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Périphérique Ouest de Lyon : les 3 scénarios soumis au débat public

DOSSIER - Ce jeudi soir a lieu la première réunion publique sur l'Anneau des sciences, le tronçon ouest du périphérique lyonnais, à Lyon 2e. Gérard Collomb et Michel Mercier y sont favorables, leurs vues convergent désormais parfaitement pour exiger l'engagement de l'Etat à faire le contournement autoroutier de Lyon - l'autre ouvrage majeur que l'agglomération attend depuis des décennies. Ils sont aussi d'accord sur le tracé court dénommé Anneau des Sciences. Mais deux autres scénarios vont être étudiés au cours du débat public.

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Main dans la main, Gérard Collomb et Michel Mercier ressuscitent le périphérique ouest. "Il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre nous", a assuré le président du conseil général. Tous deux ouvraient ce vendredi le débat public, qui se déroulera officiellement du 10 novembre au 28 février. Une phase rythmée par 12 réunions publiques (cliquer ici pour voir le calendrier). Les collectivités reprendront la main ensuite, faisant connaître leur projet, avant l'enquête publique. Si tout va bien, le ring routier sera bouclé en 2025.

Les quatre raisons de Collomb

Gérard Collomb a rappelé les raisons pour lesquelles il s'engage dans un chantier qui coûtera plus de deux milliards d'euros : l'encombrement automobile entre Pierre-Bénite et Ecully, "le scandale écologique unique en Europe d'une autoroute qui traverse le coeur d'une ville", la desserte de l'Ouest lyonnais et la nécessité de mieux relier les pôles universitaires et de recherche : Lyon Ouest Ecully, Lyon Sud, le campus Charles Meirieux (Gerland), Grange-Blanche, Porte des Alpes et la Doua. A ses côtés, Michel Mercier ajoute un argument : "l'aménagement du territoire avec une agglomération qui se développe par l'Est. L'Ouest est extrêmement pénalisé par la géographie et l'absence d'infrastructures".

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Un sit-in sous Fourvière le 31 juillet ?

Solidaires, les deux élus ont à coeur de cadrer un débat qui s'annonce vif - Gérard Collomb l'a comparé à plusieurs reprises à celui du Stade des Lumières. Alors mieux vaut être deux (collectivités) et parfaitement en phase - ce qui n'a pas toujours été le cas. Deux préoccupations les animent. D'abord que l'Etat s'engage à réaliser de son côté le contournement autoroutier de Lyon, pour le grand transit. Pas question pour eux de financer un ouvrage qui accueillerait aussi un trafic national voire international. Sur ce point, le président de l'agglomération ne s'oppose pas à un passage par l'Est, comme le préfet le suggérait il y a quelques mois et contre lequel les maires de l'Est sont vent debout. L'Etat est prié de parler avant le 29 novembre, date de la première réunion publique consacrée justement à la problématique du transit. Et pour bien mettre le préfet devant ses responsabilités, Gérard Collomb a menacé à nouveau d'organiser un sit-in dans le tunnel de Fourvière le 31 juillet. Avec son copain Mercier à ses côtés.

Les deux élus se rejoignent aussi sur l'itinéraire emprunté par ce nouvel axe routier, que l'on appelle aussi Tronçon ouest du périphérique (TOP). Le débat public étudie trois scénarios à horizon 2030 : le tracé court, le tracé long et le statu quo. Seul le premier - qui porte le nom d'Anneau des Sciences - a la faveur des deux exécutifs (lire ci-dessous).

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Finie l'autoroute au coeur de Lyon

Une chose est acquise : Rocade ou Anneau des Sciences, l'autoroute au coeur de Lyon a vécu. 115 000 véhicules empruntent aujourd'hui cet axe A6-A7 qui scarifie le coeur de la ville. Avec le bouclage du ring lyonnais, la circulation devrait chuter à 40 à 50 000 véhicules/jour. A condition que les reports s'effectuent bien comme prévu. Aujourd'hui, parmi les 115 000 véhicules/jour qui passent sous Fourvière, seuls 10 % représentent du trafic national et international ; 30 % constituent un flux entre l'agglomération et les extérieurs ; et 60 % un trafic interne à l'agglomération, d'après le rapport de la communauté urbaine soumis au débat public. A priori, les 10 % emprunteraient le nouvel ouvrage - et c'est justement ce que veulent éviter Gérard Collomb et Michel Mercier. Les 30 % auraient vocation à utiliser le nouveau tunnel. Quant au 60 %, rien n'est moins sûr : les écologistes affirment que 67 % des automobilistes empruntant Fourvière souhaitent rallier (ou quitter) le centre de l'agglomération. Ceux-là pourraient continuer à emprunter le même itinéraire.

