Une classe de collège
© Tim Douet

Une lettre ouverte pour plus “de mixité sociale dans la métropole”

Une centaine d’habitants des communes périphériques de Lyon ont adressé une lettre ouverte à Philippe Couturau, le directeur académique des services départementaux de l’Education nationale, et à Annie Guillemot, la vice-présidente de la métropole à l’éducation. Leur objectif : lutter pour une plus grande mixité sociale dans la métropole.

"La métropole de Lyon n'échappe pas à ces phénomènes de ségrégation. Les sorties des classes du collège J. Brel à Vénissieux ne ressemblent vraiment pas à celles du lycée du Parc", écrivent les signataires d'une lettre ouverte adressée au directeur académique des services départementaux de l'Education nationale et à la vice-présidente de la métropole chargée de l'éducation, l'ex-maire de Bron Annie Guillemot.

S'ils ont écrit cette lettre, expliquent ces habitants des communes périphériques de Lyon, c'est pour demander "aux responsables de l'Education nationale et de la métropole de se saisir de cette question et de s'inspirer de l'exemple parisien pour augmenter la mixité sociale dans notre métropole".

Ils prennent en exemple Paris, où l'affectation de lycéens se fait "grâce à une application (Affelnet) qui prend en compte non seulement les notes et les vœux d'affectation, mais aussi la situation sociale des familles". Cette application a augmenté la mixité, mais reste perfectible, selon Libération (cf. article paru à la rentrée).

“Nous constatons chaque jour les effets délétères de cette ségrégation sociale qui n’est que la conséquence d’une ségrégation territoriale”

Les auteurs de cette lettre ouverte font aussi référence à un récent article de Thomas Piketty dans Le Monde où l'économiste critiquait le manque de mixité sociale dans les collèges parisiens. Selon l'économiste, le pourcentage d'enfants "socialement défavorisés y est en moyenne de 16 %", mais peut varier entre 1 % et 60 % selon les établissements et les quartiers.

"Nous constatons chaque jour les effets délétères de cette ségrégation sociale, qui n'est que la conséquence d'une ségrégation territoriale qui demeure dans le Grand Lyon", expliquent dans leur lettre ouverte, les élus, militants, professionnels et habitants des "quartiers et communes défavorisés". Tous déclarent ne pas vouloir "attendre les hypothétiques effets d'une mixité de l'habitat affichée comme objectif dans les documents d'urbanisme, mais qui tarde à se concrétiser".

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10 commentaires
  1. Jean Jaurès - 13 octobre 2016

    Bonne initiative! Mais c'est surtout à la porte du Ministère et des candidats aux présidentielles qu'il faut frapper! Parce qu'en effet, il y a les discours sur le 'vivre-ensemble' et la réalité. A Paris (et c'est sans doute la même chose à Lyon), 50% des élèves fréquentent un collège privé accueillant entre 0 et 5% de familles défavorisées et les 50 autres % fréquentent surtout des collèges publics accueillant jusqu'à plus de 60% d'enfants issus de familles défavorisées. Cherchez l'erreur! L'hypocrisie est aujourd'hui totale, notre République ne mérite pas ça! 1ère mesure: fonds publics à l'école publique et affectation plus équilibrée des élèves dans les établissements (mesure effective aujourd'hui à Paris). Pour asseoir la République, il faut commencer par le commencement!

  2. Jean Jaurès - 13 octobre 2016

    Fonds publics à l'école publique! Celle-ci pouvant comprendre les établissements 'privés' acceptant toutes les règles des établissements publics... Aujourd'hui, l'école privée est financée par nos impôts tout en s'exonérant des règles contraignantes de l'école publique. Elle a le beurre et l'argent du beurre. C'est hautement immoral! Et c'est pas bien pour tous ces établissements religieux qui font le contraire de ce qu'ils revendiquent! Mais le plus grave, c'est qu'ils contribuent grandement au délitement de la société!

  3. Robes Pierre - 13 octobre 2016

    Jean Jaurès:::textes diffamatoires 's'exonérant des règles' , lesquelles, celles que les cours sont assurés même quand l'enseignant est absent, que lorsque l'élève est malade on se débrouille pour lui faire passer les cours, etc etc. Des établissement où règne une ambiance studieuse une école qui refusent des milliers d'élèves chaque année, les parents seraient ils assez idiots pour payer une éducation qui devrait être gratuite avec de plus en plus de mixité. Le bilan est dur à entendre mais ce n'est pas en se masquant la vérité qu'on fera progresser l'école publique.

