PG, Parti de Gauche, Point Godwin

Invitée de L’Autre direct ce matin sur lyoncapitale.fr, la communiste Nawel Bab-Hamed, élue du Grand Lyon et membre du Front de gauche, a déclaré à propos de Jean-Luc Mélenchon qu’il avait fait un cadeau magnifique à tous les jeunes, car il avait re-politisé une génération. Ce cadeau est-il vraiment magnifique, ou empoisonné ?

Depuis le vendredi 6 décembre, pour des raisons que j’ignore, les amis de M. Mélenchon se sont passé le mot sur Twitter, remettant en exergue un édito que j’avais écrit il y a presque trois ans. En le relisant aujourd’hui, je me dis que j’étais bien naïf et très en dessous de la réalité. Car c’est un véritable torrent de boue nauséabonde qui a été déversé sur mon nom depuis quatre jours, particulièrement sur les réseaux sociaux, comme sur celui de Dominique Reynié (que je ne connais pas personnellement), à la suite de son article publié dans Le Huffington Post le 1er décembre.

La “caste des médiacrates”

En France, il est interdit de poser certaines questions (qui visiblement le fâchent) à M. Mélenchon, et d’évoquer ce dernier autrement que sur le mode du dithyrambe. Faute de quoi, comme l’écrit le grand homme sur son blog, il fera diversion et vous enfermera dans la caste des médiacrates, ce qui semble être, si j’ai bien compris sa sémantique populiste, l’ignominie suprême. Les latinistes et les hellénistes apprécieront, moins cependant que les mots-valises du Petit Fictionnaire illustré d’Alain Finkielkraut.

La zoupe à la grimace

Si encore j’avais été attaqué sur le fond de l’édito… Mais non, pour tenter de justifier leurs insultes, leurs injures et leur vulgarité (fautes d’orthographe et inculture en prime) les amis de M. Mélenchon se sont simplement appuyés sur le choix de l’iconographie de Lyon Capitale, n’hésitant pas à expliquer, dans une manipulation grossière : “La proximité du style de la photographie avec une autre photographie qu’on trouve presque exclusivement, encore, sur des sites d’extrême droite antisémites et néonazis”. Quand on publie une photographie d’agence où l’on voit M. Mélenchon faire une grimace, c’est qu’on est “néonazi et antisémite”. Notons la puissance du raisonnement et tremblons devant la menace.

Avec ma gueule de métèque...

Honnêtement, c’est pour moi une première : je n’avais encore jamais été assimilé à l’extrême droite, ni été traité d'“antisémite soralien”, d'“antimusulman” ou de “néonazi”. Je ne vais évidemment pas répondre à ces insultes, ni me justifier de quelque façon que ce soit, tant le procédé est éculé, tant les amis de M. Mélenchon atteignent vite leur point Godwin. Je ne vais pas non plus porter plainte. Simplement, c’est peu dire que je ne suis pas aussi emballé que Nawel Bab-Hamed pour ce qui est du “cadeau magnifique” que M. Mélenchon aurait fait à la jeune génération.

... de Juif errant...

Car les commentaires de ses jeunes amis n’ont strictement rien à voir avec le débat politique. Ce ne sont que pseudo-leçons de morale et de “déontologie journalistique”, insultes, éructations, bricolages, raccourcis et manipulations dignes des pires officines, de la part de personnes évidemment anonymes, bien planquées derrière leurs avatars, twittant et retwittant leur haine de tous et de tout sur le smartphone offert par papa. Je dois le dire, je n’ai pas trouvé une once d’humanisme ni de fraternité dans leurs propos.

... de pâtre grec

Enfin, pour ce qui est du point Godwin, choisissons d’en sourire avec Desproges, lequel écrivait dans Vivons heureux en attendant la mort : “En un mot comme en cent, chers habitants hilares de ce monde cosmopolite, je répéterai inlassablement qu’il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie.” Mais les amis de M. Mélenchon savent-ils seulement ce qu’est le Scrabble ?

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Nota bene : En prévision des débordements, insultes et injures que cet éditorial ne manquera pas une nouvelle fois d’occasionner, les commentaires sont préventivement – et exceptionnellement – fermés. Je le déplore, mais, en tant que responsable pénal du site Internet, je n’ai hélas pas d’autre choix.

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