Peer Gynt crédits opéra de Lyon
Peer Gynt

"Peer Gynt" : retour sur le drame poétique joué à l’Opéra de Lyon

Mensonge, rêve, poésie, récit… La pièce d’Henrik Ibsen interprétée par Angélique Clairand donne un sens moderne à ce drame poètique du 18e siècle. Lyon Capitale vous raconte.

Peut-on échapper au monde ? C’est la quête de Peer Gynt, personnage du dramaturge norvégien du 19e siècle, Henrik Ibsen. L'Opéra de Lyon a confié l'interprétation de ce "drame poétique" à la metteuse en scène formée à Saint Etienne, Angélique Clairand.

Entre mensonge et rêve, Peer Gynt joue de son imagination. Depuis l’enfermement de sa chambre, il invente un univers, projection de ses fantasmes de jeune homme. Sur scène apparaissent simultanément les récits de son intérieur et ses confrontations à un monde qu’il essaye de fuir. Le spectateur observe les folies – allant du comique au dramatique – des rêves de Peer Gynt avec la même attention que son retour à la réalité.

Si on pourrait maintenant parler de phobie sociale, Ibsen donnait vie en 1866 à Peer Gynt, personnage confiné et enfermé dans sa chambre. Dans un monde entre confinements forcés et hikikomori*, le récit de Peer Gynt est étrangement moderne. L’interprétation de Angélique Clairand laisse place à cette modernité dans la mise en scène avec notamment ordinateurs et smartphones.

* se manifeste, en l'absence de schizophrénie ou de retard mental, par un mode de vie centré sur le domicile, un intérêt ou un désir nuls pour l'école ou le travail, et la persistance des symptômes depuis plus de six mois (in Le Monde).
Chœur d'enfant Peer Gynt
Peer Gynt

D’une durée de 1 heure 50, la pièce est un drame poétique qui trouve un équilibre entre opéra et théâtre. Avec des cœurs d’enfants et la musique de l’orchestre de l’Opéra de Lyon, la pièce laisse place au texte de Peer Gynt qui ne quittera jamais la scène. A partir de 10 euros – moins qu’une place de cinéma – la pièce peut être ouverte à un public large. Le texte, chanté et parlé, est en français.

Jérémy Lopez peer Gynt crédits opéra de Lyon
Jeremy Lopez

Le rôle de Peer Gynt est retombé dans les mains de Jeremy Lopez, lyonnais d’origine et sociétaire de la Comédie-Française. Formé au conservatoire de Lyon, cette pièce forme un retour pour l’acteur. Paradoxe ou rapprochement avec son personnage qui ne cherche qu’à fuir son monde ?

Si tous reconnaitront la musique – entendu dans des pubs ou des dessins animés – peu de personne remonteront à Edvard Gried et encore moins jusqu’à Henrik Ibsen.  Le dramaturge avait en effet commandé en 1876 la musique à Edvard Grieg, avec des morceaux dont "Au mati " qui font maintenant partie de la mémoire commune.

Des histoires que sa mère racontait quand il était enfant, Peer Gynt n’est jamais vraiment sorti. C’est elle – le nourrissant par la porte – qui ouvre la pièce en disant "Peer, tu mens". Sans vouloir porter les mensonges de son fils, elle ne peut les condamner. L’amour maternelle nourrit son ambiguïté, et la mère se laisse finalement elle-même bercer par les histoires de son fils. Rôle inversé d’une mère vieillissante et d’un fils forcé à être homme.

Entre mensonge et récit, la limite est peut fine. Pour l’écrivain Pascal Quignard elle ne tient en vérité qu’à un fil. Il l’écrivait dans son livre Les Ombres errantes, prix Goncourt 2002 : "le romancier est le seul menteur qui ne tait pas le fait qu’il ment."

 

Info pratique :

Pièce entre représentation jusqu’au lundi 13 juin et places disponibles sur le site de l’opéra.

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