Gad Elmaleh plus Coco que nature ?

Coco, juif marocain qui a fait fortune dans " l'eau frétillante ", tout en frime et en apparence, prend comme prétexte la bar-mitsva de son fils pour organiser la fête ultime. Rencontre, entre deux vannes, avec le réalisateur qui, quand il ne soutient pas le bouclier fiscal à 50 %, fait son show en conférence de presse.

Lyon Capitale : 15 millions d'euros pour un premier film, ça doit forcément mettre un peu la pression...
Gad Elmaleh : Mais t'y es malade (avec l'accent) ! 15 millions d'euros, c'est rien ? C'est une bonne soirée ! (rires) Non, mais bien sûr que c'est énorme pour un premier film. Mais je ne pense pas que ce soit un gage de qualité. Certains metteurs en scène sont étouffés par l'argent. Mais pour Coco, on en avait besoin. Je devais montrer les choses. Quand je parle d'un énorme bateau dans mon spectacle, là, il faut le voir, il faut sortir le chéquier. Et effectivement, ça te met la pression. Chaque journée, chaque plan coûte de l'argent, tu ne peux pas faire n'importe quoi.
LC : On sort un peu frustré du film, beaucoup de trames parallèles semblent laissées en suspens...
GE : On a tourné beaucoup de choses et ces histoires existent, elles ont été tournées. Mais à un moment donné tu te retrouves au montage avec beaucoup d'éléments et tu te dis qu'il faut recentrer sur le récit. Parfois, avec la monteuse et le producteur, il y a eu des débats, des scènes que je voulais garder. Mais en fait, je suis d'accord avec vous, ça peut nous manquer. Je m'en rends compte moi aussi. J'ai presque envie de les remettre (rires)... Mais en même temps, c'est au profit de l'histoire, du chemin d'un homme.
LC : Le personnage de Coco n'est-il pas trop caricatural pour être crédible ?
GE : C'est quelqu'un qui existe et qui a marqué mon enfance. Si vous le rencontrez, vous penserez que le mec est une caricature de Coco dans le film. C'est un gars qui, sur une plage du Maroc, le jour de ses cinquante ans, a loué des grues pour pouvoir s'élever tel Jésus alors que tout le monde chantait " joyeux anniversaire ". Je ne l'ai pas inventé, je l'ai vu !
LC : Il y a un peu de vous également dans ce personnage ?
GE : Je me suis servi de choses que j'ai connues. Je n'ai pas autant d'argent et je ne suis pas aussi fou que Coco, mais j'ai la notoriété et j'ai failli péter un câble. Mes parents m'ont rappelé à l'ordre et j'ai des amis d'enfance qui m'ont charrié quand j'ai commencé à faire des télés et que je prenais un air un peu trop sérieux. Ils m'ont toujours remis en place quand il fallait.
LC : Vous vous êtes imposé certaines limites pendant l'écriture du scénario ?
GE : En euros ? (rires) Moi, ce que je joue sert le personnage. Ce n'est pas ce qu'on joue qui importe, c'est ce qu'on trimballe comme message. C'est comme les blagues. Il y a des blague sur les Juifs qui sont antisémites et d'autres qui ne le sont pas. Il y a des blagues sur les Arabes qui sont racistes et d'autres qui ne le sont pas. C'est ce qui est dit qui est important.
LC : Vous prenez autant de plaisir au cinéma que dans vos spectacles ?
GE : On atteint rarement le même plaisir au cinéma. La scène, c'est immédiat, c'est physique, c'est organique, c'est transpiratoire, c'est salivaire... Mettre en scène ce film, c'est parti d'une envie d'acteur, d'une envie d'être libre devant une caméra. Mais jamais je n'atteindrai le plaisir d'être sur scène, c'est impossible, c'est trop fort.

Date de sortie : 18 Mars 2009
Réalisé par Gad Elmaleh
Avec Gad Elmaleh, Pascale Arbillot, Manu Payet...
Film français. Genre : Comédie Durée : 1h 35min.
Distribué par StudioCanal

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut