À vous de voir

Richesse de la programmation, hasard du calendrier, pour la fin du mois de novembre le 7e art est à l’honneur avec deux événements liés au cinéma sur le Grand Lyon. En parallèle du Festival du Film Court de Villeurbanne, la 24e édition d’À nous de voir, manifestation dédiée à la science, se tiendra du 18 au 28 novembre prochain et compte bien recevoir quelques 6000 spectateurs forte de ses 150 000 euros de budgets. Rencontre avec Pascale Bazin, déléguée générale du festival.

Lyon Capitale : Comment a pu naître un festival, en apparence, si spécialisé ?

Pascale Bazin : Le festival est né des préoccupations des citoyens, des militants, des syndicalistes, sur la place de l’industrie chimique sur le territoire, et les problématiques des risques liés. L’idée était d’informer le public. Ce qui était, il y a 24 ans, un préalable très avant-gardiste, alors qu’il n’y avait encore aucune autres structures scientifiques comme on en connaît aujourd’hui (Cité des sciences, CCSTI …). Si le festival est en apparence spécialisé, c’est parce qu’on s’intéresse à la science. Et la science apparaît comme très spécifique, mais c’est juste parce que c’est un domaine que la société s’applique à rendre inaccessible. La science n’est pas inscrite dans la culture. Les différents intervenants culturels et éducatifs devraient avoir pour mission de venir plus souvent convoquer la science, ça participerait à amoindrir le fossé qui existe entre la culture et la science et la culture scientifique et les citoyens

Une volonté de lancer un festival de ciné ou de parler "science" ?

À la croisée des deux ! À nous de voir est catalogué science, notre volonté est donc d’insister sur le ciné. Mais nous sommes résolument à la rencontre des deux. On incarne les deux.

Y a-t-il une volonté, à travers les thématiques abordées, les films sélectionnés, de coller à une certaine actualité ?

Complètement. Les choix de programmation sont, pour une partie, liés aux films que nous recevons dans le cadre de notre appel à film du concours du film de science, qui croise de nombreuses actualités scientifiques. Pour les films que nous allons chercher, nous nous attachons à faire des choix de sujets qui portent un regard contemporain sur le monde. Nous recherchons des thèmes qui viennent croiser les interrogations des publics, ce à quoi sont en train de penser les chercheurs. L’actualité pourrait être la résultante de leurs recherches. Nous sommes plus dans ce qui est en train de se faire que ce qui est fait et qui ferait événement. Nous ne sommes pas dans la tendance, mais essayons d’avoir un temps d’avance.

Qu’est-ce qui explique la longévité de la manifestation ?

La résistance et l’implication. La longévité de la manifestation s’explique par la multiplicité des garants de la ligne du festival. Que ce soit la centaine de bénévoles, le comité scientifique ou le comité de programmation qui travaille toute l’année à l’organisation de l’événement, comme le soutien des ministères de la culture et de la recherche, la région le département et la ville. Mais aussi parce qu’il y a un public qui participe, chaque année plus nombreux. Le festival répond à une vraie nécessité culturelle.

Vous êtes également déléguée générale du Clacson, une salle de spectacle abritée par la MJC d'Oullins. Cette dernière semble connaître quelques difficultés avec sa programmation musicale…

La salle est dans un mode combatif et créatif. Le Clacson est une salle de 350 places avec un petit staff et des petits moyens financiers. Même si l’exercice est difficile et qu’il existe de moins en moins de lieux en interface comme nous, on essaye de se démarquer, aller dans des niches artistiques peu pratiqués. Mais la ligne artistique reste forte et, après 30 ans d’existence, nous sommes toujours très rock 'n' roll dans l’esprit et dans la musique. Nous réfléchissons actuellement à un nouveau projet de SMAC éclatée sur Lyon et agglomération : un ensemble de lieux et d’équipements sous un même labelle.

À nous de voir. Du 18 au 28 novembre à Oullins.
www.anousdevoir.com

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