La salle du conseil de la métropole lors de la séance du lundi 16 décembre © Lyon Capitale

Maire de Lyon ? Pourquoi l'élection métropolitaine reste plus importante

Dans une semaine, le 28 juin, les Lyonnais et les habitants de la Métropole de Lyon sont invités à voter pour le deuxième tour des élections municipales et métropolitaines. Si dans l'esprit de beaucoup d'électeurs, la figure de maire a toujours beaucoup de succès, l'élection pour le président de la Métropole est capitale. Déterminante. Avec des pouvoirs élargis et un budget d'action largement supérieur aux municipalités. Explications.

Dans l'esprit de beaucoup d'électeurs, la figure de maire a toujours beaucoup de succès. Mais le pouvoir, aujourd'hui, à Lyon par exemple, est-il vraiment place de la Comédie (Lyon 1er), à l'Hôtel de Ville ?

Oui, Lyon c'est un budget de 685 millions d'euros, 515 000 habitants et de nombreux dossiers du quotidien à gérer. Comme la sécurité, la culture, la Fête des Lumières, la fiscalité, les documents administratifs.

Le budget de la Métropole ? 5 fois supérieur à celui de la ville de Lyon

Mais le (vrai) pouvoir, aujourd'hui, il a petit à petit basculé à la Métropole de Lyon. Alors la Métropole, c'est quoi ?

La Métropole existe depuis 2015. Avant, c’était le Grand Lyon. Encore plus avant, la COURLY. Elle regroupe 59 communes. Mais en 2015, tout a changé, le Grand Lyon a absorbé les compétences du département du Rhône sur son territoire pour devenir la Métropole de Lyon. La Métropole a donc des pouvoir plus élargis depuis. Et un très gros budget aussi.

D'après le dernier recensement, la Métropole, c'est 1,385M d’habitants en 2017. Soit 120 000 de plus que 10 ans auparavant. C’est grand la Métropole, c’est peuplé. Et c’est donc désormais une collectivité territoriale. Comme un département ou une région. Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, 5 fois supérieur à celui de la ville de Lyon par exemple.

Le pouvoir, désormais, il est à la Métropole. D'ailleurs, le maire de Lyon depuis 2001, Gérard Collomb, était candidat avant le 1er tour en 2020 à la présidence de la Métropole. Pas à la mairie de Lyon.

La Métropole, elle gère quoi ?

- les transports en commun. C'est la Métropole qui charge le Sytral d’organiser les transports en commun, le réseau TCL. La Métropole a versé 131M d’euros en 2019 pour les transports lyonnais.

- les collèges. Si les mairies s'occupent des écoles maternelles et primaires, les collèges relèvent de la compétence de la Métropole de Lyon.

- la propreté. La propreté des rues, la collecte des déchets, les poubelles sont toutes des compétences métropolitaines. A Lyon, à Villeurbanne, à Décines, à Oullins comme dans les 59 communes de la Métropole de Lyon.

- l'urbanisme et le logement. Les grandes décisions se prennent à la Métropole. Le plan d’occupation des sols se définit à l’échelle de l’agglomération. Les Zac, zones d’activité, sont décrétées à la Métropole tout comme les grandes opérations d’urbanisme à l’instar de la Confluence, du Carré de Soie ou du réaménagement de la Part-Dieu. Les mairies ont conservé la délivrance des permis de construire.

- le développement économique

- l'environnement. La ville de Lyon peut décider de la végétalisation des rues quand la Métropole peut décider de leur piétonisation. En matière environnementale, les compétences sont toutefois plus nombreuses à l’échelon intercommunal : la zone à faibles émissions, les aides à la rénovation thermique, la préservation des fleuves ou encore l’aménagement des pistes cyclables.

- l'entretien des routes, du périph, des tunnels, de la requalification de l'A6-A7. Le fameux "Anneau des Sciences" aurait aussi pu se décider, ou non, à l'échelle de la Métropole.

Comment l'élection va-t-elle se dérouler ?

Il y a 150 conseillers métropolitains à élire dans 14 circonscriptions. Les 59 communes de la Métropole ont été regroupées en 14 circonscriptions. En fonction notamment du nombre d’habitants. Lyon, la commune la plus peuplée, compte par exemple 6 circonscriptions (sur les 14), Villeurbanne est à elle seule 1 circonscription. La circonscription Val-de-Saône regroupe quant à elle de nombreuses communes du nord de Lyon (car moins peuplées).

Un match à 3 se jour lors du 2e tour des élections métropolitaines, à Lyon, le dimanche 28 juin.

- une liste portée par la nouvelle alliance droite / Collomb, qui a fait beaucoup de remous après son annonce. Gérard Collomb, le maire En Marche de Lyon depuis 2001, historiquement socialiste, a conclu une alliance avec la liste de droite menée par François-Noël Buffet (LR). Collomb s'est rangé derrière Buffet pour la course à la présidence de la Métropole

- une liste portée par David Kimelfeld, l'actuel président de la Métropole, candidat En-Marche dissident

- une liste d'union de la gauche, portée par les écologistes, arrivés en tête au 1er tour et qui ont été rejoints par les listes de la gauche unie (PS et alliés) et de Nathalie Perrin-Gilbert (soutenue notamment par la France Insoumise).

Une élection pleine d'incertitudes et très ouverte

Autant, pour l'élection municipale à Lyon, les écologistes sont les grands favoris du 2e tour, autant la course est très ouverte à la Métropole. Les trois candidats peuvent encore espérer l'emporter. Car de nombreuses incertitudes subsistent.

Des communes ont déjà élu leur maire. Les habitants de ces communes, comme à Rillieux, Décines, Caluire ou dans de nombreuses cités du Val de Saône, vont-ils aller encore voter au 2e tour seulement pour les Métropolitaines ? Personne n'est en capacité de le mesurer aujourd'hui.

Quid des abstentionnistes du 1er tour, très nombreux en pleine crise de coronavirus ? Vont-ils aller voter le 28 juin, alors que la situation sanitaire s'est nettement améliorée ? Là-aussi, personne n'est en mesure de le quantifier.

Quid aussi des alliances passées entre les deux tours. Les scores des candidats vont-ils forcément s'additionner ? Rien n'est moins sûr.

Et puis c'est la 1ère fois qu'il y a 3 mois et demi entre le premier et le deuxième tour. De quoi atténuer les résultats du 1er tour. Une crise est passée par-là. Et les électeurs ne sont pas forcément dans la même logique de vote.

Bref, c'est très ouvert. Et c'est capital la Métropole. Pour tous. D'ailleurs, tous les scénarios sont possibles au 2e tour, mais aussi après, au 3e, le 2 juillet lors du prochain conseil de la Métropole de Lyon. Aucun candidat pourrait alors avoir de majorité ce jour-là. Ce qui laisserait la place à de nombreuses tractations. Et à des surprises...

2 commentaires
  1. PAUL Gabriel - 21 juin 2020

    Bonjour
    Ont peut ajouter que la METROPOLE de Lyon est l’une des collectivités de France la mieux gérée.
    L’institue financier « FITCH » lui attribue la note « AA »
    Elle pourra, si elle le souhaite, contracter auprès des milieux financiers, 1 milliard d’euros d’emprunt, pour sauver les entreprises locales et les personnes qui sont en difficultés suite à la crise du « COVID ».
    Opération possible, grâce à la bonne gestion de l’équipe actuelle, dont le président et M. KIMELFELD

  2. JANUS - 22 juin 2020

    C'est clair. Le fric et à la métropole et les fonctions importantes aussi . CQFD

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