LE BALLET DANSE DUBOC

Il est 17h30 au 11e étage de l'Opéra de Lyon. Dans la salle de répétition, une grappe de danseurs est massée autour d'Odile Duboc, attentifs aux dernières consignes de la chorégraphe avant le filage – répétition du spectacle dans son intégralité. Ici, des claquements de doigt. Là, des pas de côté comme sortis d'un hiéroglyphe. Le spectacle Danses Denses s'annonce rythmé, poétique, carré. Avec cette création, la chorégraphe du célèbre Projet de la matière, créé en 1993, collabore pour la première fois avec le ballet de l'Opéra de Lyon. " C'est une belle équipe de danseurs. Ils ont une disponibilité musicale qui nous a permis d'avancer vite ", confie Odile Duboc. " Mais travailler avec des danseurs qu'on ne connaît pas, c'est compliqué ". Depuis 25 ans, elle construit son univers essentiellement avec Contre Jour, la compagnie qu'elle a fondée. Mêlant des influences classiques, jazz et contemporaine, sa danse est aérienne, fluide et expérimentale. Elle marque l'histoire de la danse contemporaine au début des années 90 en introduisant des matériaux inutilisés jusqu'alors : matelas d'eau, coussin d'air ou masse molle. Mais aussi par la place prépondérante qu'elle accorde à la lumière dans ses chorégraphies. Autour de cette expérience sensorielle, elle développe une réflexion sur les 4 éléments primordiaux. Les accessoires ont ici disparu, mais l'eau, le feu, l'air et la terre imprègnent les corps des danseurs de l'Opéra. " On a beaucoup travaillé autour de l'eau et du sentiment de liquidité à travers des improvisations. Mais aussi l'air et le sol. Elle a un univers naturel. Presque bio ", souligne Kevin Quinaou, permanent du ballet. " Elle transmet comme une zenitude, c'est très agréable ", conclue t-il. Et son confrère Benoit Caussé d'ajouter :
" Il faut aussi être bien attentif aux autres. Regarder ce qui se passe tout autour. La conscience de l'autre, c'est très important dans son travail ". La danse d'Odile Duboc reflète un état d'esprit acquis au cours d'ateliers consacrés à l'écoute du corps et de l'autre. " Chacun observe son propre mouvement et sa sensibilité. Tout en cherchant à être en accord avec le reste du groupe. Je demande aux danseurs de s'investir ", insiste t-elle. Loin du cliché du maître de danse tyrannique qui recadre à coup de bâton, Odile Duboc est une femme à l'écoute, sensible, naturelle. Danses Denses est à son image.

Créations d'Odile Duboc et Pierre Droulers. Du 19 au 23 juin au TNP
8 place Lazare-Goujon
Villeurbanne - 04 78 03 30 00
www.tnp-villeurbanne.com

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