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Métropole de Lyon : entre tout sauf les Verts et tout sauf Collomb

D'ici le 2 juin, les listes pour les élections municipales et pour la métropole de Lyon doivent être déposées en préfecture. Si certains imaginent déjà une alliance autour de Gérard Collomb contre les Verts et la gauche, d'autres, à l'image de David Kimelfeld, refusent de rentrer dans le jeu "du vote contre un projet". Chronique d'un long week-end marqué par le "tout sauf les Verts" et "tout sauf Collomb". 

Vendredi 22 mai, au soir, France 3 annonce qu'une réconciliation entre Gérard Collomb et David Kimelfeld est sur la bonne voie, un rapprochement qui pourrait mener une possible alliance. Du côté de l'entourage de David Kimelfeld, c'est la douche froide, certains y voient déjà un coup de bluff de la part du maire de Lyon pour sauver sa place et n'imagine pas leur candidat s'être lancé dans des discussions sans prévenir personne.

L'actuel président de la métropole a pris quelques heures dans la crise pour passer du temps avec sa famille. Un de ses proches se résout à le contacter pour savoir ce qu'il se passe. David Kimelfeld est le premier surpris et découvre l'article de France 3. Immédiatement, il fait parvenir un SMS pour apporter un démenti : "Aucune discussion n’est en cours et aucune négociation n’est en cours avec Gérard Collomb et moi-même et personne n’a mandat dans mes équipes pour mener des négociations".

"Les Verts, ce n'est pas l'extrême droite"

Durant le week-end, une réunion en ligne entre Kimelfeld et ses têtes de liste doit se tenir pour relancer la campagne. L'article sur une éventuelle alliance est évoqué. L'ambiance est unanime : pas d'alliance avec Gérard Collomb et encore moins l'envie d'un front contre le projet des Verts. "Ce n'est pas l'extrême droite dont on parle là. On ne va pas faire de barrage républicain contre un projet avec lequel nous avons des points communs", lancera David Kimelfeld tout le week-end.

"Gérard Collomb nous tend un piège avec de grosses ficelles pour se sauver une dernière fois. Si certains l'ont quitté ces dernières années, c'est qu'ils ne supportaient surtout plus sa gouvernance tournée uniquement autour de lui", confie un ancien proche.

"La crise du coronavirus n'a fait que souligner le pouvoir très autocentré, il décide tout, tout seul. Bilan, la distribution des masques s'est faite sans concertation avec les maires d'arrondissement, sans point de distribution dans le 4e de David Kimelfeld. Collomb a passé les deux mois de confinement dans son coin, puis s'est trouvé des envies de travailler en équipe une fois la date de deuxième tour connue. Travailler en équipe, il ne l'a jamais fait en près de 20 ans, c'était à la fois sa force par sa grande connaissance des dossiers, mais aussi sa faiblesse", ajoute un soutien de David Kimelfeld. 

La tentation du front anti-vert

Interviewé par Le Progrès, François-Noël Buffet, candidat de la droite, a appelé lui aussi à un rassemblement autour de Collomb, Kimelfeld et lui-même. Il dénonce ainsi le consortium des verts et de l'extrême gauche qui ferait courir "un danger pour la métropole au niveau économique, social, voire même environnemental à certains égards".

Malgré le démenti franc de Kimelfeld, les soutiens de Collomb continuent de tendre la main à ceux de l'actuel président de la métropole. À plusieurs reprises, publiquement, mais aussi via téléphone, les derniers proches de Gérard Collomb appellent encore à un large rassemblement, prophétisant une métropole de Lyon qui va être ravagée par les "extrémistes", "les décroissants", une alliance entre les Verts et la gauche qui menacerait le territoire en amenant avec elle "chômage" et "crise économique". En refusant l'alliance, Kimelfeld et ses proches feraient "preuves d'égoïsme", choisiraient "la voie du suicide collectif", selon l'expression employée par Louis Pelaez, directeur de campagne de Gérard Collomb. En trois jours, tout y est, ou presque, ne manque plus que l'idée que les Verts mangent les enfants.

"Nous accuser de faire preuve d'égoïsme alors que cette petite manipulation vise surtout à sauver leur place, c'est un comble ! Quel est leur projet ? Renoncer à construire l'Anneau des sciences, ça ne fait pas un programme. On ne construit rien juste dans un renoncement avec rien derrière. On ne construit rien à s'opposer à l'autre, juste pour garder sa place", s'amuse un candidat côté Kimelfeld. La consigne donnée dans son camp est claire "ne pas aller au clash et à l'affrontement avec des personnes avec qui il est possible de travailler".

