Projet de téléphérique © Antoine Merlet / Simulation Lyon Capitale

Téléphérique : la présidente du groupe écologiste à Sainte-Foy n'est "ni pour ni contre" le projet, elle s'explique dans Lyon Capitale

Le projet du Sytral de réaliser à l'horizon 2025 un téléphérique entre Francheville et Lyon en passant par Sainte-Foy-lès-Lyon et La Mulatière n'en finit pas de faire débat dans l'ouest lyonnais. Avec notamment de nombreuses passes d'armes entre le Sytral et la mairie de Sainte-Foy. La présidente du groupe écologiste au conseil municipal de Sainte-Foy s'exprime dans Lyon Capitale.

Depuis plusieurs mois, et l'annonce du projet de téléphérique entre Francheville et Lyon en passant par Sainte-Foy-lès-Lyon et La Mulatière, Lyon Capitale vous a proposé plusieurs longs articles sur ce projet depuis son annonce en décembre 2020, un sujet qui divise localement.

La concertation, très attendue, doit commencer mi-novembre 2021. Elle doit durer trois mois. Elle s'annonce électrique. Avec notamment la très nette opposition de la mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon, totalement opposée au passage d'un transport par câble sur son territoire. La maire, Véronique Sarselli, s'est longuement expliquée à plusieurs reprises dans nos colonnes. Une association "Touche pas à mon ciel", est également vent debout contre ce projet.

Récemment, c'est un "collectif des futurs usagers du transport par câble aérien" qui s'est créé. Un collectif pro-projet, avec comme porte-paroles Monique Cosson, ancienne conseillère régionale EELV et ancienne conseillère municipale d'opposition à Sainte-Foy, présidente aussi de l'association "Sainte-Foy Avenir" (quatre élus au conseil municipal de Sainte-Foy) mais aussi Olivier Mesnard, conseiller municipal d'opposition de gauche à la Mulatière, et Alain Nérot, un habitant de Francheville.


"Nous sommes ni pour ni contre ce projet. Nous ne voulons pas nous prononcer tant qu'il n'y a pas eu de concertation"

Yvette Lathuilière, la présidente du groupe d'opposition écologiste au conseil municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon


Yvette Lathuilière, la présidente du groupe d'opposition écologiste au conseil municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon (4 élus), s'est très peu exprimée sur le projet. Elle s'explique à Lyon Capitale : "Nous sommes ni pour ni contre ce projet. Nous sommes des Fidésiens soucieux de notre environnement et de notre santé. Ce projet nous intéresse mais nous attendons une information complète de tous les impacts négatifs mais aussi positifs. Les impacts négatifs nous en sommes conscients comme tous les Fidésiens. Nous attendons beaucoup de la concertation, une concertation que nous voulons ouverte, intelligente, démocratique, la plus sincère possible".

Mme Lathuilière poursuit : "A l'issue de la concertation, la première question sera : ce projet est-il pertinent pour ce territoire ? Est-il opportun ? Oui ou non ? S'il l'est, on examinera la potentialité d'un trajet qui impacterait le moins négativement le maximum de personnes. Nous n'en sommes pas là aujourd'hui. Nous attendons impatiemment que ça démarre le 12 novembre. Ce projet nous interpelle. A priori en tant qu'écologiste, on est intéressé par la nécessité d'un tel projet pour améliorer la qualité de l'air, donc notre santé et l'environnement. Mais on n'est pas inconscients des impacts sur le paysage, sur la vie des gens. Tout ça doit être mis sur la table et nous verrons ce que ensemble, collectivement, nous décidons".

Sommés de se positionner par la maire de Sainte-Foy lors des conseils municipaux, les élus écologistes de Sainte-Foy campent sur leurs positions. Ni favorables au projet, ni défavorables. "On n'a pas voulu hurler avec les loups. L'emballement (de la mairie de Sainte-Foy) est politisé, on ne voulait pas entrer dans ce jeu, surtout pas au jeu concours de Madame le Maire qui nous a semblé absolument ridicule. Ils n'écoutent aucun argument qui pourrait aller dans un sens favorable au projet. Ils sont dans une posture complètement caricaturale, sans nuance, négative, point barre. On espère qu'ils vont évoluer sur une posture plus ouverte. Nous préférons nous taire que de rajouter du bruit au bruit. On respecte complètement qu'ils soient contre le projet. On ne leur dénie pas ce droit-là. Ils ont le droit d'être contre. Comme nous avons le droit de ne pas vouloir nous prononcer tant qu'il n'y a pas eu de concertation. Nous ne souhaitons pas nous positionner en pour ou en contre, nous mesurons bien qu'il y a des problèmes qui se posent à chacun d'entre nous. J'habite au Plan du Loup, à Sainte-Foy, je mesure très bien quels pourraient être les problèmes, notamment les gênes paysagères locales. Mais indépendamment de ces impacts négatifs, il y a aussi des impacts positifs. Et il faut en parler", explique Yvette Lathuilière.


"Beaucoup d'habitants de Sainte-Foy sont contre", explique l'élue écologiste


Et les Fidésiens, qu'en pensent-ils ? "Beaucoup d'habitants sont contre, reconnaît l'élue écologiste. Mais quand on leur dit pourquoi ? Ils répondent : "c'est con, c'est laid, c'est inadapté". Con, ça ne veut rien dire. Laid, c'est subjectif. Est-ce qu'un bus est laid ? Est-ce qu'une antenne de téléphonie mobile est laide ? ça n'a pas de sens. Ce n'est pas un argument. Quand on voit certains affichages à Sainte-Foy de certains supporteurs de l'association Touche pas à mon ciel, ils disent "non au téléphérique car il est laid, inadapté et bruyant". A Toulouse ou à Créteil, les équipements ne sont pas ou ne seront pas bruyants, ils ne seront pas laids, ils sont très beaux esthétiquement, et ils ne sont pas inadaptés. Tous ces arguments ne tiennent pas la route. On aurait préféré des arguments sur la santé, sur l'environnement à Sainte-Foy par exemple.

Et le parc du Brûlet, qui pourrait être survolé par le téléphérique ? "Les écologistes défendent la pépite verte et les parcs mais un téléphérique qui passe au-dessus, ça endommage nullement les espaces verts, au contraire, ça les valorise, comme ça les gens pourront en profiter", réplique Mme Lathuilière.


"Quand on voit le nombre d'opposants à Sainte-Foy, on peut penser que ce projet est en péril"


La concertation doit durer trois mois, de mi-novembre 2021 à mi-février 2022. Et après ? Et après les 3 mois, que faire si une majorité d'habitants n'en veulent pas ? Le projet pourra-t-il aller à son terme ? "Non, non, évidemment que non. Quand on voit le nombre d'opposants à Sainte-Foy, on peut penser que ce projet est en péril. Il faudra voir à l'échelle métropolitaine, ce qu'en pensent les habitants de La Mulatière, de Lyon 2, de Lyon 7, de Francheville. Si les habitants sont majoritairement contre, ce projet ne sera pas réalisé. Bien sûr. Ca me semble évident. Le contraire me révolterait. On est dans un principe de participation citoyenne, de concertation, qui permet aux habitants de prendre part aux décisions. Si on ne respecte pas le résultat de la concertation, ça n'a plus de sens", conclut Yvette Lathuilière, la présidente du groupe d'opposition écologiste au conseil municipal de Sainte-Foy-lès-Lyon.

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