Nuits Sonores, nuits d'errance

Le défrichage urbain auquel s'applique le festival Nuits Sonores depuis son origine conduira cette fois tout son beau monde jusqu'au Marché Gare, désormais vidé de ses commerçants. Un "espace théâtral, un lieu de débat et à fort enjeu au coeur d'un quartier de la Confluence en pleine évolution", résume Philippe Chaudoir, urbaniste, pour qui il est toutefois temps de trouver un lieu pérenne à cet événement.

Les annuelles modifications du sous-titre de Nuits Sonores, qui passe de "festival de cultures électroniques" à "electronic and indie festival", entre autres trouvailles stylistiques, prouvent bien qu'en matière de musique, rien ne sert de se figer. On trouvera toujours une étiquette mieux adaptée à l'air du temps au fur et à mesure que celui-ci s'écoule. En revanche, si les changements et les virages collent bien à la rhétorique, ils deviennent un pari de plus en plus compliqué à relever en matière de lieux de concerts. L'opération de défrichage urbain dans laquelle se lance chaque année l'association organisatrice du festival, Arty Farty, va rapidement se confronter à une pénurie de lieux suffisamment grands pour accueillir les scènes de concerts, l'un des autres défis étant de rester à tout prix un événement ancré dans la ville. "L'idée d'être des défricheurs correspond bien à la conjoncture, c'est dans l'air du temps et cela va bien avec les musiques électroniques et les cultures urbaines. Par exemple, je trouve très intéressante la réflexion portée par les projets Extra !*, qui constitue une vraie prise en compte de la ville", estime Philippe Chaudoir, urbaniste à l'Université Lyon 2 mais aussi président de Lieux publics, un Centre national de création des Arts de la rue (à Marseille). "Mais tout ça aura bientôt ses limites, les organisateurs tiennent un propos qui correspond pour le moment à leur situation qui est, il faut bien le dire, une situation d'errance. Je crois que ce serait bien qu'ils trouvent un lieu pérenne, qui ne les empêcherait pas de faire quelques excursions de temps en temps : ils ont prouvé qu'ils le méritaient amplement", poursuit Philippe Chaudoir. Ce pari du défrichage urbain avait démarré avec un premier remue-ménage mémorable à la Sucrière en 2004. Et Lyon Capitale révélait il y a quelques mois le projet, toujours dans les tuyaux, d'un club posé sur le toit de cette usine désaffectée sur les quais Rambaud, et dont la gestion serait confiée à Arty Farty. Une manière de boucler la boucle et, si cela aboutit, de mettre fin à l'errance.
* Extra ! : une série de projets transversaux et gratuits (mêlant en vrac arts plastiques, musique, pétanque, grand n'importe quoi), disséminés dans toute la ville.
Nuits Sonores. Du 20 au 24 mai.
Programmation : www.nuits-sonores.com

Notre dossier complet sur les Nuits Sonores 2009 en cliquant ici lien

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