Chloé Verlhac et François Forcadell ont débattu au théâtre de la Croix-Rousse.

Le dessin de presse en débat à la Croix-Rousse

Des dessinateurs étaient conviés, jeudi 6 juin, au théâtre de la Croix-Rousse pour débattre autour du dessin de presse. L’occasion de parler des problèmes économiques qu’ils peuvent rencontrer et de leur image auprès du grand public depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Il n’y a pas que la bande dessinée mise à l’honneur à Lyon. À l’initiative du dessinateur lyonnais Lacombe, la mairie du 4e arrondissement a organisé pour la deuxième année consécutive des Rencontres du dessin de presse, du 3 au 28 juin.

Dans ce cadre, était programmé, en partenariat avec Lyon Capitale, jeudi 6 juin au théâtre de la Croix-Rousse une conférence sur le dessin de presse dans un quotidien ou un magazine d’actualité. Étaient notamment présents François Forcadell, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, et Chloé Verlhac, marraine des États généraux du dessin de presse et femme de Tignous, dessinateur de Charlie Hebdo assassiné lors des attentats en 2015.

“Les dessinateurs de presse ne sont pas des héros”

Après avoir discuté des problèmes financiers rencontrés par les dessinateurs, “qui ont du mal à publier dans des journaux qui se vendent de moins en moins”, d’après François Forcadell, le débat a rapidement tourné autour de l’image des dessinateurs, qui a bien changé après le 7 janvier 2015.

Tous les dessinateurs de presse devant le théâtre de la Croix-Rousse.

Régulièrement, l’émotion s’est fait ressentir jusque dans le public. “2015 a quand même été une vraie rupture, tellement soudaine et tellement injuste…”, a avoué François Forcadell, les larmes aux yeux. Chloé Verlhac a quant à elle pesté contre “ceux qui ont élevé les dessinateurs de presse au rang de fer de lance de la liberté”. “C’est stupide, a-t-elle lancé. Avant les événements, il y avait un désamour envers le dessin de presse.

Et François Forcadell de compléter : “Les dessinateurs ne sont pas des héros de la démocratie mais des citoyens comme les autres. C’est la qualité de leur travail qui fait qu’ils existent.

Autodérision et dessin en direct

Si les débats étaient sérieux, les dessinateurs n’ont pas manqué à leur réputation de trublions. De Willem (Hara-Kiri, Siné mensuel, Charlie Hebdo) à Lara (Le Canard enchaîné) en passant par Camille Besse (Causette, Marianne, L’Humanité dimanche), une dizaine de dessinateurs de presse étaient présents sur la scène. Ils ont commenté, en dessin et en direct, ce qui était dit pendant le débat, toujours dans l’autodérision et le fond.

La bande s’est ensuite retrouvée autour d’un bon repas Aux Gogniols à la Croix-Rousse.


Vous pourrez retrouver ces dessinateurs samedi 8 juin à 11h à la mairie du 4e, pour une séance de dédicaces et, pour certains d’entre eux, à 15h au palais du Commerce (Bourse) pour une rencontre sur “le dessin de presse entre Etats-Unis et France”, avec du côté US Steve et Luke McGarry.

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