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Tunnel de la Croix-Rousse : Vinci respecte-t-il la loi ?

Selon le marché signé avec le Grand Lyon, le groupement d'entreprises chargé des travaux du tunnel de la Croix Rousse a interdiction de travailler à l'air libre de 22h à 6h du matin. Problème, selon les riverains, il ne respecte pas la loi. Et les tirs de mines devant commencer sous quinze jours côté Rhône, les riverains ont peur des effets sur leurs habitations.

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@ DR - Une partie de l'assistance jeudi 20 janvier à la réunion publique sur les travaux du tunnel de la Croix-Rousse.

Gérard Claisse, adjoint au président du Grand Lyon, chargé des relations avec les habitants, organisait jeudi 21 janvier à partir de 19h, une énième réunion publique sur le thème des travaux du tunnel de la Croix-Rousse. Le projet le plus coûteux de ces deux derniers mandats : 220 millions d'euros est actuellement en cours. Il vise à percer un second tube sous la colline "qui travaille" par mesure de sécurité, la loi l'obligeant depuis la catastrophe du Mont-Blanc et ce afin d'évacuer les personnes en cas d'accident. "A cette occasion, a rappelé l'élu chargé de la participation citoyenne, le Grand Lyon a souhaité donner une valeur d'usage au second tunnel, en l'ouvrant aux modes doux (vélos, rollers,etc) et piétons, ainsi qu'à une ligne forte de bus électriques" en 2014.

Les riverains ont peur pour leurs immeubles

200 mètres ont déjà été creusés côté Saône, grâce à des tirs de mines (explosif) pratiqués depuis quatre mois par 60 ingénieurs de la mine et trois géologues, aidés par 150 ouvriers. Les travaux doivent commencer côté Rhône, où, pour l'instant, seuls 20 petits mètres de roche ont été creusés à la fraiseuse. Les tirs de mines doivent commencer sous quinze jours, quand les ouvriers rencontreront le granit, probablement fin janvier, début février.

Les riverains sont inquiets pour leurs immeubles, les vibrations provoqués par les explosions pourraient endommager théoriquement leur logement, selon le rapport de l'étude d'impact (lire par ailleurs). En pratique, le groupement leur a expliqué jeudi soir que le seuil défini par l'Etat, 9 mm/s, correspondant à la vitesse des vibrations, au-delà duquel des dégâts minimes peuvent apparaître, n'a jamais été atteint côté Saône en quatre mois. Les capteurs installés sur la colline ont enregistré une valeur maximale de 5,8 mm/s, "valeur mesurée sur une villa particulière", a estimé Gérard Claisse. Le groupement a surtout expliqué qu'il réglait son plan de tir, après chaque explosion, selon des hypothèses de vibrations maximum de 5,5 mm/s. Du sur-mesure pour assurer un maximum de sécurité.

Enfin, si les riverains constatent la moindre petite fissure dans leur immeuble après le début des tirs à la fin du mois, Gérard Claisse leur a conseillé de se rapprocher de Maxime Chatard, chef de projet du chantier du tunnel de la Croix-Rousse au Grand-Lyon qui leur répondra.

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Du bruit, de jour comme de nuit

Mais jeudi soir, la salle, une centaine de riverains des rues adjacentes au tunnel côté Rhône, s'est surtout élevée contre le bruit du chantier. "On entend des bruits de chargeur dont les lames raclent le sol à 3 heures du matin", s'est plaint une riveraine âgée du 5 rue Alsace-Lorraine, réveillée plusieurs fois par nuit depuis des semaines. Un autre a dit qu'on se payait sa tête lorsque le représentant de Vinci constructions a rappelé les horaires du chantier à l'air libre : 6h - 22h et 24h/24 à l'intérieur du tunnel sauf le week-end. "Je vois les étincelles des disqueuses de ma fenêtre après minuit, mes fenêtres donnent sur le chantier" s'est emporté le riverain. Il avait même apporté avec lui une vidéo tournée depuis son domicile. Les témoignages se sont multipliés ainsi pendant un long quart d'heure.

Le représentant du groupement chargé des travaux, Jean-Paul Galland, directeur du projet chez Vinci construction a pris la parole. Il a essayé de se justifier, puis, devant la multitude des témoignages, a reconnu le phénomène. Il a alors diffusé un schéma montrant l'existence d'une aire de retournement à l'entrée du tunnel, réservée aux entrées et sorties des camions, de jour comme de nuit. Malheureusement, selon la salle, il apparait que les ouvriers du chantier en profitent pour y travailler la nuit, au mépris du repos des riverains.

Jean-Paul Galland enfin, a expliqué que plus les entreprises travaillaient, plus elles s'enfonçaient dans le tunnel et donc moins elles feraient de bruit la nuit. Les 20 mètres creusés actuellement leur laissant très peu de recul pour travailler à l'intérieur la nuit. Devant cet aveu, André Bordet, président de l'association "ça bouge sur la colline" s'est énervé : "vous êtes en train de nous dire, devant le Grand-Lyon, que vous ne respectez pas la loi. Si vous n'avez pas assez de recul pour travailler la nuit dans le tunnel, alors ne travaillez plus la nuit !". Pour finir, Gérard Claisse a donné un numéro d'astreinte aux riverains : le 06-79-84-43-44 pour qu'ils lui signalent tout manquement à la réglementation, il leur a rappelé aussi que bientôt, ils connaîtraient pire : un tir de mine toutes les 13 h environ.

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1 commentaire
  1. Yvan, de Lyon - 21 janvier 2011

    Ce n'est qu'en présence de preuves matérielles, présentées par les riverains, que le représentant de Vinci reconnait les faits...Cette entreprise ne respecte pas les règles, édictées par le Grand Lyon. Le représentant de cette collectivité, à perdu sa langue et est venu les mains vides. Ce n'est pas un numéro d'astreinte, qui va changer les choses, malheureusement.La crédibilité du donneur d'ordre et de l'exécutant, peut être valablement mise en doute pour l'avenir, au regard des faits actuels.

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