Vénissieux : une femme âgée privée de repas à cause de punaises de lit

À Vénissieux, les services municipaux ont arrêté de porter les repas d'une personne âgée parce qu'il y aurait des punaises de lit dans son domicile. Une situation dénoncée par les élus de la ville.

Outre les repas, le centre communal d'action sociale (CCAS) a aussi fait retirer l'auxiliaire de vie qui avait en charge cette personne âgée, toujours pour cause de punaises de lit à son domicile. Une situation injustifiable, selon les élus d'“Ensemble pour Vénissieux”, qui ont déclaré par voie de communiqué : "Comment peut-on refuser de servir l'unique repas d’une personne âgée alors qu’il s’agit justement d’une personne fragile nécessitant un renforcement de la prise en charge ? Dans le pire des cas, les repas peuvent être déposés devant la porte de l'appartement ; les punaises ne se déplacent pas si facilement."

Pour stopper cette situation, ces élus ont "alerté les services de la ville et du bailleur", en espérant que "la livraison des repas à cette personne vulnérable reprendra dans les plus brefs délais".

L’action de Michèle Picard (PCF) remise en cause

Même constat pour Mokrane Kessi, membre du parti Les Républicains, qui déclare être "profondément attristé et scandalisé par les méthodes arbitraires du service municipal chargé du portage de repas en direction d'une personne âgée de notre ville".

Selon lui, "de nombreux dysfonctionnements minent le bon déroulement de ce service de la ville et il est temps que les responsabilités soient établies alors que chaque année Michèle Picard, la maire de la ville, met en avant les efforts consentis à l'égard de nos anciens, 13,6 millions d'euros de dépenses publiques y étant consacrées."

“Il a été convenu, en concertation avec la famille, de suspendre les prestations”

Contacté par Lyon Capitale, Jean-Dominique Poncet, directeur général des services de la ville de Vénissieux, a tenu à clarifier les choses : "On n'a jamais décidé seul d’arrêter la prestation à cause des punaises de lit. Il y a un travail qui a été fait avec la famille. L'aide ménagère qui s'occupe de cette dame a fait état, dans la journée du 10 août, d'une forte augmentation de punaises de lit. Une augmentation visible de par les nombreux boutons présents sur la personne âgée. La référente de la famille, c'est-à-dire la fille de cette dame, a été contactée dès le lendemain. Le 11 août, cette dernière a indiqué qu'elle prenait le relais au niveau des repas et qu'elle s'occuperait de sa mère. Il n'y avait plus nécessité de porter les repas et [de maintenir] l'aide ménagère le temps de la désinfection de l’appartement, prévu pour le 25 août. Jusqu'à cette date, il a été convenu, en concertation avec la famille, de suspendre les prestations."

“Sur l’appartement d’un autre bailleur, avec la même situation, nous avons pris la même disposition”

Selon le directeur des services de la ville de Vénissieux, cette situation n'est pas inédite et le protocole en la matière a été respecté : "Sur l'appartement d'un autre bailleur, avec la même situation, nous avons pris la même disposition. Nous traitons ces problèmes de manière active. Selon le protocole, si la personne souhaite rester à son domicile, elle le peut. Dans ce cas, on met la personne en dernier sur la liste de passage, pour qu'il n'y ait pas de transfert des nuisibles durant l'aide ménagère et le port des repas. Mais, si la famille peut s'occuper de la personne, alors nous désinfectons l'appartement, et le locataire peut revenir une fois cette opération réalisée. Dans le cas présent, nous étions partis sur cette logique-là en accord avec la famille. Si celle-ci nous avait dit qu'elle souhaitait continuer les prestations, nous l'aurions fait."

Face aux différentes déclarations des parties dans les médias, la municipalité de Vénissieux a accueilli hier les deux filles de la dame en question. Une réunion qui s'est "plutôt mal passée", à cause d'"incompréhensions", selon Jean-Dominique Poncet. Mais celui-ci préfère prôner l’apaisement : "La ville est désolée de la tournure qu'ont prise ces événements et nous sommes tout à fait enclins à rétablir le lien avec la famille, qui ne souhaite plus recevoir d'aide aujourd'hui", tout en regrettant "une utilisation de cet événement pour dire que la ville prend mal en charge les personnes âgées alors que ce n'est absolument pas le cas".

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