Funny Games

Moralisateur, le réalisateur Autrichien entend dénoncer une certaine banalisation de la violence et la fascination que celle-ci exerce sur le public à travers les médias. Dans ce film, il nous conte l'histoire d'une paisible famille allemande résolu à se ressourcer lors de vacances bien méritées, prise à partie par deux jeunes plutôt polis, bien décidés à torturer joyeusement tout ce petit monde. Etrange paradoxe donc : pour arriver à ses fins et dénoncer cette violence qu'il exècre, Haneke l'amplifie, la rendant gratuite, froide et déraisonnée. Le réalisateur préférant la suggestion à l'hémoglobine, le film n'en est pas moins oppressant, au point de devenir quasi insupportable pour les plus sensibles d'entre nous. Mais, sitôt la polémique retombée, le film échappe à son créateur et devient culte pour les amateurs de sensations fortes, ce même public qu'Haneke pointait de son doigt inquisiteur. Loin de se décourager, 11 ans plus tard, Michael Haneke retente sa chance. Frustré par le manque d'intérêt que son film avait suscité Outre-manche, il est de retour, réalisant son propre remake pour enfin convaincre ce public américain si friand d'ultra violence. Il revient alors avec un casting 100 % anglophone mais reprend, plan par plan, le film original. A Haneke de se justifier en expliquant que son film est, aujourd'hui plus que jamais, d'actualité avec l'omniprésence de la téléréalité. Une excuse bien fade pour un film qui, une décennie plus tard, ne dénonce plus grand-chose. Juste une nouvelle occasion pour ceux qui seraient passés à côté, d'apprécier une œuvre singulièrement terrifiante qui pourrait une nouvelle fois passer pour une apologie de la violence plutôt que son contraire.

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