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© Tim Douet

Lyon : sauvée en 2019, l'école Levi-Strauss pourrait bien définitivement fermer ses portes

La nouvelle majorité à la ville de Lyon étudie la possibilité de fermer l'école Levi-Strauss, la dernière école de la Presqu'île entre le bas des Pentes et la place des Jacobins. “Aucune décision définitive” n'a encore été prise, mais des “discussions sont en cours”. 

En mai 2019, obligé par une décision de la justice administrative suspendant un arrêté municipal et par la pression des parents d'élèves, Gérard Collomb décidait de laisser l'école Levi-Strauss ouverte. De droite à gauche, l'ensemble du spectre politique s'était félicité de cette décision. “Du sursis”, écrivions-nous à l'époque à propos de la dernière école de ce secteur de la Presqu'île, qui court du bas des Pentes à la place des Jacobins. 

Ce sursis pourrait bien en effet n’être que de courte durée. Selon Me Couret-Hamon, l'avocate des parents d'élèves qui avait porté la procédure devant le tribunal administratif, “la ville de Lyon menace aujourd’hui de fermer l’école maternelle Levi-Strauss en raison de la baisse de la démographie”. L’annonce leur a été faite lors du dernier conseil d’école. La municipalité demanderait 34 élèves inscrits pour la rentrée prochaine, quand les prévisions en prévoient entre 26 et 37. “La fermeture de l’école maternelle signifierait la désertification de ce quartier de la Presqu’île par les familles et la mort des petits commerces. Qui veut d’un centre-ville peuplé de Airbnb et de boutiques de chaînes de vêtements ?”, questionne l'avocate. 

Des discussions en cours

Cette dernière n'avait pas vu le coup venir, notamment de la part d'une majorité dans laquelle siège Nathalie Perrin-Gilbert, qui s'était battue à leurs côtés et avait accompagné leur procédure devant la justice administrative. “C’est très étonnant pour une mairie de gauche, on a bien les boules. Autant l’argument “l'école coûte trop cher”, donné par une mairie qui n'était pas gênée de fermer les services publics, pourquoi pas, mais venant de cette majorité, c'est assez gênant. Visiblement, ils n’en ont rien à faire d'avoir des habitants dans la Presqu'île. Ils installent des logements sociaux dans le quartier, ce qui est très bien, mais où iront à l'école les enfants de ces familles ?”, tempête l'avocate. Les parents d'élève demandent désormais l'élargissement du périmètre scolaire de l'école. “En rajoutant deux rues dans notre périmètre, qui est très restreint, on aurait largement les 34 élèves demandés”, conclut Me Couret-Hamon. 

Contactée, la ville de Lyon assure “qu'aucune décision n'a été prise” et que “des discussions sont en cours entre Stéphanie Leger l'adjointe en charge de l'Éducation et les élus d'arrondissement.” “Donc ce n'est pas d'actualité”, ajoute la municipalité. Pourtant, selon nos informations, l’exécutif serait bel et bien favorable à la fermeture de l'établissement “dans l’intérêt des enfants”, la cour de l’école étant actuellement située au sein du musée des Beaux-Arts, ce qui oblige les élèves à sortir dans la rue deux fois par jour. Une fois les travaux du parking LPA quai de Saône terminés, une nouvelle cour devrait être aménagée dans cette zone. De son côté, Nathalie Perrin-Gilbert, qui, en tant que maire du 1er arrondissement, s'était battue pour conserver cet établissement ouvert, confirme sa position de “maintenir un service public d'éducation/enfance/éducation artistique dans ces locaux.” Ce qui ne voudrait donc pas obligatoirement dire une école. 

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