  4. Jean Jaurès - 14 octobre 2016

    Si j'insiste sur la nécessaire intégration de l'école privée au dispositif envisagé, c'est parce que le remède est pire que le mal. A Paris, on observe un léger rééquilibrage au sein des collèges publics mais au niveau global, les inégalités s'aggravent parce que la fuite vers le privé s'accentue... bien sûr, il ne faut pas être naïf! 'L'enfer est pavé de bonnes intentions'. Pierre Robes! L'école privée s'exonère des règles du public parce qu'elle n'est pas soumise à la sectorisation et choisit ses élèves! Après, c'est un peu plus facile, merci d'être honnête! Mais vous avez raison de pointer implicitement les dysfonctionnements du public, c'est aussi à cela qu'il faut s'attaquer! Des leçons sont à donner au Privé et au Public donc, il y a du boulot!

  5. Robes Pierre - 14 octobre 2016

    l'école publique un outil merveilleux entre les mains tout en haut de la pyramide 'd'expérimentateurs' qui n'ont qu'une envie laisser leur nom par une réforme fut elle contestée dénuée de bon sens, au détriment des enfants c'est bien triste , nous constatons où ceci nous a mené avec 20% d'élèves incapables de lire, écrire , compter en sortie de primaire.Des Parents ont choisit de se battre au sein des Fédérations , d'autres sachant que la bataille contre le mammouth était voué à l'échec se sont retournés vers le privé, on ne peu leur en faire grief , une grande implication dans l'éducation de ses enfants est une qualité,la leur faire dispenser en enseignement privé ne signifie pas adhérer totalement à ses thèses,

  6. Robes Pierre - 14 octobre 2016

    Combien de nos 'élites élus de la République ' dirigent leurs enfants dans le privé quand malgré le piston ils ne peuvent intégrer des établissement de renom. S'agissant des pétitionnaires, il conviendrait d'expurger la liste, un certain Samy L est cité trois fois, deux à St Priest, une à Lyon, et l'on n'en possède que le début.

  7. Jorès - 14 octobre 2016

    Je comprends parfaitement que ce soit des habitants des communes périphériques qui demandent plus de mixité. Clairement, ils espèrent pouvoir échapper à la délinquance et au communautarisme. Ce qu'ils espèrent, c'est pouvoir envoyer leur enfants ailleurs.

  8. Jean Jaurès - 14 octobre 2016

    Les parents qui mettent leurs enfants dans le privé ne sont bien sûr pas à blâmer, j'aurais fait la même chose si j'avais eu des doutes sur la qualité des écoles publiques de mon secteur... Et ces citoyens de la périphérie ont également raison de vouloir plus de mixité dans l'école de leurs enfants. A Paris, comme presque partout ailleurs, il y a 15 à 20% de populations défavorisées. Le problème, c'est que de nombreuses écoles privées (subventionnées massivement) n'en accueillent pas (0 à 1%) quand des écoles publiques en accueillent jusqu'à 90%! C'est absolument intenable sur la durée! C'est comme si vous aviez deux enfants et que durant toute leur enfance, vous donniez tout à l'un et rien à l'autre! Devenus adultes, votre vie deviendrait un enfer! On récolte ce qu'on a semé...

  9. Robes Pierre - 14 octobre 2016

    Comble d'ironie dès que les parents en ont les moyens financiers ceux là même qui reprochaient à l'école privée une sélection se débrouillent pour en trouver un qui accueillera leur cher bambin, cherchez la cause dans ces programmes expérimentaux , fermeture des IUFM et autres réformes qu'il est impossible de comptabiliser. Jamais ces 'réformateurs n'ont été sanctionnés pour manque de résultat suite à leur décisions, avec ça aux enseignants à se débrouiller,

  10. boby - 2 novembre 2016

    Visiblement tout le monde est friand de belles théories fumeuses, que ce soit les responsables politiques, fonctionnaires du tentaculaire ministère de l'enseignement national (ca fait au moins 20ans que l'école ne fait plus du tout d'éducation) et donc , une centaine d'habitants des communes périphériques de Lyon. Tous adorent écrire qu'il faut imposer la mixité sociale. En force. Donc, on va déplacer, comme des sans papier, des petits lyonnais de croix rousse vers des collèges de Vénissieux, ou des petits du 6eme vers Vaulx En Velin....Allons, soyons sérieux une minute ! Une fois la belle idée écrite, y'a t'il seulement 1% des signataires qui a pensé une minute durant à la mise en place pratique de ce délire ?? on va faire 1h20 de transport quotidien là ou on en fait 20min aujourd'hui ?!

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