César du meilleur désespoir : le cinéma indépendant

Un geste symbolique sans réelle incidence sur le public, qui avait essentiellement pour vocation d'alarmer les politiques et la presse sur les difficultés du secteur. Colette Périnet, Présidente du GRAC (Groupement Régional d'Actions Cinématographiques), attire notre attention sur l'actuelle « remise en cause de l'intervention publique avec, comme prétexte pour les grands groupes, la concurrence déloyale que constitueraient les subventions que reçoivent ces établissements pour s'installer, s'agrandir ». Le cinéma Comœdia est aujourd'hui victime de ces attaques juridiques. Elles visent à la fois la subvention accordée pour sa remise en état par le CNC (Centre National de la Cinématographie) et l'appellation même du lieu qui serait la propriété du groupe UGC. Mais pour Colette Périnet, la pression peut-être encore plus sournoise. Elle serait « de plus en plus forte sur les distributeurs de films indépendants pour priver les exploitants situés en périphérie ou bien dans les zones rurales de l'accès rapide aux films porteurs Art et Essai » et cela, au profit des multiplexes désireux de conquérir de nouveaux publics, familiers de ces salles de proximité. De plus, l'arrivée de la diffusion numérique et l'investissement matériel qu'elle nécessite, pénalisent économiquement les petites exploitations dans un contexte rendu encore bien plus difficile par le désengagement plus ou moins annoncé de l'Etat en matière d'action culturelle cinématographique.

La Région à la rescousse ?
Dans une lettre adressée à Madame Albanel, Ministre de la culture et de la communication datée de 4 février dernier, le président de la Région Rhône-Alpes, Député du Rhône Jean-Jack Queyranne, demandait « quelles mesures le gouvernement entendait prendre pour sauvegarder le réseau cinéma art et essai et les salles indépendantes ». Devant l'inertie étatique, il s'engage personnellement et propose sept mesures pour rééquilibrer les débats. Il désire mobiliser les élus des collectivités et les parlementaires. Interpeller la directrice du CNC et les ministres de la Culture et des Finances. Rénover les salles de cinémas avec ou sans le soutien du CNC. Accompagner le passage au numérique des cinémas indépendants. Renouveler l'exonération de la taxe professionnelle en faveur des cinémas d'art et d'essai. Créer une grande instance régionale de veille et de proposition avec l'ensemble des représentants de la filière cinéma. Et exiger du Président de la République un Grenelle, c'est à la mode, de l'Image et du son. Un programme ambitieux pour Queyranne qui souligne l'importance de « la création cinématographique, l'accès à tous à la diversité des images et des idées. Pour cela, la présence des cinémas indépendants et de proximité est vitale ! Il nous faut un paysage cinématographique équilibré. Une exploitation diversifiée est la condition de la démocratie ».

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