La mobilisation des gilets jaunes a commencé ce vendredi à Nice (VALERY HACHE / AFP)

Je suis vulgaire comme un Gilet jaune

ÉDITO - On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes.

Les Gilets jaunes c’est la France laborieuse, la France de ceux qui fument des clopes et roulent au diesel, des ouvriers et des petits patrons.
La France des troquets, du tiercé et des plats du dimanche.
La France ni de droite ni de gauche –ou d’un peu des deux.
Celle de ceux qui ne sont rien, mais pas personne, la France des illettrés, des harkis, des légionnaires, la France des prostituées et des poissonnières, la France de ceux qui ont choisi la France pour y vivre, y travailler et y mourir.
Celle des parents qui mettent des torgnoles à leurs gosses pour leur apprendre à se tenir.
Des fins de mois difficiles, qui sont autant de fins du monde, sans cesse renouvelées.
La France qui se baisse pour ramasser une pièce, éteint la lumière de la cuisine et met les restes au frigo dans un tupperware.
La France des types qui matent le cul des filles et celle des filles qui font semblant d’être offusquées.
Celle de ceux qui appellent un arabe un arabe et un noir un noir. "Diversité", "minorités visibles", "#balancetonporc", "covoiturage", "transition énergétique"… ces mots sont vides de sens pour cette France, LA France.
La France qui vanne, invective, s’insulte puis se réconcilie devant un verre de rouge, pas forcément avec modération.
La France modeste et fière, qui compte les centimes en rêvant de gagner au Loto, qui n’aime pas trop les riches et n’en peut plus d’être pauvre.
Celle qui déteste les sous-chefs et adore haïr les chefs, pourvu qu’ils en aient la stature et l’humilité.
La France qui se branle de l’Europe, mais qui adore les Italiens, les Espagnols, les Portugais ou les Grecs. Enfin, ça dépend des jours.
La France qui se fout de l’écologie, mais qui connaît le nom des arbres, des champignons et des oiseaux.
La France ni raciste, ni xénophobe, ni fasciste, ni homophobe, celle qu’il faut juste respecter et pas trop emmerder avec des histoires de cornecul.
Celle qui veut vivre de son boulot et se sent humiliée quand on lui fait l’aumône ou la leçon.
Celle qui sait que ses ancêtres n’étaient pas forcément des Gaulois, mais ne peut s’empêcher de chialer quand elle entonne La Marseillaise, dans un stade ou dans la rue.
La France pétrie de contradictions, qui dit rouge et qui dit noir, qui se signe à l’église et bouffe du curé.
La France de ceux qui n’envisagent pas une seconde de ne pas se faire enterrer en France, même –et peut-être surtout- si leurs racines sont ailleurs.
Celle qui tient la porte, cède sa place dans un bus et se gèle toutes les nuits sur les ronds-points des nationales.
Un seul coup de klaxon et… je serai guéri.
La France des pantalons qui piquent, celle des antimilitaristes qui ne manquent aucun défilé du 14 juillet à la télé, celle des pulls en acrylique et du Tour de France, la France de Coluche, d’Audiard, d’Akhenaton, la France des Fragione, des Perez, des Cavanna, des Cherfi et des Matombo, du Père Noël est une ordure, des Deschiens, des Nuls et de tous les inconnus célèbres, celle de Bebel et des Valseuses, d’Higelin et d’Herrero, la France du film pourri du dimanche soir, celle des héros du quotidien, celle qui pense que Céline n’est qu’un vendeur de sacs, mais dont la culture et l’intelligence sont magnifiques, parce qu’elles viennent de loin, de très loin, de plus loin encore.
La France des femmes de ménage et des ramasseurs de poubelles, celle des artisans et des commerçants près de leurs sous, la France qui sait que c’est le travail qui libère et l’oisiveté qui asservit.

