Mai 68 : Nadine Gelas raconte

20 ans en 1968

"Je préparais l'agrégation de lettre moderne. Autant dire que je n'avais pas du tout la contestation à la bouche. On se levait encore dans les amphis pour l'entrée des grands professeurs. J'ai passé l'écrit en avril. Mais l'oral a été repoussé en octobre. A partir de mai, pour un certain nombre d'entre nous, nous avons arrêté de préparer le concours. Nous avons fait autre chose. Moi, j'observais plus que je ne participais au mouvement. C'était de la curiosité. Je découvrais tous ces courants politiques : les Maos, les trotskistes... il y avait aussi les marginaux qui occupaient la fac. On les appelaient les "trimards" ou "katangais". Je regardais ça avec stupéfaction et en même temps fascination. Mai 68 a surtout été pour moi une prise de conscience. Je me suis alors intéressé aux courants intellectuels qui n'étaient pas la norme dans l'université (Barthes, Lacan, Sollers,...)".

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