Scénario 1 : l'Anneau des Sciences

C'est le trace court, long de 14,8 km dont 80 % enterré. Son coût est évalué de 2,2 à 2,5 milliards d'euros. L'anneau des Sciences comprendrait 7 portes : du nord au sud, porte du Valvert, porte des Trois Renards, porte d'Allaï, porte de Beaunant, porte des Hôpitaux, porte de la Saulaie et porte de St-Fons. Il est connecté au boulevard Laurent Bonnevay (périphérique actuel).

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Sa mise en oeuvre ferait plonger la circulation sur les quais du Rhône à 40 à 50 000 véhicules/jour, contre 120 à 130 000 à horizon 2030 sans infrastructure nouvelle. L'amélioration serait aussi sensible sur d'autres axes : la circulation aux heures de pointe du soir chute de 29 % place de l'Horloge à Tassin, de 33 % sur le boulevard Emile-Zola à Oullins ou encore de 13 % avenue Foch à St-Genis Laval, selon le rapport de la communauté urbaine. A noter que le franchissement du Rhône, entre la Saulaie et St-Fons est obtenu par un ouvrage souterrain afin "de maintenir l'activité logistique du porte Edouard-Herriot et garantir en surface, depuis Oullins et Gerland, les points de vue si caractéristiques sur la basilique de Fourvière, les balmes et le secteur de la Confluence".

Scénario 2 : la Rocade

C'est le trace long de 16,3 km dont 69 % enterré. Son coût est évalué de 2,1 à 2,4 milliards d'euros. La Rocade comprendrait 7 portes : du nord au sud Porte du Valvert, porte des Trois Renards, porte d'Allaï, porte de Beaunant, porte des Hôpitaux, porte de Montcorin et porte de Feyzin. Il est connecté au boulevard urbain sud puis à la Rocade Est. Ce projet est notamment appuyé par le sénateur-maire d'Oullins, François-Noël Buffet.

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Les possibilités de développement de transports en commun à l'Ouest sont similaires à celles offertes par l'Anneau des Sciences, tout comme serait identique la requalification de l'A6-A7 en boulevard urbain sur le territoire lyonnais. Les données sont toutefois moins précises, par exemple pour quantifier le nombre de véhicules qui continueraient de passer sous Fourvière. On sait seulement que moins de voitures emprunteraient ce nouvel axe (13 000 voitures/heure au lieu de 13800 pur l'Anneau des Sciences). En revanche, le trafic serait plus important au niveau de la Grande rue d'Oullins (+ 10 %) et de l'avenue Gadagne à St-Genis Laval (+9 %) que pour le tracé court. Ce scénario "est globalement plus attractif pour les habitants résidant hors de l'agglomération", relève l'étude. Avec un risque : que le trafic national et international l'utilise pour éviter le centre-ville lyonnais. Voilà pourquoi le Grand Lyon et le Département préfèrent le tracé court. Les experts de la communauté urbaine notent "un risque d'étalement urbain vers l'Est", cet ouvrage étant directement connecté à la Rocade Est existante.

Scénario 3 : le statu quo

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Ni Anneau, ni Rocade : cette hypothèse retient l'amélioration des transports en commun sans infrastructure routière nouvelle. Le rapport du Grand Lyon note l'amélioration déjà acquise du réseau ferré avec les trois lignes desservant l'ouest lyonnais. Et le prolongement du métro B jusqu'à Oullins puis, plus tard, jusqu'aux Hôpitaux Sud, ainsi que la ligne express de l'ouest lyonnais (Leol). Ce scénario prévoit la mise en oeuvre de projets déjà dans les cartons : les lignes A2 Perrache/Francheville, A4 Ecully/Part-Dieu, A7 Gerland/Doua et A8 St-Fons/Vaulx-en-Velin. Il n'envisage pas d'investissement lourd, faute de moyens.