On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes. Mépriser les Gilets jaunes c’est mépriser la France et les Français, c’est se mépriser soi-même. Chaque fois que je vois un Gilet jaune sur un rond-point, j’ai envie de le serrer dans mes bras. J’ai envie de lui dire "continue mon gars, je t’aime, je suis avec toi, je suis exactement comme toi, j’ai souffert et si aujourd’hui ça va un peu mieux, je sais d’où je viens et où je ne veux plus être". Je suis un beauf. J’aime les Gilets jaunes. Sans restriction. Avec tous leurs excès, tous leurs manques, tous leurs défauts et toutes leurs frustrations. Je prends tout, absolument tout, en bloc, comme mon pays, la France, mon pays contre lequel je râle et ne cesserai de râler. Oui : je prends tout. Et tant pis si je dois me fâcher avec quelques-uns. Parce que je sais que le jour où je serai à nouveau dans la merde, c’est un putain de Gilet jaune qui m’aidera à en sortir. On ne peut pas aimer la France et ne pas être touché par les Gilets jaunes.

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33 commentaires
  1. Mic - 15 décembre 2018

    Tout simplement MERCI

  2. BenR - 15 décembre 2018

    Merci

  3. Ami entends-tu - 15 décembre 2018

    En larmes.....

  4. Pou Riel - 15 décembre 2018

    Il y a une certaine verve dans cet article, mais...
    La mécanique utilisée par les Gilets Jaunes est de vouloir tout englober sous leur bannière. Tu aimes le Nutella ? Alors tu dois bien être un peu gilet jaune...
    Marre de l'utilisation de ce "label" pour des abus de toutes sortes, et des revendications qui ne sont pas toutes justifiées. J'entends pas exemple un homme en gilet jaune (je ne dis pas "un gilet jaune", c'est un stéréotype), qui dit : je manifeste pour arrêter le chômage. Ne croyez vous pas que c'est précisément le combat que mène le gouvernement ?
    Enfin, les torgnoles sur les enfants, c'est totalement inefficace, et c'est bien triste que vous en fassiez l'apologie. Déjà le faire, c'est une faiblesse regrettable, alors le revendiquer,...

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Madame ou Monsieur,

      Je n’ai jamais battu mes enfants !
      Mais je ne pense pas qu’il soit vraiment sérieux de légiférer sur la fessée...
      Bien cordialement,
      Didier Maïsto

  5. Charlesbred - 15 décembre 2018

    Si il y autant de haine, de choc des cultures ou de choc socio-économique c'est bien à cause de cette beaufitude assumée comme celle de ce torchon
    Faire l'apologie d'une population connue pour son arrogance qui n'a d'égale que son inculture et sa haine de son prochain en vantant sa pauvreté, ses préjugés raciaux et/ou homophobes et j'en passe c'est bel et bien de là que vient cette image vraie du pays à l'international.
    Ô toi l'auteur lyonnais trop occupé à se remplir la pense et à sortir (toujours sous couvert de l'humour of course, hein..) des "ben dis donc peux pu regarder le cul des filles sans être accusé de.." ou "ben jsuis pas raciste j'ai des potes rebeus v'savez") vous me dégoûtez, mais vraiment, et je ne suis pas le seul, les seuls commentaires ici seront ceux venant des vôtres, mais n'ayant crainte pour jouer le jeu je regarderai à l'occasion votre fille, femme ou mère comme un bon gros pervers français ! Ben quoi ?! C'est pas ça LA france ??? Sans déconner...

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Monsieur,

      Se remplir la pAnse, avec un A.
      Ou s’emplir de pEnsées, avec un E.
      Telle est la question.
      Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes.
      Didier Maïsto

  6. Ugopao - 15 décembre 2018

    Merci pour ce bel édito, plein d'humanitè.

  7. annao - 16 décembre 2018

    Cette France vulgaire, je vous la laisse. La mienne est faite de culture et de respect. Bien loin de celle que vous décrivez et qui semble tant vous plaire. Et pourtant, je suis fille d'émigrés italiens, à qui l'école a ouvert les portes d'une vie qui ne se résume pas à votre liste quasi exhaustive des vulgarités.

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Madame,

      La pornographie, c’est l’érotisme des autres, a pu écrire André Breton.
      Relisez peut-être le texte en ayant cette maxime à l’esprit (si je peux me permettre).
      Auguri e buon natale,
      Didier Maïsto

  8. Titou18 - 16 décembre 2018

    Juste magnifique et tellement vrai

  9. Debius - 16 décembre 2018

    La France de Pétain et de Poujade en quelque sorte... Je préfère la France des Lumières et des droits de l'Homme. Celle qui pense aux générations futures.

