Isabelle Sadoyan AFP NE PAS REUTILISER
© Bertrand Guay / AFP

Le dernier envol d’Isabelle Sadoyan

Immense comédienne, généreuse et passionnée, Isabelle Sadoyan nous a quittés lundi 10 juillet.

Avant de s’envoler, c’est la dernière pièce, au titre malheureusement prémonitoire, qu’Isabelle Sadoyan jouait, en octobre 2016, sur les planches du théâtre de l’Œuvre parisien. Née à Lyon en 1928, elle n’avait pas renoncé, à près de 90 ans, à la passion qui a gouverné toute sa vie, celle de jouer, d’interpréter des personnages aussi bien au cinéma qu’à la télévision ou au théâtre. Une vocation précoce, puisqu’à peine sortie de l’adolescence Isabelle Sadoyan a fait ses classes au conservatoire de Lyon avant de participer à la création, en 1950, du théâtre de la Comédie dans cette même ville, en compagnie du metteur en scène Roger Planchon et du comédien Jean Bouise, qu’elle épousera en 1954. Sa carrière théâtrale est fortement liée au TNP, sous la direction de Patrice Chéreau et de Roger Planchon, aux grandes heures de la décentralisation, dans les années 1960 et 1970. Mais les spectateurs assidus de petites salles lyonnaises comme le théâtre des Marronniers ou l’Espace 44 se souviennent encore de ses apparitions. Capable de mettre de l’humanité dans les rôles les plus sombres, son talent n’a pas échappé aux plus grands réalisateurs de cinéma. Elle joua sous la direction de Claude Sautet (Les Choses de la vie), Luis Buñuel (Cet obscur objet du désir), Claude Chabrol (Les Fantômes du chapelier), Luc Besson (Subway), Claude Lelouch (Les Misérables), Jean-Luc Godard (Soigne ta droite) ou encore Olivier Assayas (L’Heure d’été). Mais c’est au théâtre, où elle n’a quasiment jamais cessé de se produire durant sept décennies, qu’elle a connu, sur le tard, les récompenses officielles. En 2010, elle est nommée pour le molière de la meilleure comédienne dans un second rôle pour Les Fausses Confidences, dans la mise en scène de Didier Bezace. Quatre ans plus tard, primée pour son choix audacieux, elle remporte ce même prix pour L’Origine du monde, mis en scène par Jean-Michel Ribes. Isabelle Sadoyan a aussi été faite chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre des Arts et des Lettres.

Isabelle Sadoyan “a consacré sa longue vie à œuvrer pour le théâtre avec passion et à transmettre son savoir et sa mémoire précieuse”, l’a saluée l’actuel patron du TNP, Christian Schiaretti. En 2006, il l’avait fait jouer dans sa mise en scène de Père, d’August Strindberg.

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