel Macron prononcera son discours d’entrée officielle en campagne. Plus de 10 000 personnes sont attendues au palais des Sports de Gerland. Mais le candidat “En marche” sera plus largement écouté. Les grands témoins de Lyon Capitale : Jean-François Debat, Olivier Brachet, Alexandre Vincendet, Elliott Aubin, Erick Roux de Bézieux et Jules Joassard.

La curiosité qu’a fait naître Emmanuel Macron est indéniable. Qui est-il, que veut-il, comment se positionne-t-il ? Ces questions agitent la classe politique et les électeurs. Nous avons demandé à des grands témoins (élus, acteurs de la société civile) de nous livrer leurs pensées et leurs analyses sur Emmanuel Macron pendant ce meeting de Lyon. Son discours, sa personne et son positionnement seront décryptés.

Toutes leurs réactions seront retranscrites dans notre live (Lyon Capitale de la présidentielle, spécial week-end de meetings à Lyon). Tout comme celles des partisans d’Emmanuel Macron qui assistent au meeting au palais des Sports.

Les grands témoins du meeting d’Emmanuel Macron à Lyon

Jean-François Debat

Maire de Bourg-en-Bresse et président du groupe PS au conseil régional

Jean-François fait partie des élus qui ont fait le choix de la loyauté. Soutien de Manuel Valls à la primaire, il s’est rallié à Benoît Hamon. Il reproche à Emmanuel Macron de vouloir vampiriser le PS : S’il voulait faire une OPA sur la gauche, il n’avait qu’à venir à la primaire. Aujourd’hui, il fait une OPA hostile sur le PS tout en développant un discours ni droite ni gauche.”

Alexandre Vincendet

Maire LR de Rillieux-la-Pape, candidat aux législatives

Alexandre Vincendet appartient à la nouvelle génération des élus Les Républicains, ceux qui sont chargés de chasser sur les terres de gauche. Aux municipales de 2014, il a fait tomber le bastion socialiste de Rillieux-la-Pape. Aux législatives, en juin prochain, il tentera de reprendre au PS la 7e circonscription du Rhône. Mais aujourd’hui c’est vers Emmanuel Macron qu’il regarde : “Il essaye d’annexer le PS et je suis curieux de voir comment un candidat qui se dit ni à gauche ni à droite s’en justifie. Il vit sur une bulle spéculative. Il se dit libéral et de gauche. Pour moi, ces deux termes ne peuvent pas cohabiter.”

Erick Roux de Bézieux

Patron d’une entreprise de communication et blogueur

Erick Roux de Bézieux est plutôt un homme de droite. Il gravite autour de cette famille politique à Lyon depuis plus de trente ans, mais ce week-end, pour Lyon Capitale, il va aller écouter des candidats réputés de gauche : Emmanuel Macron ce samedi et Jean-Luc Mélenchon dimanche à Eurexpo. “[Macron], il me fait penser à la chanson de Christophe… “Je te dirais les mots bleus, les mots qui rendent heureux”. Mais comme l’écrivait Laurent Wauquiez en 2007 dans le numéro 120 de la revue Commentaire, “derrière toute communication, il y a une exigence d’action”. Alors, dévoilera-t-il son projet ce week-end à Lyon ? J’attends avec gourmandise son discours, dont il se murmure qu’il pourrait marquer un tournant de sa campagne présidentielle, quelques jours après la “gauchisation” du PS et le plombage de François Fillon”, explique-t-il sur son blog.

Elliott Aubin

Adjoint à la maire du 1er arrondissement

Elliott Aubin est un soutien de Jean-Luc Mélenchon, candidat de “la France insoumise”. Emmanuel Macron attise sa curiosité pour plusieurs raisons : “D’abord, il est le candidat de Gérard Collomb et il vante le modèle lyonnais. Comme je suis un opposant à Gérard Collomb, c’est une bonne raison de m’intéresser à lui. Ensuite, beaucoup de gens me demandent pourquoi les candidats de gauche ne se rassemblent pas. J’ai envie de montrer les différences de la gauche libérale d’Emmanuel Macron et celle humaniste et sociale incarnée par Jean-Luc Mélenchon.”

Olivier Brachet

Fondateur de Forum Réfugiés et ancien vice-président de la métropole

En 2014, Olivier Brachet dirigeait la campagne municipale de Gérard Collomb. Aujourd’hui, son nom est souvent associé à une candidature aux législatives contre un candidat de Gérard Collomb. Entretemps, les deux hommes ont eu des divergences de vue. Estimant ne pas avoir les moyens de continuer une politique du logement qui réponde aux besoins, Olivier Brachet a aussi remis en question, au moment de sa démission, le modèle lyonnais vanté par Gérard Collomb et repris par Emmanuel Macron : “J’ai constaté un raidissement du discours sur la question sociale. Tous les gens au RSA ne sont pas des fainéants, comme je peux l’entendre à la métropole. Ceux qui vivent dans des logements sociaux ne sont pas des gens qui ne veulent pas payer de loyer. Le social est une chose trop complexe pour être aussi caricaturale. Bien sûr que le social n’est pas ce qui intéresse le plus Gérard Collomb. Il n’y a d’ailleurs pas de vice-président qui intègre la question sociale.”

Jules Joassard

Porte-parole de Benoît Hamon dans le Rhône

Militant historique, malgré son jeune âge, de l’aile gauche du PS dans le Rhône, Jules Joassard a obtenu une forme de consécration après la victoire de Benoît Hamon à la primaire. Pour permettre à son candidat d’atteindre le second tour, il fixe comme objectif “de faire dégonfler les deux baudruches” qui occupent aussi le champ politique à gauche : Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

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