Izia, "Fille de” mais pas que...

À seulement 18 ans, la jeune rockeuse Izia fait un tabac avec son premier album de rock énervé. Normal, diront certains, au vu d’un patrimoine génétique et d’antécédents familiaux à faire pâlir Jeannot Sarkozy. Alors “fille de”, Izia ?

Oui, Izia est la fille d’un chanteur célèbre.

Izia a sorti son premier album à 18 ans. 18, c’est aussi le nombre de disques sortis depuis les années 60 par Jacques Higelin, chanteur un peu maboul qui, aujourd’hui, serait un peu le pendant masculin de Brigitte Fontaine, si une telle chose était possible. Jacques Higelin qui n’est autre que le père d’Izia. On dit que ça sert, d’être fils ou fille de. À n’en pas douter, à la voir sur scène, on se dit qu’Higelin, jadis rocker lui aussi et grand rebelle devant l’éternel, lui a transmis une bonne part de son amour du rock. Mais d’après la jeune fille, Papa Jacques lui aurait surtout appris à sécher l’école et à faire la folle.

Non, elle est aussi une “sœur de”.

Ou plutôt une demie, celle d’Arthur H, lui aussi rejeton musicien du grand Jacques. Mais là où Arthur n’a gardé de sa filiation que l’initiale de son nom (façon Adèle H, fille de Victor Hugo), Izia a carrément choisi la suppression complète du patronyme. Mieux, affirmant au maximum son identité et son envie de se faire un prénom, son premier album est éponyme, sobrement intitulé Izia. Izia par Izia, donc, et personne d’autre.
Non, Izia est surtout la fille spirituelle d’Iggy Pop et de Janis Joplin.

Contrairement à nombre d’autres “fils-filles de” (Thomas Dutronc, Jeff Buckley, Julian Lennon, Jakob Dylan…), lorsqu’on écoute l’album d’Izia, il est difficile sinon impossible d’y déceler la moindre influence paternelle. En réalité, la parentèle rock d’Izia est plutôt à chercher du côté du rock rageur et reptilien d’un Iggy Pop (avec qui elle a d’ailleurs chanté) et des éructations éthyliques de la furie Janis Joplin. Crade, hurlant, furieusement 70’s, l’album d’Izia est un testament rock qui n’a rien à voir avec les fils à papa de la variété française. Faisant preuve d’une maturité, d’une témérité et d’une puissance vocale Izia mériterait d’office un siège à l’EPAD.

Izia. Le 2 décembre au Kao.

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