A Vienne qui pourra

D'un côté, les éternels grincheux, ceux qui nous bassinent en disant qu'à Jazz à Vienne, c'est un peu comme aux vacances au camping de Palavas : on croise toujours un peu les mêmes têtes. D'affiches, notamment.
De l'autre, les férus de jazz chic et audacieux, qui, comme nous, voit franchement d'un bon œil le fait que l'élite, la crème épaisse du jazz mondial joue à trois brasses de chez eux, dans l'un des cadres les plus célestes de France.

Une dichotomie qui devrait encore s'appliquer pour cette année. En effet, pour cette 28e édition, le festival accueille quelques-unes des plus célèbres locomotives du jazz. Mais uniquement des artistes ayant "quelque chose à proposer et à offrir", selon le programmateur en chef du festival, Jean-Paul Boutellier. Au menu, rien de moins que Sonny Rollins, Ornette Coleman, Wayne Shorter, Carla Bley et John McLaughlin. Sans oublier le grand retour d'Herbie Hancock ou de Chick Corea.

Mais Jazz à Vienne ne serait pas vraiment le même sans son ouverture sur les "musiques cousines". Et notamment celles de l'Afrique. Dans le rôle d'ambassadeur du groove mandingue : le malien Salif Keita, albinos de naissance et roi du blues sahélien, du fado des sables. Reste que le moment le plus glamour du festival sera assurément la très funk soirée d'ouverture, avec ce monumental Tribute to James Brown, mené par deux de ses anciens camarades de jeu et de scène : le tromboniste Fred Wesley et le saxophoniste Pee Wee Ellis. Une soirée qui soul de source.

Du 27 juin au 11 juillet au théâtre antique de Vienne (Isère).
08 92 702 007 et www.jazzavienne.com

Jazz after midnight
Durant Jazz à Vienne, la musique ne s'arrête pas lorsque ferme le théâtre antique. Bien au contraire. Depuis quelques années, le festival multiplie les scènes de nuit, avec notamment le Club de Minuit et Jazz Mix. 300 % gratuit, ce dernier - installé dans un mignon Magic Mirror - peut se vanter d'accueillir une programmation aussi sexy que les soirées payantes du festival. La preuve avec le groove imparable de Bibi Tanga, le swing de Jî Drû -qui a fait ses premières armes de flûtiste avec Magic Malik, Julien Lourau ou the Troublemakers - mais surtout l'électro créole de l'argento-brésilien Ramiro Musotto qui, pour sa venue à Vienne, se paie le luxe d'inviter le plus étonnant, lyrique et mystique pianiste de jazz cubain, Omar Sosa, auteur de 17 disques en moins de dix ans. La grande classe.

Jazz Mix. A côté de l'office de tourisme, cours Brillier. Vienne (Isère). 04 74 78 87 87.

Mat Gallet

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