L’album “Americana” de Roch Voisine Réduction à la pompe

En des temps si “verts”, où l’effondrement de la terre sur elle-même (et par la même occasion sur nous) n’est qu’une question de temps, Roch Voisine frappe fort. Il faut en effet être courageux ou disciple de Claude “Terminator” Allègre pour oser brancher directement sa guitare sur une pompe à essence (espérons que l’hélico d’Arthus-Bertrand n’est pas dans les parages).

Comme si Roch, rendu à une inspiration désertique proche de la Vallée de la Mort, voulait pomper, avec cet air de toxico rassasié, les derniers hectolitres d’or noir disponibles dans l’industrie du disque. Quand on n’a pas d’idées on peut toujours chercher du pétrole, aurait dit le poète.

Mais ce que Roch Voisine veut en réalité pomper, via ce symbole un peu lourdingue chez ses cousins suceurs de pétrole, c’est une autre substantifique moëlle de l’Amérique : l’Americana, le sel des States. Pour ceux qui ne seraient pas familiers du concept, l’Americana est un ensemble de symboles culturels propres à la mythologie américaine, soit l’imagerie traditionnelle telle qu’on peut la concevoir, du cowboy à la Chevrolet, du champ de maïs au banjo, des romans de Steinbeck aux routes californiennes.

Le Roch, seul sur le sable, les yeux dans le vague et campé dans ses tiags, a choisi l’an dernier avec cet album de faire un sort aux vieilles scies américaines les plus connues, empruntées à Johnny Cash, Chuck Berry, Bobbie Gentry etc. Histoire de faire découvrir le rock, le vrai, à ces maudits français pour qui Elvis s’appelle Johnny. Comble du raffinement pétrolier et musical ? C’eut pu, mais non. Car Voisine le voisin Canadien ne tire du puits à hymne pour autoroute qu’une simple huile de colza bien sirupeuse qui ferait toussoter le bus de campagne de Bayrou sur une départementale creusoise. Ayant remis le couvert sur un volume II, l’affaire est certes deux fois disque d’or (noir) mais au prix d’une sacrée réduction à la pompe.
Roch Voisine “Americana Tour”. Le 2 décembre à la Bourse du Travail.

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