Les Prêtres méritent-ils notre bénédiction ?

Ces trois curés sont les nouvelles stars des hits parade. Mais c'est pas parce qu'on leur donnerait le bon Dieu sans confession qu'il faut acheter leur disque.

On se souvient (ou pas) d'une époque où une bande de jeunes gandins propres sur eux avait le vent en poupe sous le nom de Glorious, héraut de la pop catho. Même que ces lyonnais étaient des genres de Beatles, plutôt Ringogol Starr que John Lennon, qui rendaient grave adeptes les premières communiantes à coups d'Alleluia swinguant comme du Laurent Voulzy en pèlerinage à Lourdes : « Et les apôtres chantaient, et les apôtres chantaient, ce truc qui colle encore au coeur et au corps (du Christ) ». On exagère à peine. N'empêche que la fratrie faisait les beaux jours des feux de camps charismatiques avec leurs pop songs sucrées à la gloire du Créateur. Et puis la mode, relative, est passée, plus vite que la main d'un 2be3 dans ses cheveux fixation extrême. Et si les ouailles chantantes et les boy-scouts ne suffisent plus, alors on nous sort directement les rock band de curés. Pas le genre Judas Priest, non pas vraiment. Du vrai prêtre amidonné à mèche, mais un peu mignon, chargé de redorer l'image de la Sainte Eglise, fortement mise à mal par quelques affaires de touche-pipi guère enclines à remplir le panier de la (qué)quête.

Mon Curé à la Starac'

Pour le nom du groupe on fait simple : aussi simple que les Beach Boys étaient un groupe de plagistes, les prêtres s'appellent les Prêtres. Trois curés au bel organe venus de Gap qui poussent la chansonnette au plus haut des Cieux et des Charts, quand tous les Directeurs Artistiques de la Planète auraient conclu au crash en flammes (mais quand votre Directeur Artistique c'est Dieu, eh ben c'est pas pareil). Qui a envie d'écouter des curés chanter quand on nous abreuve tous les jours que Dieu fait de niaiseries variétoches à la crétinerie quasi évangélique ? Tout le monde car, bénédiction, miracle, ça marche, les Prêtres convertissent le grand public à leur mélange savant de variété et de liturgie calibrée pour le prime time, quelque chose comme Mon Curé à la Starac'. Et les voilà qui occupent le terrain nos Curés, de plateaux de télévision en salles combles, alors que les gens vont à la messe : pour se faire pardonner un truc, alors même qu'une étude vient de montrer seulement 36 % des Français croyaient en Dieu, que les . Oui, mais si tous achètent le disque ? s'est dit le Vatican, obligé de revendre ses hermines pour combler les problèmes de trésorerie, ne reculant devant rien. Même pas le blasphème consistant à reprendre Mon Vieux, le chef d'oeuvre de Danien Guichard (ça on ne vous le pardonnera jamais les mecs). Pour l'Eglise, les Prêtres c'est le Salut. Le Paradis perçu comme à la lumière aveuglante d'un plateau de télévision un samedi soir. Au bout du tunnel Michel Drucker, rutilant avec son micro et sa tête d'immortel. Et pour certains, les autres, les allergiques, une certaine idée de l'enfer. Amen.

Les Prêtres – Spiritus Dei (TF1 Musique)

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