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Madame ou Monsieur,

      Tout comme moi !
      Ma famille a émigré, s’est battue, a été en partie fusillée pour résistance...
      Tout le contraire de Pétain.
      C’est en pensant à elle que je pense aux générations futures.
      Bonnes fêtes,
      Didier Maïsto

    2. Gueorgon - 23 décembre 2018

      La France des Lumières ?!..Et des droits de l'homme par dessus le marché ?! Nous y sommes à cause de cette bêtise et flirter les icebergs, "ni Dieu-ni maître".

  10. Ekinoxejonio - 16 décembre 2018

    Vous avez bien raison, vous êtes vulgaire et trivial comme l'ensemble de votre emphase ridicule, surfaite de banalités et de rustreries. Sous couvert d'un soi-disant laisser-aller étatique, nos "charmants Français" détruisent les biens d'autrui, quémandant leurs paquets de clopes et leurs ballons de rouge. La France est bien autre! Heureusement!

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonjour,

      On peut bien sûr voir les choses sous cet angle, qui est celui de M. Macron.
      « Il faut que tout change pour que rien ne change ».
      Néanmoins, je ne peux que regretter que vous vous cantonniez à observer la crête des vagues, qui n’est que l’écume; car nous sommes en présence d’une lame de fond.
      Et comme l’écrivait Hugo, la forme c’est le fond qui remonte à la surface.
      Sans emphase et avec une formule banale, je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année.
      Didier Maïsto

  11. Abolition_de_la_monnaie - 16 décembre 2018

    Et toute cette agitation à cause... de l'utilisation de monnaie.
    Qu'est-ce qui a fait sortir les gilets jaunes ? Pas envie de payer des taxes dont on ne connaît pas vraiment la finalité.
    Qu'est-ce qui unit les Gilets jaunes ? Le burn out. Mais il ne faut pas le dire, ce n'est pas assez class.
    Pourquoi ce burn out généralisé de la société ?
    Parce qu'à force d'optimiser tout pour faire du fric (obligation de rentabilité dès qu'on utilise cet outil), on déshumanise tout.
    Il est grand temps d'avoir un débat de fond.
    Mais l'aura-t-on un jour ? Probablement pas, car ce qui prime c'est "l'émotion", c'est "vendre du support d'information ou des pages de pubs"... et un débat de fond ça "prend la tête" de tout le monde, ça fait fuir les clients, c'est anti-système... Le "système monétiste" ne le permettra donc pas.

  12. Muzardie2464 - 17 décembre 2018

    MERCI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  13. Cyrilledu34 - 17 décembre 2018

    A bien des égards notre pays est un paradis blanc. Pourtant les Français broient du noir.
    Depuis trop longtemps avec nos politiques, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
    Alors quand une bleusaille leur a proposé de virer tous ces tocards, beaucoup se sont laissé griser. Le blanc-bec cru avoir un blanc-seing. Avec Benalla et la vaisselle élyséenne les Français ont rit jaune, avec l’ISF et la CSG, ils comprirent qu’ils étaient marrons. Beaucoup en ont marre d’être dans le rouge tous les mois, ils ne supportent plus de se faire saigner à blanc. Avec cette nouvelle taxe sur l’or noir, Macron a franchi la ligne rouge.
    Alors depuis un mois, les gilets jaunes sont verts de rage. Refusant toutes récupérations politiques ou syndicales, ils sont devenus la bête noire de notre gouvernement. Macron, blanc comme un linge leur a tendu la main, il a reçu une volée de bois vert. Les gaulois réfractaires l’ont envoyé sur les roses. Avec ses mesurettes, il a fait choux blanc. La fracture est trop profonde pour ces Français qui en ont vu de toutes les couleurs. Le pouvoir d’achat est leur fil rouge. Il y a bien longtemps qu’ils ne votent plus ou blanc. Refoulé des grandes villes par les prix de l’immobilier ils se sont mis au vert, là où les commerces se meurent et les services publics ferment.
    Difficile dans ces conditions de voir la vie en rose. Comment leur donner tort...

