Pôle Emploi : les conseillers grincent des dents

Un groupe de conseillers du Pôle Emploi s’est donné rendez-vous jeudi devant les locaux de la direction régionale, cours Lafayette. Leur but : exprimer leur colère face à l’impressionnante réduction du nombre de conseillers Convention de Reclassement Personnalisée (CRP).

Une vingtaine de conseillers du service convention de reclassement personnalisée (CRP) du Pôle emploi de Rhône-Alpes a mené une action jeudi à 14 heures devant, et dans, les locaux de la direction régionale de Pôle emploi. Banderole en avant et drapeau à la main, ils entendaient manifester leur colère et leur ressentiment face au non renouvellement de l’ensemble des CDD du service, mais pas seulement… Pierre Favrel, ancien de l’ANPE et conseiller au CRP, explique : « Ces deux dernières années, Pôle Emploi a connu la régression la plus forte que j’ai jamais vu." Olivier Gineste, un autre employé ajoute : "Notre administration gère tout dans l’urgence, sans anticiper ». Conséquence : pour répondre à l’accroissement de la quantité de travail, liée à l’augmentation du chômage, Pôle Emploi a massivement recruté des employés, en CDD. « Dans notre service, nous sommes une dizaine de CDI, et près de 15 CDD » précise Olivier Gineste. Ces nouveaux employés débarqués dans l’entreprise au moment où l’activité était décuplée, ont été formés, sur le tas, par les agents déjà en place qui ont « déployés des trésors de patience et de pédagogie  ».

« Nous ne pourrons pas donner aux demandeurs d’emploi ce à quoi ils ont droit »

Mais voilà, alors que le nombre de demandeurs d’emploi concernés par le CRP a plus que doublé entre 2008 et 2009, les contrats des CDD, ne seront pas renouvelés. « On va être plus que surchargés et forcément cela aura un impact sur la qualité de la prestation que nous offrons » martèle Olivier Gineste. Bruno de Craeke, employé de pôle emploi et délégué Sud Emploi, précise «  ce qui est grave c’est que lorsqu’une personne signe une CRP, elle signe pour des prestations que nous devons lui offrir. Et là, nous ne pourrons pas donner aux demandeurs d’emploi ce à quoi ils ont droit  ». Plus grave pour Christophe Champlois, délégué FO, « les demandeurs d’emploi inscrits dont les dossiers sont gérés par des CDD aujourd’hui, se retrouveront abandonnées dans la nature au mois d’août  ».

Autre problème : malgré les renforts des CDD, la direction de Pôle Emploi a recours à des opérateurs privés chargés de réaliser les mêmes missions que les employés du Pôle Emploi, « la dimension administrative en moins  » selon Christophe Champlois. Seulement, d’après les manifestants, le coût du suivi d’un CRP par un agent de Pôle emploi est de 700 euros, alors qu’il atteindrait les 2500 euros lorsqu’il est réalisé par un opérateur privé. « Il serait plus cohérent de passer les CDD en CDI  » ajoute Bruno de Craeke.

« Nous réfléchissons à une action commune »

Tout le groupe s’est engouffré ensuite dans l’immeuble, avec l’intention de rencontrer le directeur régional de Pôle Emploi. Sans résultat. Un délégué de la direction est arrivé vingt minutes plus tard. Bruno de Craeke n’est pas dupe : « je ne me fais pas d’illusion, il n’a pas de pouvoir de décision. Nous allons juste lui déposer nos doléances.  » Mais pour autant, l’homme n’apparaît pas vraiment découragé : «  Le problème que nous rencontrons avec les CDD n’est pas spécifique à notre service, alors finalement nous réfléchissons à une action commune à mener avec l’ensemble des salariés du Pôle Emploi  ».

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