Des gifles pour des Caresses

Un conflit à la fois physique et verbal, né d'une histoire passée qui appartient au couple et qui n'est pas évoquée sur scène. Cette absence d'exposition de la situation et des personnages est au coeur du théâtre de la catastrophe dont Caresses, oeuvre du dramaturge catalan Sergi Belbel, se fait l'écho. Nous entrons directement dans le vif du sujet, entre des personnages qui n'ont plus d'intimité véritable.
Dans une construction (dix scènes et un épilogue) qui reproduit celle de La Ronde d'Arthur Schnitzler, le metteur en scène Christian Taponard traverse des petites histoires et construit une grande histoire dramatique qui montre la difficulté voire l'impossibilité de la relation à l'autre. Les situations sont poussées à leur paroxysme, dans les gestes et dans les mots. De cet excès naît la dimension burlesque de Caresses. Les personnages s'ébattent, se battent sans débattre sous le regard de voyeurs anonymes. Les corps sont tendus, à la recherche de la moindre caresse qu'ils obtiendraient s'ils acceptaient de renoncer à l'affrontement.
La promiscuité et les couleurs des quartiers de Barcelone fascinent, le spectateur devient voyeur, partagé entre la matérialité brute, radicale et l'intériorité sensible d'une interprétation sans faille. A défaut de Caresses, les gifles sont si belles qu'elles en deviennent exquises.

Jusqu'au 17 mars au Théâtre des Célestins, Lyon 2e. 04 72 77 40 00.

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