Le Mâle Froncé

Pour beaucoup de cinéphiles (du net notamment), cela a suffi à faire de lui le plus mauvais acteur français. C'est injuste car c'est oublier qu'il a contribué, comme l'Américain Charlie Sheen, aujourd'hui grand acteur comique (Spin City, Mon Oncle Charlie), à placer au centre du jeu d'acteur, un attribut trop souvent négligé : le sourcil. La carrière de Charlie Sheen, tous les sheenophiles le savent, s'est construite sur le mode sourcillo-facial du froncé/défroncé. Le Bihan, lui, a élevé le sourcil au rang de fétiche, allant jusqu'à construire par ce seul moyen ses personnages de ténébreux viril (son grand classique avec le benêt). L'affiche américaine du Pacte des Loups le montre bien : on n'y voit que les sourcils, sur-circonflexes, de Le Bihan. Dans Total Western d'Eric Rochant, sa plus belle performance (ah, cette scène de torture les bras en croix sur une table rustique), toute la rudesse de son personnage s'ancre dans la barre hirsute qui assombrit son regard. Dans l'inoubliable La Mentale, il se colle carrément deux scotch brite sur le front, et hop, il est Dris, petite frappe monolithique. Dans Frontières, ne pouvant surenchérir, il choisit pour incarner un néo-nazi cannibale ( !) de placer ses sourcils sous son nez. Mais c'est pour mieux appâter ses victimes car, en spécialiste, Le Bihan sait, comme le disait la grand-mère dans En compagnie des Loups de Neil Jordan, qu'il ne faut "jamais faire confiance à un homme dont les sourcils se rejoignent". Alors que la moustache...

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