Lyon 2013 : " Quel que soit le résultat, on va garder l'essentiel du dossier "

Face à ses deux principaux challengers, Bordeaux et Marseille qui ont beaucoup fait parler d'elles, Lyon fait figure d'outsider, Toulouse restant en queue de peloton depuis le début de la course. Seule ville PS dans ce dernier carré, Lyon n'a bénéficié par ailleurs d'aucune faveur des médias nationaux. Dans pareille configuration, si la ville ne remporte pas le titre, que restera-t-il de l'avenir radieux prévu dans le dossier de candidature, pour la ville et ses habitants ? Georges Képénékian, adjoint chargé de la culture, donne les premiers éléments de réponse dans un entretien à paraître vendredi dans le Hors-Série Culture de Lyon Capitale. Nous en publions quelques extraits en avant-première pour nos internautes.

Lyon Capitale : Si Lyon ne remporte pas le titre, que restera-t-il des propositions que la candidature contient ?
Georges Képénékian : On va garder l'essentiel du dossier. Ce projet n'est pas une super production hollywoodienne pour une année phare. Il ne s'agit pas de rafler le gros lot grâce à des produits dérivés et du tapage médiatique. La culture ne se résume pas à avoir une connaissance infinie en peinture ou en cinéma, c'est aussi une façon de mieux vivre ensemble. Il y a des gens qui parlent mal le Français et qui ont une grande culture, ou des pratiques culturelles propres. Et l'objectif principal, c'est donc ça : l'interculturalité.
Dans l'autocritique que le jury vous a demandée de faire, vous notez entre autres points faibles une certaine " réserve " lyonnaise dans cette candidature. Je cite : " l'envie d'avoir le titre... mais ne pas le montrer ! "
Oui car c'est une des caractéristiques de la ville. On voit bien que l'on ne s'est pas comporté comme Marseille ou bien comme Bordeaux. D'abord Marseille a joué le lobbying médiatique, en choisissant Bernard Latarget [administrateur de Radio France, NDLR] pour être le directeur de sa candidature. Bordeaux, pour sa part, a pratiqué un lobbying politique très fort depuis quelques mois. Toulouse fait, elle, une conférence de presse à Paris la veille de la visite du jury dans sa ville. Bon. Ce sont des façons de faire que nous n'avons pas choisies. On veut se présenter comme une ville responsable.
Entre le dossier de candidature qui a permis à Lyon de passer le premier tour, et celui sur lequel le jury va finalement trancher, le budget prévisionnel pour l'année 2013 est passé de 80 millions d'euros à 70 millions d'euros. Marseille, en face, annonce 100 millions d'euros. Lyon ne risque-t-elle pas d'apparaître plus timorée ?
La révision du budget s'explique simplement : la vie n'est pas très rose depuis quelques temps pour les gens, et je ne suis pas sûr que les lyonnais comprendraient que l'on mette autant d'argent public dans ces projets, alors que la conjoncture n'est pas au beau fixe. Cela me semble plus correct. Il faut comprendre aussi que, si l'on gagne, tout ce que l'on a annoncé, on va le faire. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas pour Marseille. Lyon consacrera même une partie du budget au monitoring, c'est-à-dire à l'évaluation de la bonne réalisation de tous les projets, et dans les délais. Mais nous ne sommes pas plus timorés ! L'audace de la candidature reste la même.
Le projet 2013 parle d'événements déjà bien assis comme les Biennales d'art contemporain et de la danse mais, si Lyon n'est pas choisie, qu'en sera-t-il de ceux qui sont tout à fait nouveaux, comme le festival Pictures sur les arts numériques, l'exposition sur les 25 ans de la techno dont Laurent Garnier serait le commissaire, les événements dans les transports en commun, sur les marchés ?
Franchement, je ne peux pas vous dire aujourd'hui si on fera 75 %, 80 % ou 100 % de tous ces projets si on n'obtient pas le label.
Mais le festival des fleuves et celui du cinéma étaient pourtant annoncés dans le programme de Gérard Collomb.
Oui, et ceux-là auront lieu, ils sont quasiment engagés. Mais ce n'est pas l'événement lui-même qui peut être remis en question en cas de victoire ou non, c'est son ampleur. Si on n'a pas les moyens de répondre à l'ambition d'un événement, il vaut mieux ne pas le faire ou bien le repousser d'un an.
Est-ce que le diagnostic réalisé sur la culture à l'occasion de l'élaboration du dossier a permis de trouver des réponses à la question de son financement ?
Oui, car il a permis de lancer un mouvement fédératif. Une sorte de collectif, nouveau à Lyon, est désormais formé par les acteurs culturels, les responsables des collectivités territoriales et différents acteurs économiques privés. Dans les années 80, on a dit : " la santé n'a pas de prix... mais elle a un coût ". Et cette phrase terrible s'applique à la culture. L'Etat lui retire son soutien financier, et cela veut aussi dire que la vision centralisatrice, c'est-à-dire du haut qui pense ce qui serait bon pour les gens de la base, a vécu. Et si on admet que la culture est un élément déterminant pour une société en particulier urbaine, il va falloir trouver de nouvelles formes de financement, (...) et trouver des mécènes, au sens large du terme.
Une interview à retrouver en intégralité dans le hors-série Culture de Lyon Capitale, en kiosque dès demain, vendredi 5 septembre.

Photo : Nicolas Fouilland

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