LA SELECTION DE LYON CAPITALE

La digne fille du grand Luigi Comencini, récemment disparu, livre une œuvre chorale sur l'argent, réaliste et flamboyante. A casa nostra est un film renversant.

A casa nostra***

De Francesca Comencini

Avec Valeria Golino, Luca Zingaretti... Italie. 1h39

L'histoire : Milan aujourd'hui. Un banquier véreux, une capitaine de police, une top-modèle, une prostituée et toutes une brochette de petites gens, se croisent et s'effleurent autour d'une seule obsession : l'argent.

Un maître cinéaste s'éteint et sa fille réveille le 7e art italien. D'apparence classique, A Casa nostra, propose une réflexion sur l'argent qui finit par ravager le spectateur. En nous plongeant dans une intrigue policière au cœur de Milan, capitale italienne de la finance, de la mode, de l'art et du design, la réalisatrice, loin de nous faire vivre l'émulation urbaine, décrit la cité comme grise, austère et gangrenée par la corruption. Dans cette échappée vénale, le film finit irrémédiablement par prendre aux tripes. Entre tous les personnages, un seul lien social : l'argent. Parce que selon Comencini "Jamais dans l'histoire des hommes, la pure et simple recherche du gain (...) n'a été autant le moteur des actions humaines".

Volée, amassée, exhibée, perdue, la tune partout prend le dessus... Par sa faute, les histoires finissent en drame, des innocents perdent leurs âmes mais personne n'est accusé d'être le bon, la brute ou le truand. Comencini ne prend aucun parti. Il en résulte un film comme on voudrait en voir plus souvent, soutenu par des comédiens d'une justesse troublante et des comédiennes d'une beauté terrassante, A casa nostra évoque Romanzo Criminale sans tuerie ni attentat. Et, plus fort encore, Comencini réussit à dénoncer tout un système pourri. Celui de l'Italie Berlusconienne ultra-libérale rongée par les affaires, les trafics et les pressions politico-judiciares qui n'appartient plus à son peuple. A quand maintenant son équivalent français ?

Anna M. ***

Un thriller psychologique malsain et dérangeant, mené de main de maître par Isabelle Carré, magnifique et machiavélique, dans un rôle d'érotomane complètement barrée.

Scandaleusement célèbre ***

Un nouveau film sur Truman Capote, drôle, acide et rock'n'roll qui vaut largement la biographie filmique de l'écrivain, sortie l'année dernière. A découvrir.

La tête de maman ***

Karin Viard et Kad Mérad s'en donnent à cœur joie dans cette comédie dramatique pleine de bonnes idées de cinéma. Le premier film d'une jeune réalisatrice à surveiller.

Ne touchez pas à la hache ***

Adaptation de La duchesse de Langeais de Balzac, le dernier Rivette offre à Guillaume Depardieu et Jeanne Balibar un écrin d'or et de spiritualité pour exprimer leurs talents de comédiens. Etourdissant.

Alpha Dog ***

Drogue, sexe & violence. Nick Cassavetes fait du Larry Clark et filme la jeunesse US blanche dans un drame funeste et subversif. Difficile à croire mais entre Sharon Stone et Bruce Willis, Justin Timberlake est plutôt surprenant.

Angel ***

Si vous avez aimé 8 femmes, ne ratez pas ce mélo brillant et décapant signé par un Ozon au meilleur de sa forme.

Les témoins ***

Les années sida par Téchiné : un drame solaire et pudique sur l'amour menacé d'une génération plombée. Magnifique.

Sunshine *

Une épopée SF au goût de déjà vu. A force de changer de registre le génial réalisateur de Transpotting semble s'être perdu. Cette fois dans l'espace, il flirte avec la niaiserie... Dommage, on t'aimait bien Danny.

Le candidat **

Pour sa première réalisation, le comédien Niels Arestrup signe une farce politique tissée d'humour, de tensions et de faux semblants qui laisse une grande place à la théâtralité. Attal y est excellent.

Demandez la permission aux enfants **

Une comédie familiale au casting impeccable (Bonnaire, Légitimus, Parillaud) qui réussit à cerner avec humour les problèmes des parents modernes. Seul bémol : une réalisation trop téléfilmesque.

Les autres sorties

Shooter tireur d'élite (de Antoine Fugua) - Les vacances de Mr. Bean (de Steve Bendelack) - Jean de La Fontaine, le défi (de Daniel Vigne) - Les châtiments (de Stephen Hopkins) - Une jeunesse chinoise (de Lou Ye) - Jesus Camp (de Heidi Ewing et Rachel Grady)

Zoom Express

Nos amis les terriens **

De Bernard Werber. France, 1h25.

Des extra-terrestres observent et décryptent les comportements du genre humain. Si Werber écrivain est souvent passionnant, en passant pour la première fois à la réalisation, l'auteur convainc moins. Produite par Lelouch, son adaptation de Nos amis les terriens, s'avère d'abord séduisante. Les interrogations sur la capote ou la télécommande amusent, comme les commentaires d'Arditi en voix off. Mais l'esthétique du film est tellement ratée et le procédé si redondant qu'irrémédiablement, à la longue, on s'ennuie.

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