Les Lumières de la ville

Agé de presque 105 ans, le cinéma méritait bien un festival à la hauteur de sa jeune mais prolifique histoire. Dans la lignée de sa mission de conservation et de diffusion des œuvres cinématographiques, l’Institut Lumière pilote la première édition de Lumière 2009.

Remettre au goût du jour le cinéma d’hier pour le public d’aujourd’hui. Prouver que bien restauré, celui-ci n’a pas pris une ride. Donner l’envie aux spectateurs de redécouvrir un film 100 fois diffusé à la télévision sur écran géant avec le plaisir d’une première fois. Voilà le pari difficile proposé par l’Institut Lumière et son directeur Thierry Frémaux, également délégué général du Festival de Cannes. Gérard Collomb l’avait promis dès son premier mandat. C’est finalement le Grand Lyon à hauteur d’un million d’euros qui finance le gros de l’opération. L’affiche se devait donc d’être prestigieuse pour faire de l’événement une réussite et attirer un large public. Pour l’occasion, Thierry Frémaux sort de sa manche un parrain de luxe en la personne de Clint Eastwood.

Il profite de l’occasion pour lui remettre un Prix Lumière pour l’ensemble de son œuvre d’acteur et de réalisateur. En février dernier, ce même Thierry Frémaux, pas avare en récompenses avait déjà accordé une palme d’or honorifique à un Clint déçu de ne jamais avoir remporté le trophée tant convoité. Une distinction exceptionnelle attribuée en dehors des dates du festival cannois, sans aucun jury, et que seul Bergman avait reçu avant lui. Se pose alors la question de la double casquette de Thierry Frémaux. Ses liens avec le Festival de Cannes ont-ils influé sur la manifestation lyonnaise ? L’une étant tournée vers la compétition, les avant-premières et les paillettes, l’autre sur le patrimoine, la restauration de copies et les rétrospectives. Mais il est clair que Lumière 2009 est en lien direct avec la mission quotidienne de l’Institut Lumière, à savoir, mettre un petit coup de plumeau sur quelques perles cinématographiques. Parmi les pépites, il faudra compter sur un hommage à Sergio Leone et Don Siegel, deux réalisateurs cultes qui ont dirigé le parrain de l’édition.

Également au programme, l’œuvre du Sud-coréen Shin Sang-ok, une sélection de films noirs préparée par Eddie Muller (Fondateur et Président de la Film Noir Foundation) et Philippe Garnier (Spécialiste du rock et du cinéma américain, ancien journaliste à Libération), du cinéma muet sublimé par l’Orchestre national de Lyon ou par la guitare électrique d’Olivier Mellano… Soit au total une centaine de films présentés sur six jours par différents acteurs du petit monde du 7e art dans une trentaine de salles du Grand Lyon et une quinzaine de lieux associés, de la Halle Tony Garnier à la maison d’arrêt de Corbas. À l’heure actuelle, à trois semaines de la manifestation, les noms des “différents acteurs du petit monde du 7e art”, n’ont toujours pas été communiqués.

Lumière 2009. Du 13 au 18 octobre un peu partout dans le Grand Lyon.
www.lumiere2009.org

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