Procès Heaulme : un coup de théâtre nommé Leclaire

Francis Heaulme comparaît depuis ce matin devant la cour d’assises de Moselle pour le double meurtre d’Alexandre Beckrich et Cyril Beining. Mais Henri Leclaire, présent dans le dossier comme témoin assisté joue les trouble-fêtes en ce début d’audience. Un nouveau témoignage, ce matin, l’implique dans le meurtre des deux enfants. Récit.

28 ans après les faits, cette affaire réserve encore bien des surprises. Francis Heaulme qui est apparu, les cheveux gris habillé d’un jogging noir, toujours le regard caché derrière ces grandes lunettes a congédié son avocat Me Gonzalez de Gaspard au profit de son autre conseil historique, Me Liliane Glock. "Mon client est extrêmement fatigué," avance l’avocate, assisté de trois autres conseils. Pour la première fois, le routard du crime refuse de se faire photographier ou filmer dans le box des accusés.

Des nouveaux témoignages

Mais c’est surtout l’arrivée d’un nouveau témoignage qui bouleverse la configuration de l’audience. Une clerc de notaire a rédigé une longue lettre, affirmant avoir recueilli les aveux d’Henri Leclaire, pourtant entendu comme témoin assisté dans cette affaire. Déjà vendredi, un autre témoin, un ancien agent de la SNCF s’est fait connaître, juste à la veille du procès. Ce fameux dimanche du 28 septembre 1986, il aurait vu un "homme trapus", correspondant à la description d’Henri Leclaire, ensanglanté, s’enfuyant du lieu du crime. Un témoignage "ridicule", estime son avocat.

Qui est Henri Leclaire ?

Ce personnage est loin d’être un inconnu dans l’affaire de Montigny lès Metz. Cet homme, rondelet et trapus avait avoué le meurtre aux moments des faits, en 1986. Des aveux que les enquêteurs de l’époque avaient jugé farfelu. Lors de la reconstitution, l’homme, en raison de corpulence avait été incapable de monter le talus.

Mais en 2002, Francis Heaulme lui même évoque le nom d’Henri Leclaire. Enfin, lors d’un reportage d’Envoyé Spécial, l’ancienne patronne de Heaulme affirme que le routard du crime était venu récupérer son solde de tout compte, accompagné d’un homme qui ressemblerait à Henri Leclaire. Les deux hommes se connaissent-ils ? C’est l’un des mystères de cette affaire.

Le procès renvoyé dès demain ?

Si Henri Leclaire se dit tranquille, "il a toujours répondu aux convocations de la justice," justifie Me Hellenbrand, le procès a pris, pourtant, une autre tournure. En effet, le président de la cour d’assises a décidé d’entendre dès demain à 9h Henri Leclaire, mais aussi la clerc de notaire ou encore le journaliste d’Envoyé Spécial.

Me Glock, ce midi à la sortie de l’audience, a une cette phrase : "A Lyon (lors du procès de Patrick Dils en 2002), on a fait le procès de Francis Heaulme, c’est-à-dire de celui qui n’était pas dans le box et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on essaye de faire le procès de celui qui n’est toujours dans le box et moi je ne peux pas encourager cela." A demi-mot, l’avocate de Heaulme estime donc que le procès n’a pas lieu d’être.

A l'écoute de nouveaux témoignages ce mardi, le président de la cour d’assises de Moselle peut toujours interrompre les débats et renvoyer le procès en demandant un supplément d’information. Avec Heaulme et Leclaire, dans le box des accusés, pour un prochain procès ?

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