Biennale de la danse : la féminité selon Kaori Ito

Parmi les nombreux chorégraphes jamais venus à Lyon que la Biennale de la danse nous propose de découvrir, figure une prodige japonaise de 31 ans : Kaori Ito.

Très tôt formée à l’école pure et dure de la danse classique japonaise, Kaori Ito prend le virage du contemporain à 17 ans, lorsqu’elle découvre le butô et Pina Bausch. S’ensuit un parcours un peu fou et qui va très vite, entre New York chez Alvin Ailey et l’Europe où elle se retrouve à danser pour Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, James Thierrée, Alain Platel et Sidi Larbi Cherkaoui. Que du lourd ! Petit à petit, elle commence à chorégraphier, retourne au Japon et crée plusieurs spectacles, dont Noctiluque, conçu comme un clin d’œil à son enfance et aux gentils monstres du folklore japonais.

Solos, la pièce qu’elle présente à Lyon, est un spectacle dans lequel elle interprète, au travers de quatre femmes, l’univers psychologique d’une seule. Après avoir incarné les idéaux féminins de nombreux chorégraphes hommes, Kaori Ito a éprouvé le désir d’incarner sa propre vision de la féminité, pétrie cette fois-ci de ses racines japonaises.

Pour y parvenir, elle s’est inspirée de portraits de femmes : “Louise Brooks, dit-elle, pour son rapport à la séduction presque extrême à son époque, et sa façon d’utiliser l’homme et de se savoir aussi utilisée par l’homme. Pour moi, c’est très européen. Ensuite, j’ai pensé à une femme “domestique”, comme peut l’être l’épouse de Takeshi Kitano [cinéaste et acteur japonais, NdlR]. Dans son autobiographie, il explique que sa femme garde son salaire, qu’elle lui donne des sous chaque mois, et que donc, s’il veut s’acheter une Porsche, il ne peut le faire sans elle. Il y a un côté très bizarre dans cette relation, comme entre une mère et son fils. Il raconte aussi cette histoire : il couche avec une actrice très connue ; sa femme l’appelle pour lui demander “Comment c’était ? C’était bien ?” C’est très japonais, on ne le voit pas comme ça, mais le statut de la femme au Japon est très fort.”

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Solos, de Kaori Ito. Du 25 au 27 septembre, au théâtre de la Renaissance (Oullins). Dans le cadre de la Biennale de la danse.

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