Meurs un autre jour

Et que tant qu'il n'y a pas d'hommage chez Jean-Pierre Foucault (ou Michel Drucker) c'est que les signes vitaux sont toujours en fonction. Il est vrai qu'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Dans les années 90, on annonça Etienne Daho mort du Sida ; en réponse, il sortit le maxi Reserection. Quand ce fut le tour d'Isabelle Adjani, elle vint montrer en direct au 20 h que non, elle n'avait pas " touché le fond de la piscine ". Même le rappeur belge Benny B. fut enterré prématurément par la rumeur, mais il n'en tira fort heureusement ni disque ni invitation au 20h. Dernièrement, on a appris coup sur coup le faux décès de Philippe Manœuvre (mort uniquement sur Wikipédia, preuve que le décès peut être une affaire 100 % virtuelle) et de Pascal Sevran (décédé pour de bon depuis). Dans le même temps LCI illustrait la mort d'Aimé Césaire par une nécrologie... d'Yves Saint-Laurent. Dans le cas de Philou Manœuvre, il s'agissait d'une mauvaise blague d'internautes fâchés (Philou n'aime pas internet, bouh le vieux réac'). Dans celui de Saint-Laurent, d'un improbable échange de cassettes : c'est que dans les médias, on enterre les personnalités avant leur mort par pur pragmatisme. Une tache étrange sur la joue, un âge qui vire canonique et on rédige à l'avance votre nécro. Au cas où. Celle du pape par exemple est généralement au-dessus de la pile. Dans l'affaire Sevran, que l'on doit à un Elkabbach qui aurait mieux fait de suivre le conseil de Georges Marchais (" taisez-vous Elkabbach "), l'ironie est assez belle : à la télévision déjà, l'animateur-chanteur-auteur était symboliquement mort deux fois. Une première fois, La Chance aux Chansons avait été supprimée par France 2, jugée trop ringarde ( !) par la direction de la chaîne. Mais devant les courriers enflammés des pensionnaires de maisons de retraite et du syndicat des accordéonistes, la chaîne s'était vue contrainte de la reprogrammer sous le titre un poil provocateur Chanter la Vie. Avant de la re-supprimer, avec un temps de retard, suite à la sale affaire dite de la " bite des noirs ". Comme avec ses émissions, où il chantait aussi sa vie à lui, la presse vient donc de déprogrammer deux fois Pascal Sevran. La deuxième fut la bonne, avec enterrement du dimanche chez Drucker. Quant à Hervé Vilard, pour lui Capri n'est pas encore fini. Tiens bon, Hervé.

Kevin Muscat

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