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Punaises de lit à Vénissieux : la famille réagit

Les enfants de la vieille dame réagissent aux propos tenus la semaine dernière par la direction des services de la ville concernant l’arrêt des aides.

Le 11 août dernier, le centre communal d'action sociale de Vénissieux (CCAS) a suspendu ses prestations d'aide chez cette octogénaire, atteinte d'une maladie cognitive sérieuse, après qu'une de ses auxiliaires de vie avait rapporté la présence de punaises de lit à son domicile. Les élus avaient cependant contacté les services de la ville, ainsi que le bailleur, pour qu'une opération de désinfection soit lancée le plus rapidement possible.

Suite aux protestations de la famille, une rencontre entre elle et la direction générale des services de Vénissieux avait été organisée pour apaiser la situation, sans succès.

Les justifications du CCAS concernant l’ordre de suspension des aides contestées par la famille

Contacté par Lyon Capitale à la suite de cette rencontre, le directeur général des services de Vénissieux, M. Poncet, avait affirmé que l'arrêt des prestations pour cause de punaises de lit "n'avait jamais été décidé seul, mais en concertation avec la famille".

L'une des deux filles de l'octogénaire, contactée par le CCAS après le signalement de l'auxiliaire de vie, aurait indiqué s'occuper de sa mère le temps que l'opération de désinfection de son domicile soit achevée. Cela a entraîné l'arrêt des prestations durant cette période, conformément au protocole à appliquer dans cette situation selon M. Poncet.

"Il n'y a eu aucune concertation, le service du CCAS ne nous a pas laissé le choix", réfutent les deux sœurs, qui n'auraient reçu aucune notification les avertissant de l'arrêt des prestations. Prises de court par cette suspension, c'est par l'intermédiaire de l’auxiliaire de vie de leur mère qu'elles auraient appris la nouvelle. A l'inverse, les déclarations du directeur laissent entendre qu'elles auraient volontairement choisi d'accueillir leur mère chez elles en attendant que la situation à son domicile soit réglée. Seulement, selon elles, leur situation à ce moment-là ne le leur permettait pas, car elle n'était techniquement pas envisageable. L'alternative d'héberger leur mère leur aurait été suggérée par les services municipaux : "L'arrêt des aides du CCAS n'a pas été concerté, mais subi", ont-elles affirmé.

"On ne met jamais les familles dans la contrainte, rétorque M. Poncet. Ce sont toujours les familles qui prennent la décision finale." Pour lui, le protocole à appliquer dans ce genre de situation a bien été respecté, la décision d'arrêter les aides a été prise "en pleine conscience".

Des incohérences dans la version des faits donnée par la direction du CCAS selon la famille

L'auxiliaire de vie a également signalé à la direction la présence de boutons sur le corps de la vielle dame, liée selon elle à l'augmentation des punaises à son domicile. "Ma mère n'a pas de tels boutons, objecte l'une des filles de la vieille dame, Noronha Habib. Et si une invasion de punaises avait bien eu lieu, l'auxiliaire de vie les aurait repérées longtemps auparavant, ça ne peut pas arriver comme ça du jour au lendemain. Il est curieux que l'auxiliaire de vie qui voit ma mère tous les jours l'ait remarqué seulement maintenant..."

Mme Habiba récuse également les déclarations du livreur de repas du service, avec qui plusieurs incidents ont eu lieu par le passé. Ce dernier est venu corroborer le signalement de l'auxiliaire de vie concernant la présence de punaises de lit. Mme Habiba affirme pourtant qu'il lui était impossible de remarquer cela étant donné le peu de temps qu'il passait au domicile de sa mère lors de la livraison des repas.

“J’aurais souhaité que, durant la rencontre, la direction reconnaisse les torts de son service. Au lieu de ça, ils sont de mauvaise foi, c’est pour ça que je ne lâche pas”

Du côté de la famille comme de la mairie, tout le monde se désole de la tournure qu'ont prise les choses. "La situation est préoccupante. Il nous semblait qu'elle avait été réglée correctement, mais il est possible qu'il puisse y avoir des contestations. C'est pour cela qu'un entretien a été organisé et que nous avons proposé le rétablissement des prestations, mais la famille a refusé", rappelle M. Poncet.

La famille considère en effet que la confiance a été rompue avec la mairie et le CCAS. Les services de la ville ont lancé l'opération de désinfection du domicile mardi dernier, elle prendra normalement fin le 25 septembre. Pour autant, Mme Habiba et sa sœur ne comptent pas en rester là : "Je ne m'acharne pas, mais ce n'est pas le premier problème, nous avons été conciliants. J'aurais souhaité que durant la rencontre la direction reconnaisse les torts de son service. Au lieu de ça, ils sont de mauvaise foi, c'est pour ça que je ne lâche pas. On ne traite pas les gens comme ça, il faut remettre de l'ordre dans leur service !"

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