Oliver Beer Rabbit Hole
O. Beer

Expo : Oliver Beer, d’œil à oreille au MAC

Oliver Beer figurait parmi les propositions les plus intéressantes de la dernière édition de la Biennale de Lyon. Au musée d’Art contemporain cet été, il fait entrer les visiteurs dans un tunnel de résonances.

Oliver Beer, Rabbit Hole. Courtesy l’artiste et Galerie Thaddaeus Ropac, Paris/Salzburg © Blaise Adilon

O. Beer, Rabbit Hole © Blaise Adilon

Pour la dernière Biennale d’art contemporain, Oliver Beer nous présentait ses chanteurs de béton et sa cartographie intime sur linoléum dans le bâtiment d’Euronews. Ce jeune artiste britannique né en 1985, qui a étudié à la fois l’art et la musique contemporaine, a manifestement tapé dans l’œil de Thierry Raspail, le directeur du MAC. Et surtout à son oreille. Car l’art d’Oliver Beer ne cesse d’allier le visuel et le sonore, le corps et la voix.

Rabbit Hole, un terrier très sonore

Dans l’exposition en cours à Lyon, Oliver Beer réactive son Resonance Project, série de performances sonores initiée en 2007 réunissant deux à six choristes (selon la performance) qui exécutent une partition écrite par Beer, dispatchés dans l’espace d’activation de l’œuvre, aussi exigu soit-il. Au MAC, Rabbit Hole (le “trou du lapin”, référence à Alice au pays des merveilles) propose au visiteur de pénétrer dans un tunnel noir à l’entrée très étroite – en fait une impasse mais qui va s’élargissant en véritable chambre d’écoute.

Oliver Beer, vue de l'exposition

Opa's Pipe & Browning Auto 5 (2014) © B.Adilon

Y montent, s’y croisent et s’y conjuguent les sons, qui par leurs variations d’intensité, leur potentiel de résonance créent un dialogue avec l’espace architectural, transformant la boîte géante construite dans la salle du musée en instrument de musique que l’on écouterait ainsi de l’intérieur. Les chanteurs des Chœurs et Solistes de Lyon ont donné leurs voix à l’œuvre jusqu’à mi-juillet, désormais c’est à chacun de nous, visiteurs, d’émettre ces sons.

Autour de ce caisson sonore, sont également présentés des projets inédits : dessins et film d’animation, en référence à l’Alice au pays des merveilles de Disney, et objets incrustés dans les murs.

The Rabbit Hole – Oliver Beer. Jusqu’au 17 août, au musée d’Art contemporain (MAC) de Lyon.
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