  14. dufion - 18 décembre 2018

    Eh oui, vous aimez la France, celle de Hanouna, celle de Pétain, celle de Lepen, celle qui a ri grassement de l'affaire DSK en se tapant du coude "ah ben chaud lapin de Dom hein?", celle des mains aux cul au bureau et des sifflets dans la rue, celle des remarques beaufs et sexistes, celle qui vomit les riches tout en jouant à l'euromillions, celle qui appelle un Arabe un Bougnoul et un noir un Bamboula, celle qui revendique pour une augmentation de 10 euros de diesel mais en dépense 60 pour des clopes et 200 pour du pinard, celle qui au cinéma rit dès qu'un personnage dit "putain" ou "la salope", celle du vieux petit patron lubrique et paternaliste qui appelle son employée de 20 ans "chérie" ou "mon chou", celle qui déverse sa haine planquée derrière son écran, celle qui croit que Lady Di et Coluche ont été assassinés, celle qui n'aime pas les étrangers sauf s'ils gagnent au foot (étant entendu que s'ils perdent ils redeviendront des arabes ou des Africains), enfin bref, on pourrait continuer longtemps. Je me permets toutefois de vous faire remarquer que ces qualificatifs s'appliquent aux beaufs de tous les pays, et ne sont en rien "français": juste la marque des ploucs. Pas sûr toutefois que les Gilets Jaunes se reconnaissent tous dans ce portait condescendant dont vous prétendez les honorer de votre plume...

    Sachez toutefois que d'autres préfèrent le "génie français", la France de Voltaire, de Proust, de Descartes ou des frères Lumière, de LVMH ou de Napoleon, de Marie Curie ou de Bernard Pivot, cette France d'en haut qui a toujours fait avancer et rayonner le pays. A notre époque où il est de bon ton de se vanter d'être un beauf inculte, il serait utile de se rappeler que ce n'est heureusement pas cette partie de la population qui détermine un pays aux yeux du monde et de l'histoire mais bien au contraire cette "élite" que vous vomissez. A ce titre je me permets de vous rassurer: n'ayez crainte, votre plume n'en fera jamais partie et vous pourrez rester au contact de cette France anonyme que vous aimez tant.

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Monsieur ou Madame,

      Vous employez plusieurs fois le mot vomir et mon texte vous a visiblement donné des aigreurs.
      Justement je ne « vomis » personne car pour moi il n’y a que des Français.
      Je suis conscient de mes limites je vous rassure, même si j’ai beaucoup lu Proust et Voltaire.
      Je ne suis pas contre ce que vous appelez « les élites », simplement je ne les oppose pas à « cette France anonyme que j’aime tant », pour reprendre vos mots.
      Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.
      Didier Maïsto

    2. Gueorgon - 23 décembre 2018

      Un commentateur a fait exprès de mettre Hanouna et Pétain côte à côte dans sa diatribe vulgaire, soit ! Il apprendra ici j'espère qu'être français n'a pas pour origine cette appartenance intellectuelle qu'il semblait revendiquer de même d'un Voltaire ou d'un Bergé et qui viendrait flatter l'ego de quelques uns, au détriment de l'ensemble (de la Patrie). Non, la France n'est pas révolutionnaire ! Car alors, elle n'aurait pas de frontières à défendre et n'en aurait jamais point eu. Ce qui est révolutionnaire uniquement, c'est d'avoir renié comme le font les entêtés sa plus haute identité : Elle est par le sceau unique et original Fille aînée de l'Eglise. Et autant que cette Eglise est bafouée et mise à mal par l'hérésie globale, voilà d'où viennent les grands hommes comme les vulgaires "sans-dents" ! L'histoire a laissé des gènes que personne ne saurait percevoir sans un minimum d'humilité. Joyeux Noël à tous, puisque c'est la fête de Celui qui est né sur la paille !

  15. Galapiat - 18 décembre 2018

    Nul besoin d'une longue tirade, toi t'as du être battu et méprisé dans ta jeunesse pour porter pareil jugement sur tes contemporains, Ta prose en serait l' explication !

