Une trop longue dictature

Un texte difficile et une mise en scène de Philippe Clément qui ne l'est pas moins.

Le chef règne. Vive le chef. Debout au sommet d'un monde qui touche à sa fin, le chef éructe son absolutisme forcené à des pantins d'une armée en campagne. Les bras croisés, un béret vissé sur la tête, il guide ses gaillards à travers Carthage, Athènes, Rome ou Verdun. Avec un seul mot d'ordre, une seule idée en tête : raser, piller, faire table rase du passé. Et gare à ceux qui s'opposent au sens de marche défini par le chef. La décapitation demeure l'unique sort réservé à tous les pourfendeurs du pouvoir. De son pouvoir.

Mes Gaillards est le premier texte de théâtre du romancier Alain Sevestre, primé en 2001 lors des Journées de Lyon des Auteurs de théâtre. Cette fable contemporaine sur la dictature et le pouvoir totalitaire était à l'origine un long monologue. Mais la (trop) grande difficulté du texte a conduit le metteur en scène, Philippe Clément, à faire naître quatre gaillards, sans sexe ni identité clairement définis, qui sont tour à tour chroniqueurs, historiens ou commentateurs sportifs du despote.

Les contraintes du texte ont aussi dirigé Philippe Clément vers des choix scénographiques périlleux. Les acteurs sont statiques, figés, prisonniers d'un texte aussi riche qu'exigeant. La même action, la seule de la pièce, celle qui symbolise la décapitation des pourfendeurs du chef, revient de façon implacable du début à la fin. L'effet s'essouffle, le spectateur lâche prise, emporté par l'omniprésence d'un chef souvent trop caricatural.

Mes Gaillards jusqu'au 31 mars au Théâtre de l'Iris, 331 rue Francis de Pressensé, Villeurbanne

Informations et réservation :

04 78 68 86 49

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