Michel Marié "Un succédané provincial"

De nombreux livres et documentaires ont déjà célébré les 40 ans de Mai 68. Qu'apporte de nouveau "Mon Mai 68" ?
Michel Marié : Mon point de départ est de montrer qu'il n'y a pas qu'à Paris qu'il s'est passé quelque chose. Ensuite, on passe aux "interviewés" de province qui répondent à des questions très basiques : vous faisiez quoi ? Qu'est-ce qui vous en reste 40 ans après ?... Pour moi, c'est une manière d'ouvrir l'album de famille. Il y a autant des interviews d'institutionnels que des anonymes rencontrés à Clermont-Ferrand, Grenoble, Saint-Etienne et Lyon. Le tout agrémenté d'archives de l'époque et des unes du Progrès et du Dauphiné Libéré. J'ai pu récupérer ces images de la télé régionale qui n'ont jamais été diffusées puisque la "Radio Télévision Française" était aussi en grève. J'ai des images rares : Berliet, les facs, les manifestations...

Quelle est la particularité de Mai 68 dans ces grandes villes de la région ?
Dans ces quatre villes, on a occupé des usines et on a manifesté. Même si à Lyon il y a eu un mort, tout le monde dit qu'à côté de Paris, c'était rien du tout ! Personne ne cherche à jouer les braves. Par ricochet, tout le monde a vécu une sorte de succédané provincial de ce qui s'est passé à Paris. Par exemple, à Lyon, tous les mouvements politiques (les maos, trotskystes et anarchistes) existaient mais à une très petite échelle. Les discussions étaient bien présentes, plus dans les cafés que dans les facs occupées.

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