Dumestre Poème Harmonique Terremoto
© Bertrand Pichène / CCR Ambronay

Festival d’Ambronay : le souffle du renouvellement

Moins de superstars historiques à Ambronay cette année, pour une édition 2017 sur le thème du souffle : le souffle de l’inspiration, du divin, mais aussi celui des instruments à vent anciens comme l’illustrera ce vendredi l’ouverture (en fanfare) du festival – et de l’Orfeo de Monteverdi, avec ses cuivres étincelants – annonçant une nouvelle ère musicale… baroque !

Après l’entrée fracassante avec l’Orfeo de Monteverdi par le maestro maison, Leonardo García Alarcón, c’est le souffle de la voix de Rosemary Standley qui apportera un contrepoint contrasté, avec le récital Love I obey. Accompagnée notamment du théorbiste et guitariste Bruno Helstroffer, la chanteuse pop jonglera entre baroque anglais et folk américaine.

Le premier week-end du festival d’Ambronay 2017 se poursuivra avec un récital du contre-ténor Philippe Jaroussky en compagnie de L’Arpeggiata et un final consacré aux polyphonies Renaissance avec l’ensemble Doulce Mémoire.

Le souffle du deuxième week-end sera incarné par le cor naturel du virtuose David Guerrier, qui dialoguera avec son homologue Anne Boussard et Les Esprits Animaux le temps d’un concert consacré à cet instrument à la fois rustique et majestueux. Au programme également, Le Concert de la Loge, l’Accademia Bizantina dans La Resurrezione de Haendel, du baroque’n’flamenco par la chanteuse Rocío Márquez ou les “Passions vénitiennes” du chœur et orchestre Les Cris de Paris.

C’est le contre-ténor Paulin Bündgen et son ensemble Céladon qui ouvriront le troisième week-end, avec une reprise du fameux programme pour consort de violes et voix mêlant musique élisabéthaine et œuvres contemporaines de Michael Nyman, le tout délocalisé au théâtre de la Croix-Rousse. Une Messe en si mineur de Bach (dont le souffle mystique ne fait pas débat) lui succédera, toujours à Lyon mais à l’Auditorium. L’ensemble Correspondances de Sébastien Daucé tentera de créer la surprise en délaissant (en partie seulement) la musique française pour traverser les Alpes et aborder les polyphonies spatialisées de Benevoli, Merula ou Cazzati ! Quant à Paul Agnew, à la tête de l’ensemble de solistes des Arts Florissants, il nous ravira d’un second volet consacré aux madrigaux tardifs de Monteverdi.

Place aux jeunes

Bien entendu, les jeunes ensembles, spectacles jeune public et concerts périphériques émailleront la programmation de chacun des week-ends, mais Ambronay a visiblement décidé d’enfoncer le clou en consacrant presque exclusivement le dernier volet du festival à cette relève émergente : l’occasion d’entendre, notamment à travers le festival dans le festival “Eeemerging”, celles et ceux qui seront peut-être les dinosaures de demain. À noter tout de même, au beau milieu de ce défilé de nouvelles têtes, l’un des points d’orgue de cette édition 2017 : la création française du très méconnu Il terremoto (Le Tremblement de terre) du compositeur italien Antonio Draghi. Sous la houlette du Poème Harmonique de Vincent Dumestre, cette fresque sacrée haute en couleur du XVIIe italien finissant promet de s’inscrire, dans le sillage d’Il diluvio universale, au rang des “nouveaux joyaux du passé”. Un petit détour (avec les mêmes) par le mime virtuose et l’(auto)dérision savamment maîtrisée, avec la reprise du spectacle tout public La Mécanique de la générale… et puis s’en vont ! Rendez-vous l’année prochaine, pour une 39e édition…

Festival d’Ambronay – Du 15 septembre au 8 octobre
Horaires et réservations sur le site du festival.

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