Noires pensées mains fermes de David Mambouch

Mais pour David Mambouch, l'exercice est encore plus délicat : avec Noires pensées, mains fermes, il monte son propre texte, dont l'action est impossible à résumer et le registre difficile à qualifier. "C'est une sorte de collage entre Shakespeare, Edika de Fluide glacial et Harold Pinter...", un peu "comme si les Monty Python débarquaient dans Macbeth" tente-t-il d'expliquer. "C'est impossible à raconter" confirme sa collaboratrice artistique, Laure Giappiconi. "La narration est complètement heurtée, presque de l'ordre du cauchemar. Mais attention ! Ce n'est pas du tout un drame psychologique : on rit beaucoup !" prévient la comédienne.

La pièce s'ouvre sur un parricide : "Papa ? (un temps) Je vais te tuer. (un temps) Je vais te fracasser la tête à coups de rame" en sont les premières lignes. Elle évoque donc la question de la filiation. "Comment ça se fait qu'une existence est affiliée à une autre ? C'est très spécial cette relation de fusion et d'amour qui en même temps doit toujours rester en distance" commente David Mambouch, qui "pense sincèrement qu'il n'y a pas d'issue dans la relation père / mère / enfant ; il y en a un qui doit disparaître". Sa pièce, entre autres, met en scène ce trio impossible dans une situation de totale crise. "Il y a une dimension psychanalytique que je ne nie pas" dit David Mambouch qui assure n'avoir pas de compte à régler avec ses parents (il est par ailleurs le fils de la chorégraphe Maguy Marin). "Mais c'est beau quand le poétique l'emporte sur le psychanalytique" poursuit-il. Pour donner vie à cette poétique, la scénographe Amandine Fonfrède a travaillé sur la notion de cadres, recadrages, travellings, envers/endroit, et conçu, dans un espace volontairement dépouillé, des objets à fonctions multiples comme un bâteau/cercueil/trône ou une toile de peinture/voile de bateau/ciel. Avec ce spectacle, le théâtre Les Ateliers produit une jeune équipe artistique, pour partie sortie de l'ENSATT en 2003, et qui a déjà révélé de grandes qualités.

Noires pensées mains fermes, de et mis en scène par David Mambouch, du 11 au 31 janvier. Théâtre Les Ateliers, 5 rue Petit David, Lyon 2. 04 78 37 46 30. www.theatrelesateliers-lyon.com

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