Des alliances locales très précises

Paradoxalement, au sein de l'entourage de Collomb, comme de Buffet, plusieurs candidats se disent eux aussi prêts à pouvoir travailler dans un rassemblement incluant les Verts, se refusant actuellement à jouer la carte de la surenchère. Le mobile est triple : faire émerger de nouvelles personnes, de nouvelles idées, se débarrasser de Collomb et de Buffet. 

Ainsi, si Kimelfeld se refuse à toute alliance globale avec la droite et Gérard Collomb pour faire barrage aux Verts, il se dirait ouvert à toutes personnes prêtes à "rejoindre un projet pour la métropole". Des alliances locales, très précises, qui permettraient de garder quelques chances au troisième tour, avec l'idée d'un grand rassemblement sous le signe de la transition écologique et sociale qui pourrait aller de la gauche au centre droit, en passant par les Verts.

La crise actuelle aura un impact plus ou moins important sur les programmes et des ajustements en fonction du contexte devraient être dévoilés dès ces prochains jours. Reste des équations : qui ira voter le 28 juin ? Et surtout le scrutin se jouera-t-il contre l'un ou l'autre ou pour un projet qui accompagnera les habitants de la métropole de Lyon pendant six ans, dans un contexte jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

15 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 25 mai 2020

    "ne manque plus que l'idée que les Verts mangent les enfants." 😀

    Bon, c'est bien rigolo tout ça mais il serait grand temps de relever le débat :
    ils parlent de "croissance économique" mais quand est-ce qu'on parle enfin de ce qu'est la croissance économique, de ses impacts sur l'environnement et les humains ? Quand est-ce qu'il y a un débat serein sur le sujet accessible à grande écoute sur les gros médias ? Quand est-ce qu'on va enfin oser dire que la "croissance économique" est un principe obligatoire dans un monde commercial et de crédits (à cause des taux d'intérêts), mais que cette même croissance économique est mortifère car elle pousse à exterminer toutes les ressources (courbe exponentielle).

    Hein ? Quand ?

    Quand va-t-on enfin parler du fond au lieu de ces chamailleries débiles (et je reste polis) avec des codes couleurs ?

    1. Galapiat - 26 mai 2020

      C'est vrai ils ne mangent pas les enfants se contentant de manger nos libertés , nos budgets, fermeture de centrales nucléaires au profit de l'ultra subventionnées énergie verte, (20% de notre facture EDF) mesure discriminatoire pour les véhicules anciens, propriétés pour la plupart de foyer à faible revenu, habitant en périphérie travaillant souvent à des horaires sans transport en commun, La ministre verte devenue directrice de l'ARS , celle qui a à son actif l'abandon du très écolo Rhin-Rhône qui aurait déchargé de nos routes des milliers de camions
      Écologiste -intégriste , un pléonasme

      1. Abolition_de_la_monnaie - 26 mai 2020

        "notre liberté s'arrête là où celle des autres commence".

        Imposer sa pollution aux autres, ce n'est pas une liberté, c'est une forme de terrorisme (car il y a violence et morts).

        Les centrales nucléaires sont hypers subventionnées et de toutes manières, vous n'assumerez absolument RIEN en cas d'accident nucléaire comme au Japon.

        Si les habitats sont loin des lieux de travail, c'est uniquement à cause du fric.

        Quant au projet "Rhin-Rhône" il n'a absolument rien d'écolo et depuis le début il est dénoncé par les réels écologiques comme un danger de polluer à grande échelle à cause des industries sur le bord du Rhin.

        Anti-écolo = adorateur de la mort et de l'empoisonnement. Libre à eux.

