Le QG des soutiens lyonnais d’Emmanuel Macron le 24 avril © Antoine Merlet

Présidentielle : tout ce qu'il faut retenir du 2nd tour à Lyon et dans la Métropole

Emmanuel Macron a été réélu président de la République en réalisant des scores supérieurs à sa moyenne nationale dans la métropole de Lyon. Les écologistes et les Insoumis préparent déjà, en coulisses, la bataille des législatives.

Macron superforme à Lyon

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, un président sortant a été réélu sans avoir “bénéficié” d’une cohabitation. En 2017, l’élection d’Emmanuel Macron avait fait souffler un vent d’euphorie à Lyon. Cinq ans plus tard, sa réélection a été accueillie sans grandes effusions ce dimanche vers 20 heures. “Durant toute la campagne, nous avons senti une certaine gravité entre la guerre en Ukraine et l'extrême droite au second tour”, expliquait Anne Brugnera, députée LREM. Pour des militants déjà présents en 2017, ce rafraîchissement de l’ambiance tient au caractère anormal de sa première victoire. “Il était le candidat surprise. Son parti n’existait pas six mois avant le scrutin. Il renouvelait la vie politique”, pointe un jeune militant plus satisfait qu’euphorique. Les parlementaires LREM évoquaient d’ailleurs un soulagement pour qualifier. “C’est un grand ouf”, lâchait le député Modem Cyrille Isaac-Sibille. La marge face à Marine Le Pen s’est réduite. Le front républicain s’érode, mais a maintenu Marine Le Pen à distance du pouvoir. Un constat qui vaut aussi pour la métropole de Lyon malgré les résultats du président sortant largement supérieurs à sa moyenne nationale (73,03%). Emmanuel Macron réalise ses meilleurs scores dans les communes de l’ouest ou dans l’hyper centre de la métropole (Villeurbanne et Lyon).

La consigne de Mélenchon mise à mal dans l’Est lyonnais

Jean-Luc Mélenchon avait appelé ses électeurs à ne pas donner “une seule voix à Marine Le Pen”. Au regard des résultats de la candidate du Rassemblement national dans l’Est lyonnais, la consigne ne semble pas avoir été respectée à la lettre. Dans ces villes où le candidat de La France Insoumise était arrivé en tête, Marine Le Pen réalise de bons scores : 44,71% à Décines-Charpieu contre 22,35% au premier tour. À Vénissieux, elle a doublé son score en deux semaines passant de 15,33% à 31,40%. Des hausses qui ne correspondent pas à ses réserves naturelles de voix que sont les électorats d’Éric Zemmour ou de Nicolas Dupont-Aignan. Le “fâché mais pas facho” semble trouver ses limites auprès de l’électorat populaire. Dans Lyon, la consigne semble avoir été mieux entendue. Emmanuel Macron réalise ainsi son meilleur score lyonnais dans le 1er arrondissement (87,24%) où Jean-Luc Mélenchon était arrivé largement en tête le 10 avril avec 43,60% des suffrages.

Le RN à la peine dans la métropole de Lyon

Comme en 2017 Marine Le Pen n’arrive en tête dans aucune commune de la métropole. Au premier tour de l’élection présidentielle le 10 avril dernier, la candidate du RN était arrivée en tête à Quincieux. Deux semaines plus tard, elle est, légèrement, devancée par Emmanuel Macron. D’une manière générale, ses résultats dégringolent à mesure que l’on se rapproche du coeur de la métropole. À Lyon, la présidente du Rassemblement national ne recueille que 20,20%, en progression de quatre points par rapport à 2017.

La gauche optimiste sur sa capacité à s’unir aux législatives

Ce dimanche soir, tous les responsables lyonnais de gauche fléchaient la prochaine étape. Ils présentent les élections législatives comme le troisième tour de la présidentielle reprenant les éléments de langage de Jean-Luc Mélenchon. Du PS aux écologistes, tous les élus lyonnais aspirent à s’allier derrière le leader des Insoumis. “Emmanuel Macron va présider. À nous d’imposer une cohabitation pour que nous puissions gouverner (…) Le leadership issu du premier tour de l’élection présidentielle est entre les mains de Jean-Luc Mélenchon. C’est à lui de guider les réflexions sans hégémonie”, souffle Grégory Doucet, maire EELV de Lyon. “Si cela doit se faire, cela se fera cette semaine”, assure Bruno Bernard, président EELV de la métropole qui s’implique dans les négociations à Paris. Les tractations sont pour l’heure exclusivement nationales. `

Un effet vote blanc

Entre Emmnanuel Macron et Marine Le Pen, une partie des électeurs n’a pas voulu choisir. L’abstention a légèrement progressé d’un dimanche à l’autre. Le vote blanc assez peu regardé d’ordinaire a lui bondi passant au niveau national passant de 1,12% à 4,65% des suffrages exprimés. À Oullins, 4,80% des bulletins dépouillés étaient blancs. Le vote blanc atteint 5,65% à Décines-Charpieu. À Curis-au-Mont-d’Or, ce non-choix monte à 6,20%.

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