Renaud Payre, Bruno Bernard, Sandrine Runel, Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert © EELV
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Lyon peut-il sauver la gauche ?

Malgré leur bonne entente dans les majorités lyonnaises, la gauche peine à s’accorder pour tenter de peser dans une campagne présidentielle qui se joue sans elle jusqu’à présent.

L’union de la gauche pour la présidentielle pourrait se jouer à Villeurbanne. Ou du moins de la partie la moins radicale du bloc de gauche. Anne Hidalgo, candidate du PS, a mandaté le maire de la ville, Cédric Van Styvendael, pour discuter avec les autres partis. Yannick Jadot, vainqueur de la primaire des Verts, a confié cette même mission à Bruno Bernard, président villeurbannais de la Métropole de Lyon. Tous deux sont dans le même exécutif et leurs relations sont toujours au beau fixe. Ils ont aussi en commun de diriger des majorités de gauche plurielle qui résistent pour l’instant aux affres de la division. Depuis quelques mois, ils peinent à s’entendre, sortis des frontières de la métropole, afin de faire émerger une union de la gauche qui permettrait d’éviter le fiasco annoncé de la présidentielle d’avril prochain. “Depuis deux mois, à gauche, c’est l’encéphalogramme plat”, sourait Thomas Dossus, sénateur EÉLV du Rhône début décembre. Dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon devance Anne Hidalgo et Yannick Jadot dans leur match à distance, mais aucun ne dépasse la barre des 10 %. Le total des candidatures de gauche stagne à un niveau historiquement bas, autour de 25 %.

Entente cordiale

Localement, la gauche plurielle se porte plutôt bien. Après 500 jours d’exercice du pouvoir, les majorités de Bruno Bernard et Grégory Doucet tiennent le choc, même si des points de désaccord émergent ponctuellement. Les communistes tiquent par exemple sur la zone à faibles émissions (ZFE). Ils pointent une mesure qui pèsera sur le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres de l’agglomération. “Quand nous avons un désaccord, on se le dit. Sur la ZFE, je ne sais pas ce que nous ferons à la fin”, pointe Pierre-Alain Millet, président du groupe communiste au conseil métropolitain. Les socialistes tempêtent parfois, in petto, sur le peu de considération des écologistes pour les conséquences sociales de leurs mesures. “Notre relation avec Grégory Doucet est très bonne. Nous échangeons sur les grandes orientations. Nous avons quelques points de vigilance. Nous sommes d’accord avec la rénovation et la végétalisation des cours d’école, mais nous rappelons aussi l’importance de travailler sur le projet éducatif et les zones REP+”, assure Sandrine Runel, adjointe à la Ville de Lyon en charge des affaires sociales. “À Lyon ou à la Métropole, nous sommes dans des coalitions larges. Nos divergences ne sont pas suffisamment profondes pour que l’on n’arrive pas à travailler ensemble”, souligne Mathieu Azcué, chef de file des Insoumis au conseil métropolitain.

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