X-Men le commencement : et la lumière fut

LA FOX, trois petites lettres qui effraient les amateurs de comics, tant la compagnie américaine semble s’être spécialisée dans les mauvaises adaptations depuis quelques années. Après un Wolverine Origines qui avait réussi à transformer le mutant griffu en gentil chaton siamois, les fans n’attendaient plus grand-chose de cet épisode des X-Men. Pourtant, le miracle a bien eu lieu : le film est excellent ! Alléluia

En 1963, Charles Xavier et Erik Lensherr tentent de regrouper les mutants pour les protéger et leur apprendre à se battre. Ceux qui deviendront les X-men vont pourtant se heurter à un complot qui trouvera son paroxysme lors de la crise de Cuba.

L’année dernière Matthew Vaughn avait réussi à dépoussiérer les super héros avec son Kick Ass particulièrement jubilatoire. Pressenti pour adapter le troisième épisode des X-Men, il avait laissé sa place à Brett Ratner qui s’était contentée d’enterrer la franchise. Cinq après, le créateur de la trilogie, Bryan Singer, a repris la main sur la production, et nous offre avec Matthew Vaughn le meilleur épisode de la saga.

Pour y arriver, les deux hommes ont choisi de mettre les personnages de Charles Xavier et Erik Lensherr en avant, quitte à sacrifier les approfondissements pour le reste du casting. Ceux qui deviendront par la suite le professeur X et Magneto ont donc commencé leur aventure ensemble, avant d’opérer un schisme suite à une profonde divergence de philosophie. James McAvoy, continue de confirmer tout le bien que l’on peut penser de lui. Cependant, la véritable révélation du film demeure Michael Fassbender dans le rôle de Magneto. Grâce à un scénario tournant autour de son passé, il n’a plus rien à envier au personnage de Wolverine version comics.

Esprit vengeur enragé, il a échappé aux camps d’extermination nazis et se lance dans une vendetta sans concession. Dès lors, ce grand méchant en devenir, possède des origines particulières qui lui donnent une complexité rare. Manichéen dans sa première partie, X-Men le commencement devient rapidement complexe laissant de côté les traditionnels schémas. Le monumental climax d’une demi-heure surprend par sa générosité, comme si tout n’avait été construit que pour arriver à cet amer dénouement.

A côté de deux têtes d’affiches, la majorité des mutants font du remplissage tandis que les effets spéciaux sont malheureusement parfois ratés. Qu’importe ces petits défauts ne parviennent pas à ternir l’excellence de l’ensemble, qui devrait être complété par une version longue tant les scènes coupées se font parfois ressentir. Malgré ce sentiment d’un enchainement trop rapide, le scénario réussi à convaincre sur l’intégralité du long métrage, jouant habillement avec les références de l’époque. La bande originale souligne alors cette ambiance délicieusement rétro. A plusieurs reprises, l’aura de James Bond ou de Chapeau Melon et Bottes de cuir se fait ressentir avec plaisir. Il est indéniable qu’il s’agit d’une des meilleures adaptations de comics de ces dernières années.

Au final, X-Men le commencement est une franche réussite. Espérons que la Fox continuera sur cette lancée, notamment avec les films Daredevil et Quatre Fantastiques qui se préparent. Une chose est sûre, voila la saga des X-Men repartir sur d’excellentes bases : à suivre !

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© Yan Le Pon & Mathieu D.
1995-2015 à Lyon, pardon : à la Croix-Rousse. En vingt ans et sept planches, l’acculturation d’un Parisien dans l’ancien quartier des canuts – par deux auteurs du cru, Yan Le Pon & Mathieu D.
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