Village de France © Tim Douet
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Nous sommes tous des Bretons !

Alors que certains médias se fourvoyaient à interviewer une jeune Kosovare qui n’était pas tout à fait celle qu’elle prétendait être et que d’autres se délectaient dans des primaires marseillaises, vraiment très primaires, nos amis bretons, eux, déclenchaient un regain d’intérêt aussi rapide que généreux de la part du Gouvernement. Sans doute que les sœurs jumelles Urgence et Nécessité étaient là, à sonner le tocsin. (Sonner est une vieille tradition bretonne toujours en vogue). Et elles ont bien raison, les frangines, ça peut être utile de rappeler à qui de droit qu’on existe !

Nous ne ferons pas l’affreux affront de penser que cette attention soudaine pourrait avoir un lien quelconque avec une solide présence bretonnante au sein du Gouvernement. Non, nous ne le ferons pas parce que ce serait irrespectueux et mesquin.

D’ailleurs, ce temps est bel et bien révolu. Ça se passait ainsi à une autre époque, celle où l’Auvergne disposait d’une bonne infrastructure routière avant tout le monde, de même que le fonds exceptionnel d’aide aux départements en difficulté attribuait en 2011 à la Corrèze 2 486 000 euros pour lui en attribuer 13 092 000 en 2013 alors que, dans le même temps, le département de l’Indre, tout aussi rural, passait de 2 541 000 euros en 2011 à… 677 900 en 2013, sans que pour autant les caractéristiques de ces deux départements aient particulièrement changé. Non, non, ça… c’était avant, comme dit la pub.

Oui, la Bretagne a des difficultés. Oui, elle a aussi beaucoup d’atouts (dixit le Premier ministre). Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Comme pour toutes nos régions qui ne demandent qu’à se développer, pour peu que depuis Paris on les regarde autrement. Pas dans une vision nostalgique et plaintive, mais comme une richesse, un atout, une perspective. Que chaque euro versé le soit plus pour investissement que par compensation.

Ni zo tout bretonned, disent les Bretons. Siam totti dei Bretouns, en Provence ; Nou cé tout bretons, aux Antilles ; Mehr senn alli breton, en Alsace ; Denak bretaindarrak gira, au Pays basque, et Que soum touts bretouns, en occitan.

Bref, nous sommes tous des Bretons. Et fiers de l’être !

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Vanik Berberian préside l’Association des maires ruraux de France.

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