        1. Galapiat - 26 mai 2020

          Fukushima , je te l'ai déjà expliqué c'est un raz de marée , annoncé lors des études que Tepco le privé chargé du nucléaire à négligé , érigeant un mur bien inférieur aux prévisions, Tu fais comment pour produire les 700 TW dont le pays à besoin ?Ciel couvert, absence de vent ? Sans le surcout due à la taxe CSPE, le KW bien en deçà de toute les guignoleries écolos desait 25% moins élevé, c'est archi faux de dire qu'il est subventionné, ; a contrario il subventionne tes délires... Projet Rhin Rhône ?? non interruption de la procédure les terrains avaient été achetés , le Rhin allait remonter le Rhône; Coté industrie plus de risques les contraintes imposés les ont faites fuir !!!la dame a été récompensée c'est souvent l'habitude,,,, écolos avec la petite Greta une équipe de tourmenteurs ,qui jouent avec l'argent public

  2. PAUL Gabriel - 25 mai 2020

    bonjour
    Pour gouverner la METROPOLE il faut en principe l’emporter dans 7 des 14 circonscriptions ce qui donnerait une majorité absolue en nombre d'élus (76 élus sur 150).
    Dans chaque circonscription et sans alliance les listes ayant obtenu plus de 10% des voies au 1er tour peuvent se maintenir au second tour.
    Au 2ème tour le 28 juin, la liste qui aura obtenu le plus de voies dans la circonscription emportera 50% des sièges plus 30, 40, ou 50% du reste des sièges soit environ ¾ des sièges de la circonscription.
    Les alliances pourront donc se faire circonscription par circonscription.
    On peut prévoir un certain mixte qui fera que au 3ème tour pour l'élection du président des vice-présidents et autres poste à responsabilités il y aura des alliances pour créer une majorité.
    Mais ce n’est qu’une supposition !!!!!!

  3. Jol - 25 mai 2020

    les chamailleries c'est ce qui a empeche les verts durant des decennies d'avoir plus d' élus dans notre pays
    pas tres bien places pour donner des leçons
    leurs projets m'ont paru intégristes

    je préfererai la copie Kimelfeld à l'original
    je ne veux pas voir Lyon resembler à Grenoble

    1. Abolition_de_la_monnaie - 25 mai 2020

      C'est quoi qui ne va pas à Grenoble selon vous ?

      1. Galapiat - 26 mai 2020

        Pourquoi ne vas tu pas habiter en ce paradis ??

  4. Erik69 - 25 mai 2020

    Il faut à tous prix que ces verts d'extrême gauche soient battus et expulsés de Lyon.
    Lyon mérite un maire de droite autoritaire et nettoyer cette ville de la délinquance explosive qui tertorise les Lyonnais.
    Si ce khmer vert était élu, Lyon sera Marseille ou Grenoble dans un an.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 25 mai 2020

      Les verts qui étaient au pouvoir avec Collomb étaient vos copains : ils n'ont pas gêné les caméras de surveillance, l'armement des policiers municipaux, ni le BTP qui arrose de béton.

      C'est quoi qui vous fait peur comme ça chez "ce vert" ?

    2. Galapiat - 26 mai 2020

      Erika : Je crains pour nous simples citoyens face aux Kim Jun verts

  5. paul-chabert-dhieres - 26 mai 2020

    A Grenoble l'immobilier baisse, signe d'un manque d'attractivité et le préfet compare publiquement la situation à celle de Chicago d'Al Capone...
    A part ca le reste va bien...
    Euh sauf les finances qui sont exsangues .
    Donc OUI aux projets verts mais attention à la manière de les mettre en œuvre

    1. Abolition_de_la_monnaie - 26 mai 2020

      Ce n'est pas un signe de "manque d'attractivité" mais signe qu'ils ont fait ce qu'il fallait pour arrêter la spéculation immobilière. Mais c'est sûr que ça gêne certains pour "faire du fric" en ne faisant rien.

      Quant au préfet, c'est le même qui, avec le gouvernement LREM refusait de la police de proximité non ?

      Pour les finances, faire de l'argent se fait sur le dos des humains et de l'environnement. Mais je ne connais pas les chiffres sur lesquels vous vous basez.
      Quoi qu'il en soit, à un moment, il faudra choisir... Mais bon, comme je l'ai dit dans mon 1er commentaire, il faudrait qu'on s'occupe tous de mettre "la croissance économique" sur le devant de la scène et qu'il y ait des débats dignes de ce nom à heure de grande écoute sur médias de masse.

  6. PAUL Gabriel - 26 mai 2020

    Bonjour
    Mon grand père avait une expression valable il y a 100ans disant que "Le feu est un bon serviteur mais un mauvais mettre"
    Je pense que l'on peut appliquer cette maxime au vert d'aujourd'hui (d’excellentes idées) mais il ne faut pas leur en confier la mise en application car on risque les dérives néfastes pour tous.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 26 mai 2020

      Quoi comme "dérives néfastes" ?

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