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Musique en ligne : Facebook va-t-il entrer dans la danse ?

Après la toute récente intégration de la Vidéo à la demande (VOD), le réseau social aux 750 millions d'utilisateurs serait sur le point de lancer un service dédié à la musique. Rumeur maintes fois lancée, elle ferait l'effet d'une petite bombe dans un marché chaotique, qui n'en finit pas de se complexifier. Explications.

C'est un vieux serpent de mer qui agite la toile depuis pas mal de temps, il semblerait cette fois bien réel. Selon une source proche du dossier, relayée par Reuters, le réseau social Facebook dévoilerait lors de sa conférence f8, prévue le 22 septembre à San Francisco, le lancement de sa propre plate-forme musicale. Si les responsables du réseau social n'ont pas, pour le moment, souhaité commenter l'information, des lignes de code pour un programme de téléchargement de musique nommé "Vibes", destiné à Facebook, auraient été découvertes par un ingénieur en juillet dernier.

Le streaming plutôt que la vente

Il s'agirait donc des bases d'un service destiné, selon une source anonyme, à "tisser des liens pour les fans". Fort de ses 750 millions d'utilisateurs, Facebook pourrait bien venir jouer les troubles-fêtes sur le marché, notamment du côté d'Apple, leader de la musique en ligne, et de son réseau social spécialisé Ping. Pour ce faire, les développeurs auraient travaillé en étroite collaboration avec des sites comme Spotify, Pandora ou MOG, qui proposent de la musique en streaming. Facebook, à la différence d'Apple, ne viendrait donc pas se positionner comme un "vendeur" de titres, mais seulement comme diffuseur d'un flux musical (gratuit ou partiellement payant ), via une application dédiée.

Et l'on imagine aisément ce qui pousserait les fanas de musique à se tourner vers cette plate-forme plutôt qu'une autre. La grande particularité de Facebook – et celle qui lui cause le plus de problèmes – est qu'il est possible de fournir aux autres une quantité quasi infinie d'informations sur soi-même. Livres préférés, films cultes, mais aussi, et ce qui nous intéresse ici, groupes favoris. Un utilisateur lambda ayant renseigné tel ou tel musicien dans la section “Musique” de son profil, pourrait ainsi se voir recommander tel ou tel autre qu'un ami, aussi fan du musicien que vous venez de renseigner, aime également. A partir de là, les possibilités sont nombreuses et intéressantes pour tous ceux qui souhaitent découvrir de nouveaux artistes.

Welcome to the jungle

Mais le combat n'est pas gagné d'avance. On a beau s'appeler Facebook, le marché de la musique en ligne est un sac de nœuds inqualifiable. Les plates-formes naissent et disparaissent, dans l'anonymat général. Et d'autres géants se sont plantés avant eux : qui se souvient, par exemple, de Connect, la boutique de musique en ligne de Sony ? Le créneau est tellement bouché que même des grands noms peuvent échouer. Car toutes les plates-formes qui se font et se défont finissent toujours par rencontrer le même obstacle de taille : les majors. En ces temps de crise de l'industrie du disque, elles s'accrochent bec et ongles à leur catalogue de titres : sans leur accord, vous pouvez mettre la clé sous la porte. Remarque, même avec.

En août 2010, la plate-forme Jiwa, pourtant forte d'un soutien populaire, de contrats avec des majors et d'un chiffre d'affaires de 300 000€, est placé en liquidation judiciaire. La raison ? Un “minimum garanti” réclamé sur une période donnée par les géants du disque, pour pouvoir exploiter leur catalogue. Une somme qui s'échelonnait à l'époque entre 100 000€ pour 18 mois chez Warner et 400 000€ pour 12 mois chez Sony Music, comme le révélaient les fondateurs de Jiwa, Thierry Rueda et Jean-Marc Plueger, dans L'Express. Des “factures” un peu trop lourdes à payer pour le site, qui présentait une dette de deux millions d'euros au moment de fermer. Repris en octobre 2010 par le distributeur de services web Digitika, Jiwa a pu rouvrir ses portes en janvier 2011, avec un nouveau modèle économique. Leçon retenue.

Des conséquences de taille

Alors, oui, Jiwa ne possédait pas le chiffre d'affaires de Facebook, et le “minimum garanti” demandé par les majors devrait être une broutille à payer pour le réseau social, mais les faits sont là : se lancer dans un marché aussi opaque présente un sacré risque. Seulement, les enjeux sont trop conséquents pour ne pas tenter le coup. Si Facebook lance bel et bien sa plate-forme musicale, il créera par la même occasion une nouvelle vitrine plus que conséquente pour tout acteur du monde musical. Au vu du trafic démesuré du réseau social, une place de choix sur son service de musique générerait une publicité énorme pour tout artiste.

Mais ils n'en seraient probablement pas les seuls bénéficiaires. En effet, la plupart des partenaires supposés de Facebook cités précédemment ne sont, malgré un catalogue conséquent (plus de 11 millions de titres pour MOG, par exemple), toujours pas disponibles hors États-Unis pour des questions de licences de diffusion. Leur intégration au réseau social leur offrirait ainsi un support idéal pour s'étendre, si les solutions adéquates sont trouvées. Reste désormais à savoir quel rôle joueraient ces partenaires dans ce nouveau service.

Au regard de toutes ces composantes, on comprend aisément que l'arrivée de Facebook sur le marché de la plate-forme musicale serait tout sauf anodine. De la simple possibilité d'écouter de la musique sur son profil découle un ensemble de conséquences qui viendrait redistribuer les cartes dans ce sac de nœuds. Reste maintenant à savoir si la machine de guerre de Mark Zuckerberg parviendra à mettre tout le monde d'accord.

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