Faute de densité, "ces secteurs ne peuvent être raisonnablement desservis par des systèmes métro ou tramway", ajoute l'étude qui reconnait que les transports collectifs "offrent à l'Ouest une alternative peu attractive face à la voiture particulière". Le temps passé sur le réseau routier interne à l'agglomération augmenterait de 40 %, ce qui laisse augurer pas mal de bouchons. La route de Paris, à Tassin, gagnerait 10 % de trafic en plus, le boulevard Emile-Zola à Oullins 7 %, et le tunnel de Fourvière 6 %. Au final, les experts n'envisagent pas la possibilité de requalifier l'A6-A7 sur les quais en boulevard urbain.

Consulter le site Internet du débat public sur le périphérique ouest

Un péage de 2 euros... sans péage

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    Cet ouvrage comporterait 2 X 2 voies de circulation, avec une vitesse limitée à 70 km/h. La communauté urbaine et le Département envisagent d'instaurer un prix d'entrée de deux euros, comme pour le périphérique nord. Mais avec un système novateur, dit du free flow. Un laser lirait les plaques minéralogiques, évitant la construction de péage avec barrières. Soit les usagers disposeraient de badges, soit ils recevraient une facture en ligne payable ultérieurement.

4 commentaires
  1. bruno - 10 novembre 2012

    L’objec­tif du TOP est de reje­ter la cir­cu­la­tion auto­mo­bile du Centre-Ville de Lyon, de la Confluence et du tunnel de Fourvière vers l’Ouest de l’agglo­mé­ra­tion. Ainsi, Collomb avance que le TOP est néces­saire pour trans­for­mer l’A7 sur Lyon en bou­le­vard urbain. Plus lar­ge­ment, il s’agit de dis­so­cier le tran­sit local (qui est censé se repor­ter sur le TOP) du tran­sit natio­nal et inter­na­tio­nal (qui est censé se repor­ter sur le projet de Contournement Ouest de Lyon [2] ). Le TOP absor­be­rait également les véhi­cu­les venant de St-Etienne via le projet d’A45. En tout, il est prévu qu’il accueille 60 000 véhi­cu­les / jour. Pour ces pro­mo­teurs, le projet du TOP semble être la solu­tion mira­cle pour faire dis­pa­raî­tre les célè­bres « bou­chons » du tunnel de Fourvière.Si le TOP est un projet auto­rou­tier parmi tant d’autres, il permet néan­moins de révé­ler les logi­ques à l’œuvre avec ce type d’infra­struc­tu­res.

  2. JC - 11 novembre 2012

    C'est cher, c'est loin, ça ne changera rien: on reconnaît la méthode Collomb.Créer des infrastructures supplémentaires qui par 'effet d'aubaine' créent autant de problèmes qu'elles en résolvent, c'était de la gestion des années 70. Au XXIème siècle, on économise les matières premières et on favorise les modes doux.

  3. Collombitude - 11 novembre 2012

    Encore un effort et Lyon deviendra une ville à la campagne, réservée aux bobos socialos. Par contre si vous êtes moins riches, l'est lyonnais vous est réservé, vous aurez rocade, autoroutes, aéroport,zone indus. et paraît-il un stade pour smicard dont l'objectif est bien entendu le développement durable. Collomb est toujours plein d'imagination pour vous apporter le bonheur et vous contraindre à être heureux. On se croirait en URSS.

  4. totoh69 - 1 décembre 2012

    L'équation des aménageurs est la suivante : plus il y a de routes, plus il y aura de voitures. Moins il y a de routes, moins il y aura de voitures. A l'extrême: pas de route= pas de voiture. Ainsi, on voit des chaussées délibérément rétrécies à certains endroits.Ici la logique est inverse, clairement, l'usage de la voiture sera favorisé par un tel projet qui rendra le déplacement voiture plus performant, l'étalement urbain plus séduisant.

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