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir Madame ou Monsieur,

      Ni battu ni méprisé dans ma jeunesse.
      On m’a même appris à vouvoyez les gens, c’est dire !
      Je vous souhaite un joyeux Noël.
      Didier Maïsto

  16. valency - 21 décembre 2018

    Ai-je le droit de ne pas me sentir giletjauniste ?

    1. Didier Maïsto - 22 décembre 2018

      Bonsoir,
      Pourquoi n’auriez-vous pas ce droit garanti par la Constitution ?
      Je vous souhaite de belles fêtes.
      Didier Maïsto

  17. olivier p. - 23 décembre 2018

    Ah, le ton des commentaires suite à votre sublime édito, Monsieur Maïsto...

    Est-ce, à l'image du pouvoir actuel, de ce gouvernement déliquescent, du simple mépris, de la bête arrogance, seule arme de révolte de la part d'individus égoïstes, impuissants devant un tel regain de solidarité, de fraternité et d'espérance?

    Pathétiques ils sont, pathétiques certainement ils resteront...

    Vous êtes donc le plouc-émissaire du moment de cette insignifiante poignée de Narcisse de l'érudition, qui n'ont, j'en suis convaincu, pas même pris la peine de se renseigner sur votre rang et sur votre statut, de vérifier si votre plume vous a toujours obligé à voler dans la sphère de l'anonymat, avant de venir de vous mettre au pilori. La tentation de presser la détente était certainement trop forte...

    Ceux-là même qui vous voient tour à tour vulgaire, inculte, irrespectueux, ceux-là même qui vantent le génie français, qui hélas ne les effleurera jamais, ceux-là même qui espèrent trouver ici une tribune offerte à leur ridicule vanité, ceux-là dont les oreilles partiraient en courant à l'autre bout du monde à l'écoute d'une chanson de Damien Saez (pourquoi pas "peuple manifestant"), ceux-là sont bien plus à plaindre, oui, que les millions de français qui luttent et défendent un avenir qu'ils espèrent meilleur, plus libre, plus égalitaire, plus fraternel, bref plus juste.

    Ceux-là sont bien plus à plaindre car ils s'octroient un pouvoir de jugement sous couvert d'anonymat, car l'étroitesse de leur esprit les prive d'une saine vision du monde qui les entoure, mais surtout, oui, ils sont à plaindre car ils sont condamnés à terminer leur vie avec ce satané balai profondément enfoncé dans le derrière!
    une vie bien triste pour ce pauvre balai...

    Comment dit-on déjà? coincés du cul...

    A vous, Monsieur Maïsto, et à tous les français qui voient la vie en jaune, je souhaite de belles fêtes!

    Aux autres, je leur souhaite simplement d'arrêter de vomir...

    1. Didier Maïsto - 10 janvier 2019

      Merci beaucoup pour votre message !

  18. Gueorgon - 23 décembre 2018

    Un commentateur a fait exprès de mettre Hanouna et Pétain côte à côte dans sa diatribe vulgaire, soit ! Il apprendra ici j'espère qu'être français n'a pas pour origine cette appartenance intellectuelle qu'il semblait revendiquer de même d'un Voltaire ou d'un Bergé et qui viendrait flatter l'ego de quelques uns, au détriment de l'ensemble (de la Patrie). Non, la France n'est pas révolutionnaire ! Car alors, elle n'aurait pas de frontières à défendre et n'en aurait jamais point eu. Ce qui est révolutionnaire uniquement, c'est d'avoir renié comme le font les entêtés sa plus haute identité : Elle est par le sceau unique et original Fille aînée de l'Eglise. Et autant que cette Eglise est bafouée et mise à mal par l'hérésie globale, voilà d'où viennent les grands hommes comme les vulgaires "sans-dents" ! L'histoire a laissé des gènes que personne ne saurait percevoir sans un minimum d'humilité. Joyeux Noël à tous, puisque c'est la fête de Celui qui est né sur la paille !

