Gérard Collomb fouille dans le passé d’un candidat aux régionales

Lundi soir, Gérard Collomb s’est invité dans la campagne des régionales en exhumant une coupure de presse évoquant des activités du numéro 2 de la liste UMP dans le Rhône, Philippe Meunier. Dans le papier de Libération de 1992, il est question de distribution de tracts racistes. Philippe Meunier s’explique et affirme qu’il n’a jamais été condamné.

Après l’affaire Soumaré et les récits de vacances d’Alain Madelin et de Patrick Devedjian par Vincent Peillon, c’est au tour de Gérard Collomb de se livrer au jeu de l’archiviste. Le maire de Lyon a profité d’un débat portant initialement sur l’extension du tram T1 à Debourg puis qui s’est perdu sur l’OL Land avant de rebondir sur le soutien du maire de Lyon à Georges Frêche pour attaquer Philippe Meunier, deuxième sur la liste UMP du Rhône pour les régionales. Juste avant le conseil municipal, Gérard Collomb a fait passer une coupure de presse à Nora Berra, la tête de liste UMP dans le Rhône. En fin de séance, il l’a interrogée sur son “deuxième de liste”. Pas de réponse de la secrétaire d’État aux Aînés. Les élus de droite, eux, tempêtent contre ce débat hors-sujet.

"Cette affaire avait été montée de toutes pièces"

À la sortie du conseil municipal, Nora Berra dit ne pas avoir jeté un œil à la coupure de presse et esquive le sujet. Selon nos informations, Gérard Collomb a fait réapparaître une coupure de presse de Libération de 1992. Le papier relate qu’un jeune militant a été exclu du Parti Républicain pour avoir distribué des tracts racistes. Et ce jeune homme, c’est Philippe Meunier, aujourd’hui député UMP de l’Est lyonnais.
Joint par téléphone, Philippe Meunier s’est expliqué. “Je ne me souviens pas avoir été exclu du Parti Républicain. Cette affaire avait été montée de toutes pièces. J’étais à l’époque au syndicat UNI et dans les facs françaises un syndicat d’extrême droite proche du Front National se montait. J’ai mené combat contre eux. Mais à Nancy, l’opération n’a pas été organisée de la bonne manière. Nous avons diffusé un tract qui reprenait les idées de ce syndicat pour montrer aux étudiants à quel point ce syndicat d’extrême droite était dangereux. Le tract n’a pas été rédigé de façon correcte. Je n’ai jamais été condamné pour avoir propagé des thèmes racistes. La justice a reconnu que l’objectif de notre démarche n’était pas de propager des idées racistes”, nous a confié le député UMP de l’Est lyonnais. Surpris et agacé, Philippe Meunier se réserve le droit de porter l’affaire devant les tribunaux. “Gérard Collomb ne peut pas s’empêcher de me dire à quel point il m’apprécie. Il doit être bien mal en point pour en arriver à de telles extrémités".

“Il va voir Georges Frêche et après il nous fait des leçons d’éthique"

Après avoir esquivé, Nora Berra a finalement dû répondre aux questions de la presse à la sortie du conseil municipal. “Il va voir Georges Frêche et après il nous fait des leçons d’éthique. Un élu qui prend ses électeurs pour des cons, qui dit que les juifs ne sont pas fréquentables. S’afficher aux côtés de Georges Frêche est une insulte aux Lyonnais et à cette ville de résistance. Je constate qu’il a le temps de faire les archives plutôt que de s’occuper de l’actualité”, répond une Nora Berra fuyante. Questionnée sur la possibilité que Philippe Meunier ait pu distribuer des tracts racistes, elle se montre évasive et prudente. Après avoir louvoyé, elle finit par lâcher : “Je ne sais pas. Les gens évoluent. On dit beaucoup de choses sur Philippe Meunier”. Les relations vont désormais être sympathiques entre les deux premiers de la liste dans les prochains jours. Et en cela Gérard Collomb a peut-être obtenu ce qu’il espérait.

Collomb la joue comme Peillon

Seul point commun, lundi soir, entre les deux élus qui forment le ticket UMP dans le Rhône pour les régionales : ils se félicitent de voir Gérard Collomb sortir de ses gonds. Chez les socialistes, certains prennent l’affaire à la rigolade. “On a notre Vincent Peillon”, glissait amusée une adjointe. L’attitude du député européen n’avait guère été appréciée par Martine Aubry. Pas sûr qu’elle applaudisse beaucoup plus cette initiative de Gérard Collomb alors qu'elle appelait à la fin des boules puantes.

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