  19. Gilles A. - 24 décembre 2018

    Monsieur Maïsto,

    C'est la première fois depuis le début du mouvement des gilets jaunes que je lis un texte qui sonne aussi juste dans le cœur bien meurtri des gilets jaunes, comme enfin un peu de baume... Je suis fils de paysan gascon, d'une génération qui avait eu son certificat d'études à 14 ans, tout en travaillant à la ferme. Une génération de français qui pouvaient écrire à la plume une lettre à la grammaire et l'orthographe parfaites, et citer tous les chefs-lieux de préfecture de France. Un bachelier d'aujourd'hui en serait incapable. Je suis l'un de ces innombrables fils de cette génération ancrée aux durs principes de réalité. C'est tout à fait cela que votre texte fait enfin parler de la réalité de ce peuple qui a été insulté de toute part par une nouvelle génération de bien-pensants, ayant pris le relais des bourgeois d'hier...
    A la différence de cette nouvelle classe de bourgeois, les bourgeois du XIX ème siècle n'avait pas l'hypocrisie de se prétendre de gauche (avec tous ses attributs de tolérance et d'ouverture d'esprit présupposés). Cette nouvelle bourgeoisie, dont on peut admirer les contours dans certains commentaires de céans, se soumet davantage aux croyances totalitaires d'une vision "ubérisée", mondialisée et faussement humaniste du Monde. Comme le disait Robert Musil dans "l'homme sans qualité", sur la bêtise : "Il n'est pas une seule pensée importante, une seule idée, dont la bêtise ne sache aussitôt faire usage... La bêtise peut se mouvoir dans toutes les directions et prendre tous les costumes de la vérité. La vérité, elle, n'a jamais qu'un seul costume, un seul chemin : elle est toujours handicapée..."
    Cette nouvelle caste de bourgeois, nommée couramment de "bobos", pense donc détenir toutes les clés de la bienséance, du savoir et de la compréhension du Monde... Elle s'est imposée partout, telle une aristocratie auto-proclamée, depuis une trentaine d'années. Je ne reconnais même plus certaines petites villes, où des lieux autrefois populaires sont leur possession. Une caste qui adore l'onanisme intellectuel, disserte sur la liberté et la tolérance, tout en regardant avec condescendance ceux qui n'ont pas vu le dernier film d'auteur à la mode, ou lu le dernier essayiste qui fait fureur, parce-que Télérama, les Inrockuptibles, France-culture...etc. ont dit que c'était "trop génial !".
    Moi qui suis de la génération passionnée par Mitterand... Si j'avais su que j'assistais aux origines d'une nouvelle tyrannie de la pensée aujourd'hui imposée par cette nouvelle caste... Il est hallucinant de lire certains commentaires de votre article, où même le second degré n'est plus possible sous peine d'excommunication !
    Monsieur Maïsto, j'ai eu envie de pleurer à la lecture de votre article, d'autant que dans mes jeunes années de socialiste, j'ai connu cette période où il fallait que la génération de mon père devienne nécessairement "une génération de vieux cons qui comprennent rien à "Touche-pas à mon pote" "... Oubliant parfois un peu trop vite que sans cette fondation séculaire, nous ne serions rien... Juste des coquilles vides.
    Virgile : "Attachés au gouffre terrestre, nous portons au front la marque de ceux qui nous ont fait naître".
    Je terminerai, en hommage à toutes ces personnes formidables que j'ai croisé sur les ronds-points, par cet extrait de Paul Eluard : "Verdures utiles, Villes sensibles, à votre tête viendront des hommes et des femmes vrais, venus de dessous les coups, la sueur et les larmes... Pour cueillir un fruit de leurs rêves, rejeter un fardeau plus mince que la mort, et dormir de joie au bruit du Soleil..." Joli poème pour ceux qui ont choisi une couleur solaire pour réveiller la France. Grand bien à vous, et bonnes fêtes, Didier (je m'autorise cette familiarité).

    1. Didier Maïsto - 10 janvier 2019

      Merci pour votre magnifique témoignage...

  20. Alainternay - 6 janvier 2019

    Merci monsieur Maisto pour votre éditorial . Je pense que vous avez compris pourquoi ce mouvement existe et loin de toutes polémique car dans ce monde de communication tous les mots sont déformés et sortis de leur contexte pour culpabiliser cette France que vous décrivez .Meilleurs voeux

    1. Didier Maïsto - 10 janvier 2019

      C'est moi qui vous remercie du fond du coeur !

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